Je suis le dernier humain sur terre

Je me sens seul sur la terre. C’est une sensation assez étrange. Il y a comme un vide en moi. Ce matin pourtant, je suis revenu de la banque en bus. Je n’ai pas eu de crise d’angoisse. J’en étais assez fier. Je suis un peu autonome. Lorsque je ne m’éloigne pas trop de mon quartier.

Cet après-midi, je n’ai pas fait d’aller et retour chez mes parents. Ils n’étaient pas là. Je me suis contenté d’une ballade dans l’hypermarché pas loin de chez moi. Une fois rentré, le soleil était déjà presque couché. C’est en général le moment ou mes angoisses commencent.

Là il n’y a presque pas un bruit dans mon appartement. Je pourrais me croire le dernier humain sur la terre. Qu’est ce qui m’éloigne tant des autres ?

Pourquoi je n’arrive pas à combler le vide qu’il y a en moi.

La terre
La terre

Il y a des gens, mais je ne me sens pas faire parti de la même communauté. J’entends pourtant les rires, les discussions, lorsque je marche dans la rue.

Je me souviens la fois ou après des délires et un malaise vagal, je m’étais réveillé dans un lit, dans une chambre blanche. Je ne savais pas où j’étais, jusqu’au moment ou un infirmier m’a expliqué que j’étais dans une clinique psychiatrique.

C’était un arrêt net à mon insouciance et à mes délires. Je n’avais même pas 20 ans.

Depuis tout ce temps, c’est-à-dire 20 ans plus tard, Je suis resté comme anesthésié. Je n’ai pas réussi à rebondir. Même, je me suis ensablé davantage.

Mais là vraiment, la terre me parait bien vide.

Ou peut-être, suis-je dans une autre dimension, sur une autre planète ? Il est l’heure de fermer les volets. Mon ventre crie qu’il en a assez. Il faut que j’allume la TV, que je fasse quelque chose.

Mon ordinateur est KO

Je suis sur mon vieux canapé, les jambes croisées. Le tissu de ce dernier est déchiré. Je sens sur ma jambe, le ressort en métal. C’est désagréable.

J’ai mis un gros pull. Le thermomètre de mon séjour affiche 15 degrés. Je suis dans un petit appartement mal isolé.

En plus de cela, mon ordinateur me fait faux bond. Je suis en train d’écrire un texte, ou faire toute autre manipulation, et il redémarre tout seul. Toutes les 5 minutes. J’ai effectué plusieurs démarches auprès du fabriquant, mais c’est le matériel qui est affecté. Malheureusement pour moi, je ne suis plus sous garantie, et les réparations coûteraient plus chers que d’en racheter un. Il me faut donc un nouvel ordinateur, pour continuer à vous écrire.

J’ai créé une cagnotte leetchi, pour recevoir des fonds, voir lien.

En attendant, on m’a prêté un PC.

ordinateur KO
ordinateur KO

Ce matin, je suis retourné à l’association de patients, qui était fermée depuis 15 jours. Sortir et voir un peu de monde m’a fait du bien. Il y avait Fred, avec qui je m’entends bien. Nous avons discuté des fêtes toutes récentes. Noël en famille et nouvel tout seul, pour moi. Lui a passé la Saint-Sylvestre avec sa copine.

Puis j’ai repris le bus pour rentrer chez moi. Une fois un repas vite avalé, je suis parti voir mes parents.

En rentrant chez moi, j’ai senti comme une grande lassitude. La simple pensée qu’il me restait encore 6 ou 7 heures, avant d’aller me réfugier dans mon lit, m’a définitivement mis KO. Il y a un peine un an, je pouvais me coucher à 18 heures.

J’ai alors allumé la télévision. Pour mettre une chaîne musicale. C’est à peu près le seul type de programme que je supporte encore. Autrement, je me sens agressé par le petit écran. Et là, le ciel est tellement gris que je me sens comme englué.

L’association de patients

Il fait gris. J’écoute de la musique d’une oreille. Lundi, l’association de patients rouvre après 15 jours de fermeture. Je vais encore être anxieux, loin de mon quartier. Cependant, je me force à y aller tous les matins. Je ne sortirais presque plus sinon. J’y reste pourtant de moins en moins longtemps. Une heure grand maximum. Puis d’un pas rapide, je regagne l’arrêt de bus. Je scrute de loin l’arrivé de l’autocar.  

Une fois dans mon appartement, je pousse un grand ouf de soulagement, de courte durée.

L’association de patients
L’association de patients

Quand le soir arrive, après une après-midi de souffrance, viennent les angoisses. C’est comme si j’étais seul au monde. Je n’arrive pas à penser à quelqu’un pour me réconforter. Je me sens perdu dans l’univers, avec mes délires métaphysiques. La peur d’une vie après la mort, qui ne s’arrêterait jamais, et qui serait faite d’atroces souffrances. Une sorte d’enfer en somme.

C’est à force de ne voir personne, et de rester entres ses quatre murs, que l’on finit par avoir ce genre d’idées envahissantes.

C’est pour cela que je m’oblige aussi à aller à l’association de patients. Même si j’y suis anxieux, au moins je m’aère la tête.

On y discute de tout et de rien, des derniers matchs de foot, même si je n’aime pas trop ce sport.

Il y règne une atmosphère chaleureuse.

L’animatrice est là pour y veiller. On la paie pour cela, et pour mettre en place des activités…

Il y a également une intervenante théâtre.

Cette association de patients est une bouée, pour une cinquantaine de personne. Des adhérents souffrants de schizophrénie, de trouble bipolaire, de trouble borderline, de dépression…

Nous y organisons aussi de grands repas. Vraiment, il faut que j’y passe plus de temps. Mais cela fait maintenant dix ans que j’y vais. Une sorte de lassitude s’est mise en place.

Je me sens seul

Je ne me sens pas bien. Un voile noir est venu s’abattre sur moi. Noël s’est terminé rapidement. Mon frère et ma sœur sont repartis à plusieurs centaines de kilomètres. Je me sens seul. Terriblement seul. Mes angoisses sont revenues. Le moral est retombé. Je suis dans mon petit appartement, face à cette grande porte fenêtre, d’où aucune lumière ne perce.  Le soleil est couché.

Je me sens seul
Je me sens seul

Ce midi, je me suis bu une ou deux bières, pour me remonter le moral. Ce n’était pas une bonne idée, je me suis senti plus mal après. Je n’ai pas beaucoup l’habitude de l’alcool.

C’est le vide qui est le plus dur à supporter. Comme si, même la présence de mes parents, pas très loin, n’était d’aucun réconfort.

Il n’y a rien autours de moi. Il est juste bientôt l’heure d’avaler mes 4 comprimés du soir. Cela va peut-être me faire du bien.

Et puis il y en aura encore 2 à avaler, au moment du couché.

Une fois dans mon lit, je n’aime plus ce moment. Je voudrais m’endormir le plus rapidement possible, pour ne plus penser.

En attendant, il reste quelques heures. Je vais surement faire des allers-retours chez mes parents. Mais c’est une journée comme cela. Tout mon corps est pris de ce mal être.

Demain, pour le réveillon de la Saint Sylvestre, j’ai juste prévu un repas amélioré. Je n’ai invité personne.

L’association de patients ne rouvrira que dans 9 jours.

Mais là, je suis envahi de pensées négatives. C’est surtout le soir, lorsque seul les lumières artificielles, n’éclairent la chaussée luisante.

Demain matin, mon moral sera surement remonté. Je l’espère. J’ai un petit comprimé pour cela. Ce n’était pas ma journée. Je vais pouvoir retrouver mon canapé, et attendre que le sommeil vienne me rechercher, et même l’aider un peu, avec mes 2 comprimés.

Combien de temps avant la prochaine décompensation ?

Je n’arrive pas à tenir en place. Je marche dans la rue, sans trop savoir ou aller. Je rentre chez moi, puis je repars.

décompensation
décompensation

Je regarderais bien un film, mais je n’arrive pas à tenir plus de quelques minutes. Pareil pour un livre, après quelques lignes.

Je suis comme une pile l’électrique. Je me demande si je vais faire une décompensation.

Après un noël en famille, je pense déjà au nouvel an. J’aime me retrouver seul ce soir-là. Je ferme à double tour la porte de mon appartement. Je descends les volets…  Je m’achète un peu d’alcool. J’allume la télévision. C’est un peu triste ce soir-là, tout est en différé. Alors j’écoute plutôt de la musique.

En général, je n’attends pas les 12 coups de minuit pour aller me coucher. L’alcool ayant fait son œuvre bien avant.

Je pense à ma tante, qui est hospitalisée en psychiatrie.

Combien de temps fais-je tenir sans faire une rechute. Ma dernière hospitalisation remonte à mars 2016. J’avais fait une décompensation anxieuse.

D’après ma psychiatre, quand il y a quelques semaines, je lui ai tenu des propos délirants, que je ne rapporterais pas ici, il ne me restait que dix pour cent de lucidité. Ce n’est pas beaucoup.

En attendant, j’essaie temps bien que mal de donner le change avec les autres.

Je repense à mes 18 ans. Année qui a marqué mon entrée dans la maladie. Avec ma première décompensation.

C’était comme si je venais de mourir, et qu’une deuxième vie, faite de souffrances et d’angoisses, débutait.

Cela fait déjà 20 ans.

Je n’ai pas fait grand-chose pendant tout ce temps. J’ai plutôt subi les événements. Je connais pour les avoir testés, les différents hôpitaux ou cliniques psychiatriques de mon secteur. Avec parfois des règles stupides et humiliantes à respecter. Le manque d’intimité, et l’infantilisation….

Le bues du dimanche soir, lorsque l’on est schizophrène

La nuit est tombée depuis plusieurs heures. Le blues du dimanche soir a commencé. Mon cerveau s’est mis en mode déprime. Je me sens estourbi. Je ne suis plus du tout joyeux. Je n’ai qu’une seule envie, que cette souffrance passe. Il me faut une bonne nuit de sommeil.

Le bues du dimanche soir
Le bues du dimanche soir

Dans l’après-midi, j’ai eu un appel téléphonique de ma tante. Elle était dans le parc de l’hôpital psychiatrique de son secteur. Elle venait juste d’être admise, après avoir été prise en charge par les pompiers. Elle souffre aussi de schizophrénie. Malheureusement, elle a fait une rechute.

Elle avait l’air de prendre cette situation avec beaucoup de philosophie. Elle risque cependant de passer les fêtes de fin d’années, là.

Elle est trop loin pour que je vienne la voir.

Mon blues du dimanche soir est toujours présent. J’ai éteint la télévision, ne supportant plus les images et les sons. Mais sans distractions, le temps est long. Je vais prendre mes neuroleptiques à effets sédatifs. Cela va peut-être me faire du bien, et calmer mon cerveau en surchauffe.

Demain matin, l’association de patients sera ouverte pour un petit déjeuner de noël.

J’ai fermé tous les volets de mon appartement. Normalement, plus personne ne viendra me déranger. Je ne supporterais pas la présence d’une autre personne, dans mon logement.

Il faut que je tienne jusque 22 heures, avant de me mettre dans mon lit. Sinon, je ne m’endormirais pas.

Et encore, il faut que je sois dans de bonnes dispositions, psychologiquement. Les idées envahissantes devront me laisser tranquilles.

Je n’aime vraiment pas le blues du dimanche soir.

Vivement demain matin, que j’avale mon antidépresseur et que je retrouve du punch. Là, j’ai l’impression que ma tête est dans un étau, avec comme fond sonore, la télévision de mon voisin, qui marche trop fort, dans un immeuble mal isolé.

Je souffre de phobie sociale et noël est là

Les fêtes de noël sont presque là. Je suis plutôt joyeux.

Ce n’était pas trop le cas il y a quelques jours. Un soir, soudainement, une grosse angoisse est venue me rappeler que rien n’est jamais gagné. Dans ces moments-là, plus rien n’a d’importance, si ce n’est comment gérer au mieux cette situation. Ça a duré quelques heures. Le temps que le sommeil me gagne.

Noël
Noël

Le lendemain matin, j’avais retrouvé mes esprits et un peu de sérénité.

Comme tous les ans, une partie des festivités de noël auront lieu dans ma famille, à plusieurs dizaines de kilomètres de mon appartement. Trop angoissé à l’idée de quitter mon quartier, je n’y vais plus. Je reste tout seul. C’est un peu triste. Cette année quand même, pourquoi pas ne pas essayer de voir mes proches ? J’ai juste peur de faire une grosse crise de panique. Il faudrait que je me réhabitue progressivement à y aller.

Pour la soirée du 31 décembre. Je le faisais avec des amis. Beaucoup ont quitté la région… Cependant me retrouver tout seul ce soir-là ne me gêne pas.

Je me rends compte quand même que j’évite toutes les situations qui m’angoissent. Mon psychiatre m’avait dit que je souffrais de phobie sociale.

Dans un premier temps, j’avais essayé de me battre contre moi-même, pour capituler finalement.

Malgré tout, en me baladant des les magasins de mon quartier, j’ai été pris par l’ambiance de noël. Il y a encore quelques mois, je voulais mourir au plus vite. Mais depuis peu, les choses ont changé. J’ai envie de vivre le plus longtemps possible.

Et puis ma famille, je la verrais un peu quand même le 24 au soir. Chez mes parents qui habitent mon quartier. Il y aura ma sœur et mon frère. C’est déjà ça. Une soirée à manger jusqu’à n’en plus pouvoir.

La schizophrénie paranoïde

En faisant mes papiers, je suis tombé sur le compte rendu d’une hospitalisation en milieu psychiatrique. C’était en mars et avril 2016. Il était écrit que mon séjour, était justifié en raison de la décompensation anxieuse d’une schizophrénie paranoïde.

Je souffrais beaucoup. Dès lors, je m’étais rendu dans cette clinique de mon propre chef.

La schizophrénie paranoïde

Aujourd’hui, je suis moins anxieux, heureusement. A l’époque, je prenais 50 mg de Tercian, matin midi et soir. Je tenais à peine debout. Tellement l’effet sédatif de ce médicament était puissant. 

Je ne vivais plus, je survivais.

On ne m’avait jamais dit exactement de quelle schizophrénie je souffrais. Je l’ai découvert sur ce compte rendu.

La schizophrénie paranoïde est la forme la plus fréquente. Je me reconnais assez dans la description de cette pathologie, avec la surestimation de soi (les idées de “grandeur”), des délires interprétatifs, l’anxiété…  

Il en existe cependant bien d’autres.

Je me souviens des premiers jours dans cette clinique. Il faisait beau et je me baladais dans le parc. Les deux premières semaines, nous ne pouvions pas sortir de la structure. Grâce à ma mutuelle, j’avais une chambre particulière, avec une armoire fermant à clé, pour y mettre mes affaires personnelles… Nous pouvions garder nos smartphones en permanence sur nous. Le règlement n’était pas trop strict.

Malgré tout, au bout de quelques semaines, je commençais à trouver le temps long. Les jours s’enchaînaient, toujours de la même façon. Les médicaments, la visite dans la chambre pendant quelques minutes du psychiatre,et les repas…

De plus, ma pathologie, la schizophrénie paranoïde, me faisait me méfier des autres. Il n’y avait vraiment qu’une personne, avec qui je me sentais en confiance.

Je me sentais être centre d’une intrigue malveillante. A la fin, je ne descendais même plus le soir pour le souper. Je restais dans ma chambre, pour être un peu tranquille.

Avec mon antidépresseur, je suis comme une pile électrique.

Hier, en début d’après-midi, j’avais rendez-vous chez ma psychiatre. L’entretien a duré une petite heure. Je suis alors rentré chez moi, content de retrouver mon appartement, dans un état d’esprit assez positif. Elle n’a pas modifié mon traitement, qui est déjà assez conséquent.

Ce matin, une heure après avoir avalé mon antidépresseur, le Prozac, j’étais comme une pile électrique. Il fallait absolument que je marche un peu. Je me suis donc rendu dans le supermarché de mon quartier, pour acheter une bricole à quelques cents.

Le Prozac
Le Prozac

Sur le chemin, j’ai chanté tellement j’étais joyeux. Le Prozac est vraiment un antidépresseur puissant.

Quelques heures après, j’étais toujours aussi dynamique.

Ce médicament m’a vraiment sorti du gouffre. Bien sûr, il suffirait de peu, pour qu’une idée envahissante, une grosse angoisse ou une idée délirante, me prenne tout entier pour me faire plonger à nouveau.

Mais maintenant, bien souvent, lorsque l’on me demande comment ça va, je peux répondre sans mentir, « ça va bien ».

Avec ma psychiatre, j’ai notamment parlé de mes délires. De cette idée de toute puissance, qui me gâche la vie depuis tellement d’années.

Elle a beaucoup écouté, prononçant quelques mots de temps en temps.

Je dois la revoir après les fêtes de fin d’année. Etant soumis à de nombreuse réunions de famille, c’est toujours un moment difficile, qui vient bousculer ma vie « monastique » et très ritualisée.

Dans ces périodes-là, même mon puissant antidépresseur, le Prozac, atteint ses limites.

Pour la soirée du nouvel an, je pense rester seul. C’est trop dur d’être confronté aux autres, pendant plusieurs heures. Je me ferais un repas amélioré, et je me coucherais sans doute avant les douze coups de minuit. J’essaierais de ne pas boire d’alcool trop tôt. Pour noël, j’irais chez mes parents, qui reçoivent ma famille, le 24 et le 25. Heureusement pour moi, je pourrais m’éclipser de temps en temps.

Etre amoureux lorsque l’on est schizophrène

L’engagement avec les femmes me fait peur. J’ai eu quelques expériences dans ma vie, que j’ai rapidement interrompues. La simple idée de partager un lit, toute une nuit, avec quelqu’un d’autre, me donne maintenant des sueurs froides. Il me faut ma zone de confort. Je suis un solitaire, depuis toutes ces années. Même si les femmes continuent à m’attirer. Je ne perds donc pas espoir.

Etre amoureux lorsque l’on est schizophrène
Etre amoureux lorsque l’on est schizophrène

De plus, j’ai des amis schizophrènes qui vivent très bien en couple. Ce n’est donc pas impossible. Je pense à Henry, qui a vécu de nombreuses années avec une femme ayant la même maladie psychique. Il y a bien d’autres exemples, avec des mariages…

A l’association de patients, il y a une adhérente schizophrène, qui a accouchée il y a quelques années, d’un garçon. Malheureusement pour elle, la garde lui en a été retirée, après une hospitalisation en psychiatrie. Elle l’élevait seule. Cependant, elle continue de tisser des liens très forts avec lui, et pourra bientôt l’avoir à son domicile, quelques jours et nuits par semaine. La maladie ne coupe pas le lien d’amour, d’une mère ou d’un père pour son enfant.

Comme je le dis plus haut. Une personne souffrant de schizophrénie, peut être amoureux et aimer. Il n’y a pas d’incompatibilité. Il m’est arrivé aussi, d’avoir des sentiments pour une femme, qui se sont concrétisés, à l’association de patients. C’était il y a quelques années, avant que je ne me replie beaucoup plus sur moi-même.

Aujourd’hui, je ne veux juste plus souffrir. Je souhaite trouver un équilibre. Même si je dois finir ma vie seul. Je veux bien sûr encore embrasser les lèvres d’une femme, toucher sa peau, sentir son parfum, tomber amoureux… Mais ce n’est plus une obsession. Je me laisse le temps. Peut-être une vie de couple ou chacun aura son logement, avec des moments privilégiés.