Se sentir bien

Se sentir bien

Se sentir bien

La solitude l’après-midi est terrible. Tout est beaucoup trop calme. Mes idées me semblent à peu près calmes, pourtant je ne me sens pas si bien que cela. Dehors le brouillard ne s’est pas levé, comme une chape de plomb sur la ville et sur mon esprit. J’ai fait quelques sorties dont une ce matin à l’association de patients. Il y régnait une ambiance chaleureuse. C’est l’un des seuls lieux dans lequel je me sens bien. L’animatrice avec sa voix calme et ses gestes lents rassure. Elle se mêle tout le temps au groupe d’adhérents. Dans cette association la solitude n’existe pas. Malheureusement je n’arrive pas tout le temps à prendre le bus pour m’y rendre. J’ai parfois besoin d’un chauffeur pour faire le trajet. Je fais appel à mes parents même si je ne vis pas chez eux.

Mes parents sont un roc sur lequel j’essaie de me raccrocher quand je ne vais pas bien. C’est un peu triste de n’avoir pas grand monde à part eux. J’ai souvent besoin de leur présence. Ma pathologie me perd dans les méandres, je suis dans la forêt sans boussole. Mes parents sont souvent là pour écouter le vieux fou que je suis. A qui demander cela ? Un psychiatre que je vois une fois par mois ? Des amis qui ont un travail et ne sont pas souvent disponible ? Une société dans laquelle chacun vit pour lui-même. Si tu n’as pas ta Rolex à cinquante ans tu as raté ta vie, j’avais entendu une fois d’un homme que tout le monde écoute et qui passe à la télévision.

Je ne suis pas grand-chose, la solitude est une chaine qui ne se brise pas facilement. Mon handicap qui me tord souvent le ventre ne me permettra pas d’avoir de Rolex. J’en suis loin. Je voudrai juste être bien et ne plus avoir mal.

2 réflexions au sujet de « Se sentir bien »

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    Bonsoir Paul,

    Heureux de voir que tu allais mieux aujourd’hui. Pas évident de se confier à autrui quand on a l’impression d’être déconnecté de la masse des gens « normaux », l’impression parfois d’être une illustration ou de ne pas exister dans un monde hyperactif qui va beaucoup trop vite pour nous schizophrènes. J’ai bien aimé ce que tu as écrit, »mes parents sont un roc… » c’est aussi mon cas et je ne sais pas ce que je deviendrai sans eux. Pour ce qui est de la Rolex, c’est Jacques Séguéla qui a tenu ces propos et pardonne moi l’expression mais putain qu’est ce qu’il peut en dire des conneries.

    Je te souhaite une bonne soirée Paul et en espérant te lire bientôt.

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  2. Claire Longpré

    Je viens de découvrir cette page. J’ai 64 ans….diagnostiquée bipolaire en 1995 suite à la prise de Prozac que j’ai cessé abruptement. Je ne prends plus de médicaments psy depuis mars 2005. Je m’occupe de mon fils schizophrène depuis 5 ans. On déménage pour aller s’établir dans la ville de Québec. Je te laisse un lien de maison de thérapie : https://www.youtube.com/watch?v=mmqT-4W4Cvg
    où la Dr Danielle Bergeron explique…en français malgré le titre en anglais.
    Cher Paul, je t’envoie mes meilleures pensées d’espoir.
    Je prierai pour toi et tous ceux et celles qui souffrent depuis un moment sans savoir que cet espoir existe.
    Merci de me lire.
    -Claire

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