Suicide d’un schizophrène

Suicide d’un schizophrène

Suicide d’un schizophrène

Quand la vie est insupportable, l’on pense parfois au suicide. C’était hier soir, cela faisait plusieurs jours que je n’allais pas bien. J’avais envie d’en finir. C’est une idée qui me trotte dans la tête de temps en temps, quand je passe des journées complètes seul, à souffrir en silence. Dans ces moments-là, je regarde derrière moi et je fais le point sur ma vie. Je me rends compte que je suis passé à côté de l’essentiel. Non pas par choix, mais parce que la schizophrénie m’en a empêché.

Dans 4 ans j’aurai 40 ans, les années filent. Je me rends compte que je me suis isolé d’avantage. Je n’ai pas réussi à éradiquer mes angoisses, ni les souffrances. Alors parfois, je pense au suicide. Je crois que c’est humain comme sentiment. C’est même regarder les choses en face.

Si je ne pensais pas au suicide, s’est sans doute que je me voilerais la face sur ma situation. Au moins, j’ai la lucidité d’esprit et encore un peu d’honneur, pour penser au suicide.

Heureusement, aujourd’hui je me sens mieux. J’ai encore envie de tenter des choses. Le soleil et la chaleur devraient revenir, avec l’été. Je me dis que la médecine peut progresser. Que l’avenir sera peut-être meilleur. Que je peux encore passer de bons moments….

Ce matin dans le bus, il n’y avait pas grand monde. Je le prends après que tous les scolaires sont à l’école. C’est insupportable de les voir avec la vie devant eux, le visage tout lisse et leur insouciance. La vie passe tellement vite.

Je voudrais une deuxième chance. Recommencer à zéro, sans schizophrénie.

J’ai fait tellement d’efforts, pour cacher cette maladie et la combattre. Elle est pourtant là, au plus profond de moi. Elle est si stigmatisante, comme une marque au fer rouge.

9 réflexions au sujet de « Suicide d’un schizophrène »

  1. MaP

    Bonjour, Paul !
    Ça fait longtemps que je viens régulièrement sur votre blog pour voir de vos nouvelles.
    Je ne laisse jamais de trace de mon passage parce que j’ai peur de dire des choses inutiles, convenues ou stupides, même.
    Votre post d’aujourd’hui m’a touchée (ils me touchent toujours), particulièrement.
    Alors je voulais vous dire à quel point je trouve votre blog extraordinaire. Et utile.
    Alors merci.

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  2. Manu

    Salut! Heureusement que tu vas mieux. Juste une idée, pourquoi pas changer la tête avec d`autres loisirs à part la télé? Genre tricot, calligraphie, musique, bricolage pour augementer ta dose de concentration. Et pourquoi pas parler dans ton association de tes angoisses et ta maladie? Ne pas se laisser stigmatiser? Il faut aller par petit pas. Moi meme je suis malade, mais je n`ai pas les memes angoisses que toi. J`espere que tu trouves le virage.

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  3. legrand

    J’ai la skizophrenie, je suis malheureuse, jour aprés jours je me bat, mon entourage ne se rends pas compte on n’est comme un robot

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  4. Maria Teresa Cafaggi

    Je suis la maman d’un schizo-affectif quinest passé à l’acte le 21 janvier dernier et qui ne s’est pas raté. Demain, il aurait eu 39 ans. S’il vous plait, parlez à vos familles de ce que vous endurez vraiment. Je savait que mon fils souffrait, et geaucoup. Sa dernière rechute, il y a 3 ans, a été la pire. Il.me disait: Maman, j’ai fait tout ce que j’ai pu. Je voudrait seulement une vie normale! Mais je vien d’apprendre qu’il nous cachait aussi bcp…. Et il n’est aucunement question d’honneur à vouloir disparaitre à cause de la maladie. Tout être humain a la mm valeur intrinsèque, on a tous qq qui tient à nous, quoi qu’on en pense. Et surtout, n’ayez pas honte de cette difference, ce qui « stigmatisent », n’ont peut-être encore compris gd chose à la vie car n’importe quoi peut arriver à n’importe qui n’importe quand. En fait, c’est leur preupre peur qu’ils stigmatise. J’ai aussibfait des grosses deprimes etbdes ts, heureusement on m’a récupérée à temps et je sait que votre souffrance n’a pas d’egale, mais….un rayon de soleil, le bruit du vent dans les arbres….. eseyez de percevoir cette beauté qui nous entoure et à tout ce à quoi on a droit, même et encore plus quand on a la malchance d’etre malade…

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  5. POIRIER ERIC

    je suis le papa mon fils David schyzophrene depuis l’age de 20 ans est passe a l’acte il ya 15 joursil aurait eu 31ans le 6mai ptochain c’est un enfant qui n’etais pas heureux en permanence anxieux inquiet et pourtant il a son bac est passionne de photos video montages ii est suivi ds un centre psychiatrique puis rentre ds des centres de readaptations il s’appretait a faire un stage ds un esat pour pouvoir travailler ds les espaces verts puis alors que tout s’annoncait bien pôur lui il decide de mettre fin a ses jours en absorbant des medicaments il a vecu un enfer toute sa jeunesse fumant buvant jouant grattages nous etions a ses cotes pour essayer de l’empecher de faire toutes ces choses malsaines mais en vain c’est une maladie ingerable pour le patient et ses proches je lui souhaite simplement d’etre heureux et reposer la ou il est

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    1. Ghisoni

      Bonjour
      Votre message me touche beaucoup car je vis la même chose. Mon fils s’est suicidé il y a 4 mois, il avait 31 ans. Il passait beaucoup de temps dans le jardin, à l’aménager toujours mieux.
      C’était très difficile de le voir souffrir et d’être impuissante. Toutes nos tentatives pour l’aider et le faire aider ont échoué.
      J’aurais aimé qu’il parle davantage de ce qu’il vivait et ressentait, pour mieux le comprendre, cela nous aurait aidé à mieux vivre avec sa maladie.

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  6. LYSE

    Que des messages à propos de la maladie qui montrent à quel point elle est difficile à vivre. Sans l’avoir vécue de près, j’en imagine la lourdeur pour ceux qui en sont atteints, et pour ceux qui essaient d’aider leurs proches. Quand il y a passage à l’acte de suicide croyez-vous que cela soit décidé dans la lucidité, ou en période de crise où le traitement ne fait plus suffisamment d’effet, et entraine au dédoublement de la personnalité, où on perd conscience, qu’on ne réalise pas les vraies conséquences de l’acte ??? C’est ce que je pensais, que le suicide ne venait pas du fait qu’on ne supportait plus la souffrance de la maladie, mais que, mal équilibré, en pleine crise, on perdait contact avec la réalité, et que le fait de passer à l’acte n’était pas obligatoirement ce qu’on souhaitait, mais ce qu’on était amené à faire sous l’emprise de sortes d’hallucinations qui nous y conduisaient hors de notre volonté……. Il y a peut-être plusieurs raisons, effectivement, à ces prises de décisions d’en finir……. Excusez mon ignorance qui me font souvent me poser les vraies questions des trop réelles souffrances psychologiques que peut entrainer cette maladie.

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  7. dumont

    Bonjour, mon fils Arthur, schizophrene , a choisi de partir le 21 aout de cette année. j’espère juste aujourd’hui qu’il est enfin en paix.

    Vos mots sont si justes , je le retrouve tellement dans ce que vous dites.

    vous êtes très courageux ….

    Corinne

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  8. Roth Isabelle

    Bonjour
    Ce matin je dois partir en Urgence aux urgences psy de Pasteur à Nice…encore une fois… ma fille a 18 et demi. Elle a été diagnostiquée schizophrène suicidaire à 12 ans c’est vraiment très jeune…elle a fait une tentative l’annee dernière avec des médicaments et à été secouru à temps dans son ime.Elle me répète aux pics de ses crises que c’est trop difficile de vivre avec sa maladie.
    C’est très difficile pour nous parents de vivre cette maladie avec notre enfant.
    On se répète qu’on est là pour la soutenir , l’entourer de notre amour et compréhension même si au fond de nous on comprend pas tous ses mécanismes psychiques qui poussent à vouloir quitter notre si jolie vie.

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