Je suis un schizophrène énervé

Je me sens plutôt bien. Même si je suis encore un peu énervé. Ce matin, j’ai parlé à une dame qui habite dans ma rue. De plus en plus je me mets à interpréter les propos des gens, pour leurs donner une signification cachée, que je serais le seul à comprendre. Comme si j’avais un don et une mission divine sur cette terre. Tout cela est bien sûr des élucubrations. Mais c’est plus fort que moi, je ne peux pas m’empêcher de délirer.

Je suis un schizophrène énervé
Je suis un schizophrène énervé

J’ai déjà été conduit en milieu psychiatrique, énervé, à cause de cela. Pour le moment, j’ai le sentiment de pouvoir gérer ces délires. Grandement aidé par mes neuroleptiques.

Je sais que dans mon appartement, si la télévision ne me parle pas, je suis moins soumis à cette folie.

Quand je sors, j’aimerai que la rue soit complètement déserte. Que je puisse marcher sans devoir sourire, dire bonjour maladroitement, gêné…

Je suis moins énervé que tout à l’heure. Je suis même un peu fatigué. Comme éteint. Je n’ai plus de force.

Mais j’ai toujours au plus profond de mon être, tous ces délires mystiques. Je ne pense pas réussir un jour à les évacuer complètements. C’est comme un fardeau que je devrais porter toute ma vie. Qui cependant me fait vivre et rallume la petite flamme en moi. Quand je n’ai pas le moral, que je suis au fond du trou, elle me réconforte. Et puis tout cela donne une raison de vivre. Qu’elle intérêt sinon, de faire un passage sur cette terre. Juste pour être le plus beau, le plus fort, le plus riche…

Il faut que je me calme. Je pense avoir déjà dit beaucoup de bêtises. Je devrais plutôt profiter des bons moments. Je dis cela mais je n’y crois pas une seconde. Je me demande à quoi bon être sur cette terre sinon.

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