Derrière la porte de mon appartement

Souffrance, tu me colles à la peau, depuis tant et tant d’années. Tu es comme une femme avec laquelle j’essaie de vivre sans y arriver, sans pouvoir divorcer. Le matin, tu commences, dès le réveil par un frisson de peur, une angoisse, une boule dans le ventre. Avec difficulté j’ouvre les volets pour voir passer des voitures, ce sont les gens qui partent travailler.

Moi, je sais que ma vie, c’est juste survivre. Je vois passer des femmes, des hommes des enfants. C’est la vie qui suit son chemin. Je déjeune en regardant l’heure. Puis petit à petit, je vois la journée défiler. C’est long quand on n’a pas grand-chose à faire. Mais je ne suis pas seul, j’ai avec moi ce mal être, tout le temps.

Il y a quelques moments de joie quand j’arrive à prendre le bus pour aller en ville. Mais fondamentalement, je regarde les mois passer, sans changement. J’arrive à tenir debout, et mettre un pas devant l’autre, c’est déjà ça. J’ai envie d’une famille, de petits enfants pour mes parents. C’est un beau rêve, je ne voulais pas souffrir, je me souviens, je l’avais dit. Et pas de chance, je suis schizophrène. On croit que cela n’arrive qu’aux autres. Surtout, essayer d’occuper son esprit de pensées positives mais d’un seul une angoisse prend le dessus et m’emmène dans un tourbillon de délires tous plus flippants les uns que les autres. Je respire un grand coup, deux ou trois cachets mais rien ne passe. Le médicament miracle n’existe pas. Je regarde par la fenêtre en écrivant ce petit texte et je vois la vie. Je n’y fais plus partie.

Quand je croise des voisins, je dis bonjour, je discute quelques secondes, je souris mais c’est une façade. Derrière la porte de mon appartement je peux enlever mon masque et me torde de douleur.

 

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