Archives de catégorie : Vie sociale

Etre amoureux lorsque l’on est schizophrène

L’engagement avec les femmes me fait peur. J’ai eu quelques expériences dans ma vie, que j’ai rapidement interrompues. La simple idée de partager un lit, toute une nuit, avec quelqu’un d’autre, me donne maintenant des sueurs froides. Il me faut ma zone de confort. Je suis un solitaire, depuis toutes ces années. Même si les femmes continuent à m’attirer. Je ne perds donc pas espoir.

Etre amoureux lorsque l’on est schizophrène
Etre amoureux lorsque l’on est schizophrène

De plus, j’ai des amis schizophrènes qui vivent très bien en couple. Ce n’est donc pas impossible. Je pense à Henry, qui a vécu de nombreuses années avec une femme ayant la même maladie psychique. Il y a bien d’autres exemples, avec des mariages…

A l’association de patients, il y a une adhérente schizophrène, qui a accouchée il y a quelques années, d’un garçon. Malheureusement pour elle, la garde lui en a été retirée, après une hospitalisation en psychiatrie. Elle l’élevait seule. Cependant, elle continue de tisser des liens très forts avec lui, et pourra bientôt l’avoir à son domicile, quelques jours et nuits par semaine. La maladie ne coupe pas le lien d’amour, d’une mère ou d’un père pour son enfant.

Comme je le dis plus haut. Une personne souffrant de schizophrénie, peut être amoureux et aimer. Il n’y a pas d’incompatibilité. Il m’est arrivé aussi, d’avoir des sentiments pour une femme, qui se sont concrétisés, à l’association de patients. C’était il y a quelques années, avant que je ne me replie beaucoup plus sur moi-même.

Aujourd’hui, je ne veux juste plus souffrir. Je souhaite trouver un équilibre. Même si je dois finir ma vie seul. Je veux bien sûr encore embrasser les lèvres d’une femme, toucher sa peau, sentir son parfum, tomber amoureux… Mais ce n’est plus une obsession. Je me laisse le temps. Peut-être une vie de couple ou chacun aura son logement, avec des moments privilégiés.

Je déprime. Vais-je aller chercher des bières ?

Je déprime

Je déprime

Cela fait plus d’une heure que je déprime. Je suis dans mon canapé et je n’ai plus d’énergie. Plus le gout de vivre. A force de ne rien faire, c’est un peu normal. Du coup, j’ai hésité à aller chercher quelques bières. Au final, j’ai ouvert un sachet de cannabidiol ou CBD, pour y prendre quelques bonbons. Il n’y a pas d’effet planant. Ça relaxe juste un peu.

Pourtant, ce matin, comme tous les matins, j’avais pris mon antidépresseur.  De toute évidence, Je ne pourrais plus vivre sans. Il est d’habitude assez efficace. Surtout après l’avoir avalé. Je suis une vraie pile électrique. C’est ce qui me donne la force d’aller à l’association de patients.

Mais cet après-midi, je déprime.

Enfin, là, devant mon écran et avec les deux bonbons de cannabidiol ou CBD que j’ai pris. Mon cerveau est dans de meilleures dispositions, comme apaisé.

Je me sens quand même un peu seul. Mais pour ça je ne peux pas trop me plaindre. J’ai tendance à repousser toutes les personnes qui voudraient s’approcher de moi.

Comme je le dis dans mon article précèdent, je vie comme un ermite. Je privilégie les relations par internet. J’ai un ami, qui n’est pas venu chez moi depuis de nombreux mois, mais avec qui j’échange encore par tchat.

L’intérêt est que je peux éteindre mon téléphone, si je veux être tranquille.

J’ai toujours été un solitaire, et avec ma pathologie, cela s’est aggravé.

Mon appartement est dans un épais brouillard. C’est ma puissante cigarette électronique qui en ait la cause. Il faut que j’ouvre en grand mes fenêtres pour aérer.

Dehors, il fait gris et froid. Ce n’est pas très encourageant. Je suis déjà obligé de mettre une veste polaire, pour affronter les 15 degrés qu’il fait dans mon logement.

Va-t-il neiger cette année ? Rien n’est moins sûr.

Schizophrène donc ermite ?

Ermite

Ermite

La journée s’étire comme un élastique. Je passe mon temps dans mon canapé, qui commence à vieillir, à regarder les chaines d’information en continue, ou musicale. Qu’est ce qui a changé depuis 20 ans ? Pas grand-chose. J’ai tenté à deux reprises de me rapprocher du monde du travail, sans succès. Je suis quand même parti de chez mes parents, pour avoir mon propre logement.

Mais j’ai l’impression d’être un mort vivant. Je ne vais jamais au cinéma, ni au restaurant, et encore moins en vacances… Cela me ferait pourtant du bien, de mettre mes pieds dans l’océan atlantique, un été. D’allonger ma serviette sur le sable et de prendre le soleil.

Je vis un peu comme un ermite. Chaque fois que je sors de chez moi, je respire un bon coup pour me donner du courage.

Dehors, il y a pleins de gens avec lesquels je croise le regard. J’essaie de ne pas trop les fixer. Il y en a un en particulier, à l’arrêt de bus. Cet homme est souvent là quand je vais faire mes courses. Il doit avoir 40 ans passé, le crâne rasé. Il n’a pas l’air commode. Je me méfie un peu de lui. Il me regarde souvent profondément, avant que je ne tourne la tête.

Vite vite, il faut que je m’éloigne.

Ce weekend, j’ai quand même effectué la visite d’un marché de noël. Cela m’a sorti de chez moi. Je me suis fondu dans la foule. Je n’étais pas trop angoissé. En tout cas moins que l’année dernière, pour le même évènement.

Je suis content, c’est plutôt positif. J’ai quand même un fond d’ermite. Je ne cherche plus à inviter du monde chez moi, ou aller chez les autres.

Je ne cherche pas non plus à avoir des amis.es, ou même des connaissances.

Pour nouvel an, je serais sans doute seul, dans mon appartement. Je me prendrais peut être un peu d’alcool. Ermite et heureux de l’être.

Ma box internet est en panne

box internet

box internet

J’ai réussi à connecter en USB mon smartphone à mon PC, pour avoir internet dessus. Ma box dysfonctionne depuis mercredi.

Il y a une semaine tout juste, j’ai tenu un discours pour l’anniversaire de mon association, devant une cinquantaine de personne. J’en suis le président. Quelques heures avant, une petite anxiété m’avait envahi. J’avais cependant réussi à relativiser. J’étais même heureux d’être mis en valeur. Le moment venu, lorsque l’on m’a tendu le microphone. Ma voix n’a pas tremblé, bien aidé par un texte, que je regardais de temps en temps, ainsi que les différentes personnes qui composaient l’assemblée.

A la fin du discours, qui a duré quelques minutes, j’ai été chaleureusement applaudi.

La journée a continué avec les adhérents, par un repas dansant.

Quand je suis rentré chez moi, j’étais heureux. Je m’étais forcé pour sortir, mais cela en valait la peine. J’étais dans un univers rassurant, avec des personnes que je connaissais. Cela a grandement facilité ma démarche.

Aujourd’hui, j’étais nettement plus seul. J’ai passé la journée chez moi, dans mon canapé, à regarder la TV et à vapoter. Ma box étant en panne, je n’ai malheureusement pas eu accès, aux différentes radios que j’affectionne tant.

Ce soir, j’ai un repas de famille. Je commence à avoir faim. C’est ce qui va me pousser à y aller. J’en ai un peu assez des pâtes, que je mange quasiment tous les jours.

Cela fait quelques jours que j’ai arrêté le cannabidiol (CBD). J’utilisais cette substance, en huile, sous la langue. Là, j’ai l’impression d’avoir l’esprit un peu plus brouillon. Je me sens aussi un peu plus speed. Mes finances ne me permettent pas d’en acheter plus souvent.

La semaine prochaine, des techniciens doivent passer me rétablir internet. J’espère que ma box sera de nouveau connectée. Je risque sinon de dépasser mon forfait data, sur mon téléphone mobile.

Mon corps est ma souffrance

Le corps

Le corps

Je suis tendu psychologiquement et physiquement. C’est tout le corps qui est atteint, jusqu’à l’esprit. J’ai essayé de nombreuses techniques, mais pour l’instant, c’est encore devant un écran, à écrire un article, que je suis le plus serein. Je retrouve une sorte de bien-être.

Quand je suis dans mon canapé, je peux sentir les tensions partir des jambes, et envahir tout le corps. C’est très désagréable. Même allongé sur le dos, je ne suis plus soulagé.

J’ai commencé à  ressentir cette sensation, assez jeune, lorsque ma schizophrénie s’est déclarée. J’étais seul dans ma chambre, chez mes parents. Je n’avais même pas 20 ans. Il y avait tout un monde délirant dans ma tête. C’était vraiment horrible, je n’avais pas de traitement.

L’ambiance familiale était très tendue. Je sentais bien que mes parents allaient faire quelque chose. Je craignais de sortir de ma chambre.

J’ai été hospitalisé sous la contrainte, quelques semaines plus tard. Dans la voiture, encadré par deux de mes oncles, pour me conduire à l’hôpital psychiatrique, j’ai vu ma vie défiler. J’ai bien cru qu’elle allait s’arrêter là, que j’allais être enfermé pour le restant de mes jours.

Je ne connaissais pas le moins du monde la psychiatrie. J’avais juste des images de contention, de piqures… Je pensais au film, « vol au-dessus d’un nid de coucou ».

Heureusement pour moi, le traitement à base de neuroleptique, a été assez efficace. Je ne suis resté que quelques semaines, enfermé, avec des permissions pour le weekend assez rapidement.

J’ai découvert un monde plus humain que je ne pouvais l’imaginer. Un personnel médical était là pour m’écouter, me conseiller…

Quand je suis sorti, j’étais encore délirant et loin d’accepter la maladie, mais j’étais calme, à l’écoute de mes parents, même si les relations étaient encore parfois tendues.

Cela fait 20 ans maintenant, et je n’ai pas vu le temps passer.

Le canapé d’un schizophrène

canapé schizophrène

canapé schizophrène

Je suis tendu et fatigué, à peine la force de tapoter sur un clavier. Je ne compte plus les heures passées dans mon canapé, à essayer de trouver une position dans laquelle je retrouverai un peu de bien-être. Ça fonctionne quelques secondes, lorsque je m’allonge sur les dos, les jambes tendues.

Je regarde l’horloge tourner, minutes par minutes. L’après-midi est comme les dunes d’un désert, sans fin.

De la musique rentre par mes oreilles. Parfois je la supporte plus. Mais que faire du temps qui passe.

La fatigue me reconduit toujours vers mon canapé, comme si il était aimanté. Il faut dire que j’avale une sacrée doses de psychotropes, tous sous ordonnance.

Mon canapé, acheté à bas prix, commence à se tordre. Je peux sentir ses ressorts, ses creux et ses bosses. Il est comme moi, abimé, désagréable…

Dans une semaine, c’est le mariage de ma cousine. Je ne sais pas si j’aurais la force d’y aller. C’est à une heure de route, mais pour moi, c’est comme aller sur mars. Il faudra que je voie aussi, si je rentre dans mon costume. Cela fait plusieurs années que je ne l’ai pas porté.

Ça serait surement mieux, que de me retrouver une nouvelle fois dans mon canapé de schizophrène. Même si je l’aime un peu, avec le temps.

Je rêve quand même d’un grand salon, avec un canapé d’angle.

Ce matin, je suis retourné à mon association de patients. Je m’en étais éloigné, ces deux dernières semaines. J’ai revu Fred, avec qui je discute souvent de cigarette électronique. Il est calé dans ce domaine, et fait régulièrement de nouvelles acquisitions de matériels, pour recracher de belles volutes de vapeur.

Vers  onze heures, quand je suis rentré chez moi, je n’ai pas réussi à me détendre, même en m’allongeant sur le dos.

Le lotissement d’un schizophrène

Lotissement

Lotissement

Un sentiment d’étrangeté m’habite depuis plusieurs heures. Je marche dans la rue, je croise des gens, mais c’est comme si j’étais un fantôme. Je me sens comme mort, loin des autres, dans mon monde à moi.

C’est peut-être parce que je fais exactement la même chose, tous les jours. A peu prêt à la même heure, je vais chez mes parents, je vapote en buvant une bière sans alcool, sur leur terrasse, et je rentre chez moi. Je ne vois presque jamais de nouvelles personnes. Je ne m’éloigne pas du lotissement, ou j’habite avec mes parents, à deux minutes à pied de distance. Je peux faire 5 ou 6 allers retours dans la journée, de mon appartement à leur pavillon.

En même temps, j’ai peur du vide que je ressens lorsque je quitte ce lotissement. Lorsque dans le bus qui s’éloigne, des crises d’angoissent m’envahissent.

Aujourd’hui, je suis arrivé à saturation. Je suis une cocotte minutes, prête à exploser. Mais, je suis incapable de m’éloigner de ce lotissement. Aller ailleurs serait comme aller sur Mars. Et puis de toute façon, partir pour reproduire la même chose serait inutile.

J’attends avec impatience le soir arriver, la lumière diminuer, pour m’apaiser. Maintenant, j’ai peur de sortir de chez moi, et de croiser pour la énième fois, les mêmes habitants du lotissement.

Je n’ai qu’une seule envie, fermer les volets de mon appartement. Je n’ose plus sortir de chez moi et je ne veux voir personne. Je voudrais disparaitre sous terre.

Malheureusement, il est encore tôt.

Dans ce lotissement, je me demande ce que pensent les gens de moi. Je dis bonjour. On me répond avec le sourire. Je sais que je peux compter sur certains, mais les autres, diffusent-ils des rumeurs sur moi ? Ou juste, se posent-ils des questions ? Je suis la plupart du temps seul, à marcher, en essayant de trouver une direction à mon existence.

Schizophrénie et autonomie

Schizophrénie et autonomie

Schizophrénie et autonomie

Le matin, c’est le moment de la journée pendant lequel je suis le moins angoissé, et capable le plus d’autonomie.

Je vis seul dans mon appartement. Je me débrouille pour faire les courses, dans un supermarché à 5 minutes à pieds de chez moi. Tous les matins, réglé comme une horloge, j’y vais faire mon petit tour. A force, je finis par connaitre les caissières, et les clients du magasin, qui comme moi, attendent l’ouverture.

Passé la collation du midi, je suis plongé dans une souffrance intense. Je ne suis plus capable de faire grand-chose. Je m’installe dans mon canapé  et j’attends. Je regarde l’heure souvent. Je n’arrive plus à prendre le bus pour aller en centre-ville. Je suis comme momifié. Mon autonomie en prend un sacré coup. Pour mes rendez-vous à l’extérieur, je suis obligé de faire appel à mes parents, pour qu’ils me conduisent. Je suis trop angoissé à l’idée de sortir seul de chez moi.

D’un point de vue général, j’ai beaucoup de mal pour me déplacer. Je ne suis pas en fauteuil roulant, mais c’est les crises d’angoisses, qui me rappellent de ne pas trop m’éloigner de chez moi. Il faut que je lutte pour retrouver mon autonomie.

Souvent le soir, je ne mange rien. Je me suis habitué à ce mode de vie, et en plus, bien qu’ayant un traitement qui fait grossir, je ne prends pas de poids. Je mange un peu plus le midi.  Je cuisine assez souvent des plats à base de pâtes. C’est ce qu’il y a de plus simple et de moins cher.

Le soir vers 19 heures, n’en pouvant plus des pensées qui encombrent tout l’esprit, je vais me réfugier dans mon lit.

Mais vraiment, ce qui me fait le plus peur, c’est de me retrouver seul, sans les parents que j’ai encore la chance d’avoir. Le matin, je me réveille angoissé, à l’idée de de les perdre.

Les émotions d’un schizophrène

émotions

émotions

Cela fait assez longtemps que je n’ai pas ressenti la joie, que je n’ai pas ri… J’ai du mal avec les émotions. Je suis sur une ligne, avec toujours le même sentiment de lassitude. Lorsque quelqu’un fait une blague, je n’arrive pas à rire, alors je fais semblant. Je ne me souviens plus avoir ri aux éclats. Enfin si, cela doit remonter à un an. C’était à table, avec d’autres convives, dans un hôpital psychiatrique. Je me sentais presque gêné de rire. J’y avais été de mon plein gré, mais malgré cela, je n’avais pas pu sortir les 15 premiers jours. Nous étions toujours les mêmes à table. Il y régnait une atmosphère étrange. Comme si nous étions tous à bout de souffle. Pas épargnés par la vie, sous surveillance étroite du personnel médical, comme si notre sort n’était plus entre nos mains. Il ne nous restait plus que le rire comme liberté. J’ai ressenti de la tendresse et de l’affection pour ma voisine de table, qui ne manquait jamais l’occasion de se moquer de moi.

Depuis, je ne me souviens plus avoir ri aux éclats.

Par contre, je ressens la tristesse parfois, sans raison, lorsque je ne m’y attends pas. Cela peut durer une heure ou deux.  Je ressens aussi toutes les émotions négatives, comme la peur, l’angoisse… assez fortement. Quand l’on m’apprend une mauvaise nouvelle, c’est comme si l’on me donnait un coup de poing dans le ventre.

J’ai aussi du mal à me mettre en colère. Je suis comme abattu d’avance, comme dans du coton, incapable de spontanéité. Je me demande toujours si j’ai la bonne réaction, si l’on ne va pas me trouvé étrange, d’une autre planète. L’on m’a déjà fait la réflexion.

Depuis tout petit je me sens diffèrent, d’un autre monde. A partir de quel âge peut-on être psychotique ?

Hospitalisation en milieu psychiatrique

Hospitalisation en milieu psychiatrique

Hospitalisation en milieu psychiatrique

De retour chez moi après une hospitalisation en milieu psychiatrique de plus de 5 semaines. En effet, mes parents étaient partis en chine et j’étais trop anxieux pour partir avec eux ou rester seul chez moi, à plusieurs millier de kilomètres d’eux. La simple décision d’une l’hospitalisation provoqua d’énormes angoisses. Ce fut véritablement un enfer les mois précédents. Je voulais même en finir, craignant les pires souffrances. Mais je craignais encore plus de rester seul chez moi, dans mon appartement. Je me croyais donc pris dans une nasse.

Mais comme bien souvent, la réalité fut moins dure que mes angoisses ne me l’avaient laissé penser.

Je suis arrivé donc, il y a plus de 5 semaines, dans un bâtiment de taille moyenne, composé de deux étages, perdu en pleine campagne. Je fus pris en charge par une infirmière qui me questionna, dans ma chambre, sur d’éventuelles tentatives de suicides. Comme mes réponses furent toutes négatives, je pus garder le chargeur de mon téléphone portable et de ma cigarette électronique. Pendant ce temps-là, une aide-soignante fouillait mes bagages.

Une fois seul, je pus ranger mes affaires dans une armoire fermant à clé. Il y avait une télévision et des sanitaires dans ma chambre individuelle. Je regardais par la fenêtre le monde libre que je venais de perdre.

Les premiers repas furent une épreuve. Je souffre de phobie sociale et je me suis retrouvé dans une grande salle, bruyante, assis avec des gens que je ne connaissais pas. Les premiers jours, peu de mots sortaient de ma bouche. J’essayais tant bien que mal de tisser des liens avec les autres patients, dehors, à table, ou dans les salons de chaque étage…

Au fur et à mesure que les jours de l’hospitalisation s’écoulaient. Je pris plus d’aisance à l’oral. Je commençais alors à découvrir et faire connaissance avec d’autres patients formidables. J’y découvris chez eux beaucoup de richesse d’âme. Bien sûr il arrivait souvent que je demande aux infirmières du Tercian, pour mes angoisses. Il y eu des moments de doutent de souffrances mais aussi de grands fous rires avec des patients que je n’oublierai jamais, comme Choukri et d’autres.