Amour et schizophrénie

Cela fait quelques jours, qu’une femme, à l’association de patients que je fréquente, m’avoue ouvertement son amour. Bien que cela soit flatteur, je ne suis pas intéressé par elle. Cela fait deux ans que je la connais et je la considère, c’est vrai, comme une bonne amie. J’ai de l’affection pour elle mais pas d’amour et elle ne m’attire pas.

Elle est « marante » et dans l’association elle est aussi un repère pour d’autres adhérents. Mais il est vrai aussi que nous avons douze ans d’écarts.

Bien que schizophrène, je suis capable d’aimer. Cela m’est arrivé d’avoir des sentiments et de pouvoir les partager, mais pas avec cette femme.

Ne voulant pas la faire souffrir, je lui ai expliqué calmement que c’était une amie. Puis, comme elle insistait je lui ai dit qu’elle trouverait un homme qui pourrait lui apporter de l’amour.

Elle s’est mise en colère. Je me doutais qu’elle n’apprécierait pas.

Apparemment cela n’a pas suffi, puisque quelques heures plus tard, elle m’a envoyé un message dans lequel elle m’expliquait, que vu la façon dont je la regardais, il devait y avoir de l’amour.

Je ne lui jette pas la pierre, il m’est arrivé aussi d’avoir des sentiments pour une femme qui n’en n’avait pas pour moi.

Elle est intelligente, mais dans c’est moment-là, c’est plutôt le cœur qui parle et elle est très fleur bleue.

Heureusement, le weekend est arrivé et l’association est fermée. Cela va peut-être mettre un peu de distance entre nous.

Je ne sais pas si lundi, elle va venir à l’association et dans quel état d’esprit elle va être.

La schizophrénie n’est pas une maladie qui empêche d’aimer. Je dis cela parce que j’ai vu que beaucoup de personnes se posaient cette question sur « Google ». C’est juste que cela doit être réciproque.

7 réflexions sur « Amour et schizophrénie »

  1. Agnės

    Bonsoir !
    Amoureuse d’un homme plus jeune que je suspecte de symptômes schyzophreniques, je me suis reconnue dans votre description ! Si son refus m’avait mise en colère j’aurais certainement réussi à faire le deuil de cet amour envahissant et unilatéral.
    Grâce à vous me voilà assurée qu’une personne diagnostiquée schizophrène peut tomber amoureuse et que sa maladie ne perturbe pas ses sentiments.
    Merci pour votre blog. Vous rendez service à tout le monde.

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  2. umabel

    Bonjour !!!
    la schyzophrénie ne permet pas a ceux qui sont atteints d ‘ avoir une vie affective , je parle pour un vrai malade que je suis , car la plus part ce disent malade mais ils ont quand mème de l ‘ amour , donc tant qu ils ont quelqu ‘ un avec de la chance sa passe , par contre sans chance c est foutue c est guérie et les médocs c est de la merde , camisole chimique , un vrai malade n en a qu a foutre des médocs ont veut du concret , mais en faites ont est pas malades , les malades c est ceux qui se disent sain d esprit et qui pète un cable et qui font du mal , un malade comme nous a peur du mal il fait tout pour l éviter , mais les cons il y en a des plus en plus dans cette société pourrie

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  3. Titi

    En tant que jeune homme adulte diagnostiqué schizophréne, stabilisé nn pas sans mal, je pense, que lorsque l’on ai attirés, par une femme “normal”, et que cette attirance est réciproque, il ne faut surtout pas dévoilé, cette maladie dans un premier temps, car cette maladie est très stigmatisés, par tout les côté (elle fais peur, beaucoup de préjugés négatif…), à tord car ces personnes sont plus souvent victimes, que auteurs d’agression; physique, verbale, morale etc…
    En tant que personne ateint du syndrome schizophrénique, j’ai mes défauts comme tt le monde, certe parfois un peu différents [(les symptômes de la schizophrénie, qui sont invalidant au quotidien) manque de motivation, trouble de la concentration, repli social,(parfois du au regard des gens sur la maladie) halucinations de tt sortes mes gérable grâce aux neuroleptiques)] mes aussi beaucoup de qualité, je suis très sensible, (plus que les gens nn malade), intelligent, attentionné, bienveillant envers autrui, et gentil : si..si.. c’est vrais 🙂
    Mais en france, dès que l’on est différent, ds tt les domaines, pas seulement la maladie, et que l’on est pas dans le même sillon, que la majorité des “bonnes gens ou dans la normalité” on vs regarde d’un mauvais oeil…
    Pour finir, dans cette société, de plus en individualiste, matérialiste et tt vas vite, et ou l’on ne prend plus le temps de connaître les personnes pr ce quel sont ! Mais pr ce quel vaut, DSL mais je pense que certains on perdu les vrais valeurs de l’existence.
    Cordialement,
    Titi

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  4. Lucrecia

    Je suis une jeune élève infirmière .. lors de mon deuxième stage j’ai rencontrée un patient schizophrène pour qui j’ai eu une sorte de béguin , mais en tant qu’eleve je me refusais a cette relation .. le dernier jour de mon stage voyant que j’allais perdre ce jeune homme j’ai pris mon courage a demain et dans les dernières minutes avant mon départ je suis allée le voir pour lui dire en revoir et j’en ai profitée pour prendre ses coordonnées . Il a accepté et ce fut le début d’une de mes plus belles relation . Avant cela lors de mon stage nous n’avions que très peu échangés . Je savais qu’il était la suite à un passage à l’acte sur deux personnes mais cela ne m’a pas arrêtée . Il y a eu des échanges de regards tellement puissant que j’en avais le tournis . Depuis maintenant quatre mois nous sommes en couples je lui ai conseillé de le dire au psychiatre qui le suit pour être honnête ce qu’il a d’ailleurs beaucoup apprécié . Nous nous voyons seulement lors de ses permissions le weekend ce qui est très dur . La chance que j’ai eu c’est qu’il a très vite était régulé par les neuroleptiques et qu’il n’a plus aucuns symptômes de la maladie ( plus de délires , de voix ou de réactions typiques a la maladie) j’ai en face de moi un être exceptionnel dont je suis follement amoureuse .. et qui me fascine . Je le trouve tellement courageux je suis admirative . Au début nous nous sommes posés la question de savoir si ça n’était pas le fantasme de l’infirmière pour lui et du patient pour moi . Mais en allant plus loin dans la relation nous en sommes arrivés à la conclusion que ca n’était pas le cas .

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  5. chris

    Bonjour Paul,

    Je tombe par hasard sur votre blog….
    J’ai rencontré un homme au départ merveilleux et qui s’est avéré souffrant de votre maladie….mais qui se dit “guéri”…
    Aux vues de ses réactions, je pense que non…
    A son contact tout a d’abord été merveilleux….et rapidement étrange et violent psychologiquement…
    En moi même je me sentais très étrange et avec de gros soucis de sommeil….
    J’aurais voulu….l’aider…..l’aimer…..mais il ne le souhaite pas…
    Quand j’ai commencé à lire des articles pour comprendre et posé des questions comme il me l’avait demandé si je voulais savoir des choses……il s’est braqué…..il s’est fermé durement et notre relation naissante à explosé…
    Est-ce que vous arrivez à aimer, à ressentir l’amour des autres….ou cela ne vous touche ? ou pas du tout….
    Je me sens désemparée et très affectée…
    Ne comprenant pas son degré de maladie, quoi dire, ne pas dire, son ton et son regard très agressif m’a sûrement poussé à lui dire des choses qu’il ne fallait pas….donc c’est fini avec lui…
    Ce fût intense et super bref …mais je me sens en vrac…et tellement triste pour lui…
    Belle journée à vous

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    1. Mitch

      Bonjour Chris,

      Si je peux vous aider, étant schizophrène, je répondrais à vos questions, bien sûr que l’on peut aimer, ça m’est même arrivé d’avoir un coup de foudre :). En ce moment il y a une fille pour laquelle je ressens de l’amour mais ce n’est pas réciproque.
      Pour ma part, je ressens bien plus fortement les émotions que la plupart des gens normaux (schizophrène et émotif… je vous raconte pas le mélange !).
      Par exemple, je capte facilement les sentiments et émotions des gens autour de moi, même si je peux contrôler mon niveau de sensibilité parfois en intériorisant ces émotions et ne rien laisser paraître (on me voit certainement comme froid et renfermé, alors que j’adore avoir de la compagnie ;)).

      Si je peux vous donner un conseil, ne laisser pas cette histoire aussi belle fut-elle, vous “gâcher” la vie.
      Tournez la page et passer à autre chose, à quelqu’un d’autre.
      Surtout ne culpabilisez pas pour lui. Pour moi on a toutes et tous des capacités et donc “handicaps” différents suivant nos gènes, notre environnement, nos expériences et ce que l’on en retire. La vie n’est pas facile pour tout le monde, que l’on ait un handicap reconnu ou non. Il y a des degrés divers dans la normalité.
      Ce n’était pas la bonne personne, mais gardez ce qu’il y a de positif, et ce que cette relation vous aura apprise.
      Perso je ne voudrais pas que quelqu’un culpabilise pour ce que j’ai.

      Bien cordialement,

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