Sommes-nous abrutis par les neuroleptiques ?

Je ne tiens pas en place. C’est horrible. Depuis que je suis rentré de l’association, je n’arrive pas à rester assis plus de 5 minutes. Il y a comme des fourmillements dans ma tête et dans mes jambes. J’ai envie de sauter, de hurler… Pourtant, j’ai pris scrupuleusement mon traitement. Je ne pense pas être en crise. Mais je ne suis pas calme, cela est certain.

Je ne dois voir ma psychiatre que dans un mois. C’est assez long. J’espère être plus serein, après le déjeuner. Il y a comme un grondement sourd dans ma tête qui ne demande qu’à se déchainer.

les neuroleptiques
les neuroleptiques

Malgré cela, je sens le neuroleptique qui fait son effet et me maintient dans une sorte d’hébétement. Je ne prends plus d’initiative. Je subis les évènements.

Je suis comme abrutis.

Malgré tout, je préfère ce traitement à l’intense souffrance, lorsque j’en suis privé. L’immense douleur qui m’a conduit à deux reprises, sous la contrainte, en hôpital psychiatrique.

Je me suis un peu calmé. Il va être l’heure de sortir des pâtes, pour préparer le repas.

Mon petit appartement est silencieux. Plongé comme dans une bulle, je n’entends pas un bruit. C’est même un peu inquiétant. Dans ces moments-là, une angoisse m’envahit. Je me demande si je ne suis mort et devenu fantôme. Je m’imagine invisible aux yeux des autres.  

Il faut que je discute avec quelqu’un pour me rassurer. Je vais sortir un peu, pour voir s’il n’y a pas un voisin avec qui échanger quelques mots. De plus, il est l’heure que je prenne mes trois pilules du midi. Il y a du Solian et du Temesta. C’est devenu un rituel comme de faire ses prières. Je ne manque jamais ce moment. Parfois, un comprimé reste bloqué dans la gorge. J’avale alors un grand verre d’eau et je tousse.

Une réflexion au sujet de « Sommes-nous abrutis par les neuroleptiques ? »

  1. Curet

    Bonjour Paul
    Bravo pour ce blog, c’est juste fantastique ! Mon fils est diagnostiqué schizophrène depuis maintenant 10 ans et je mesure tous les jours la souffrance qu’il endure au quotidien. Il n’arrive pas à entrer en relation avec les autres, reste enfermé, mutique et si malheureux. Je trouve que tes écrits sont un généreux message que tu nous autorises à découvrir, c’est beau que tu existes ! Merci.

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