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De mauvaises connexions dans le cerveau d’un schizophrène

La douleur hier soir était intense. Ça a commencé vers 17 heures, avec le coucher du soleil. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Surement de mauvaises connexions dans le cerveau. Une sorte de blues du dimanche soir. En pire !!!

J’étais dans mon canapé. Je ne supportais plus rien. Ni le son de la radio, ni l’image de la télévision. Et il était encore trop tôt pour aller dormir. Il fallait que les minutes passent plus vites. J’étais toujours dans mon canapé, désespéré.  Pour tuer le temps, je me suis fait à manger. Je n’étais pas bien. Mon seul salut était dans le sommeil.

J’ai pris deux comprimés d’un puissant sédatif. Malheureusement pour moi, ils n’ont pas été très efficaces. A force d’en avaler, mon corps s’est habitué.

Vers 20 heures, je me suis quand même mis dans mon lit. Dans l’espoir, que les mauvaises connexions dans le cerveau se rétablissent un peu pendant la nuit.

Avant cela, je n’avais pas passé un trop mauvais moment. Le midi, j’étais au marché de noël de ma ville. Il y avait un carré brasserie avec une scène. Un chanteur assez mauvais, reprenait les standards du rock. J’avais l’impression d’être dans un karaoké. Je n’ai pas pris d’alcool.

Cela fait trois jours que ne n’ai rien bu. Je préfère faire attention. C’est tellement facile d’aller au supermarché, et d’acheter de quoi s’assommer, pour ne plus penser. En général, je regrette après.

Ça y est. La nuit a enveloppé la ville de son désespoir. En tout cas, c’est comme cela que je vois les choses. Il faut que je ferme les volets.Demain, j’irai à l’association de patients, si les lycéens, en quête de vacances prolongées, veulent bien laisser passer les bus. J’ai toujours l’angoisse de me retrouver dans l’impossibilité de renter chez moi.

Les mois passent et se ressemblent

Les mois

Les mois

Cela fait trois mois que je n’ai vu ma psychiatre, et j’ai beaucoup de choses à lui dire. Il y a eu les deux mois de congés estivaux, et là, elle doit être en formation, je n’arrive pas à la joindre. Les idées délirantes se bousculent dans ma tête. Elle est un peu ma soupape de sécurité. Heureusement, grâce à mon médecin généraliste, mon traitement m’est quand même prescrit. J’avale toutes ces pilules trois fois par jour.

Cet après-midi, chez mes parents, mon père m’a demandé de ranger le bois qu’il venait de recevoir en vrac. Je me suis mis à l’ouvrage, péniblement. Je n’ai tenu que 40 minutes. Psychiquement, c’était une vraie souffrance. Je ferai les deux autres tiers de bois qu’il reste à ranger, ces prochains jours…

C’est comme quand mes parents me demandent de vider le lave-vaisselle, psychiquement, c’est usant. Je finis le travail épuisé. Tous les travaux manuels et répétitifs, me provoquent des angoisses, un mal être…

Je n’habite qu’à 500 mètres de chez mes parents. Je me suis « organisé » de telle façon, que je peux aller leur rendre visite dix fois par jour. Quand je dis que je me suis « organisé », c’est plutôt un toc. Heureusement pour mes parents, je ne reste chez eux que quelques minutes. Ils ne me disent rien pour l’instant, mais Il faut quand même que je vois ma psychiatre pour parler de tout cela.

Ma journée est très ritualisée, du matin jusqu’au soir. Cela me rassure beaucoup. Le soir pour m’endormir, je me mets dans mon lit 10 minutes, je me relève pour vapoter un peu, et une fois de retour dans mon lit, je m’endors, la tête toujours du même côté. Le matin je vais au  supermarché, toujours à la même heure, à une minute près. J’achète presque toujours la même chose.

1000 morceaux de cervelle

1000

1000

Le soleil brille de 1000 feux et fait fondre la route qui ce matin était encore glissante. Je me suis réveillé de bonne heure, vers 7 heures, avec toujours ces comprimés à avaler, sans vomir.  A force, je ne les supporte plus.

Ce matin, j’étais vraiment en 1000 morceaux. Excité par les antidépresseurs et en même temps, j’avais l’impression d’être au bord d’une falaise, prêt à dégringoler, ou tout du moins, à tomber de quelques mètres encore.

Mon cerveau était comme ouvert en deux, en trois en quatre… Comme une bouteille en verre, qui explose en 1000 éclats, lorsqu’elle touche violement le sol.

Je ne suis vraiment pas sur la bonne voie. J’ai des angoisses qui me paralysent, comme un tétraplégique. Toute action, que je mets en place, me fait craindre d’être le responsable d’une catastrophe.

Y aura-t-il, un moment dans l’infini de temps, où je serais bien ? Après ma mort ?

Pour l’instant j’attends. C’est tellement dur et pourtant, j’ai l’impression que le pire est à venir.

Cet après-midi un ami doit passer me voir. Je l’espère, pas trop longtemps. Je ne supporte pas d’être envahi dans mon espace. Je commence déjà à préparer une excuse pour le faire partir, au bout d’un certain temps.

Le soir vers 18 heures, quand je suis seul chez moi, 1000 pensées désagréables envahissent mon cerveau. Je n’en peux plus, je ferme les volets et je me refugie sous une épaisse couette, dans mon lit.

Le lendemain matin cela recommence. Il y a comme un paysan qui laboure mon cerveau avec sa charrue. Je suis crispé. Les antipsychotiques m’éloignent des pensées délirantes, mais pas de la souffrance.

Je suis tendu comme un arc. J’aurai besoin d’un relaxant. De me sentir bien, juste une heure ou deux. Malheureusement, les anxiolytiques n’ont plus d’effet sur moi.

Tendu, Je vais exploser

Tendu

Tendu

Je suis tendu. Je n’arrive plus à me concentrer sur rien. Il faut que je bouge, de chez moi à chez mes parents et inversement. Il n’y a que deux minutes à pied. J’habite dans le même lotissement que mes parents. J’y habite depuis que je suis né. Les gens du quartier me connaissent depuis toujours. Ils m’interpellent souvent pour me demander « ça va ? », quand ils me voient passer. Je réponds toujours « oui », même si ce n’est pas le cas. Je me sens harcelé. Peut-être s’imaginent t’ils que je vais leur dire « Non je me sens tendu… » Et « Méfiez-vous, je suis atteint de schizophrénie ».

Pour me détendre, je me mets devant mon ordinateur et j’écris. C’est comme une thérapie.

Hier soir pour dormir, alors que les idées négatives fusaient dans ma tête, j’ai pris plus de Temesta que ma prescription, pour m’assommer un bon coup. Sinon, je n’arrive plus à dormir. Je me relève deux trois fois avant que le sommeil ne vienne. J’ai envie de mourir. C’est une envie mélangée à une rage, qui vient de l’estomac. Je donne des coups de poing dans mon lit.  Dans ma tête, je me dis que je veux crever.

Et puis le lendemain, une nouvelle journée commence. Le matin au réveil, c’est toujours le même rituel. J’avale mes comprimés en espérant ne pas les vomir, avant qu’ils ne soient complétements absorbés. Je sens alors le Prozac m’envahir petit à petit. J’ai envie de chanter. Je suis tendu aussi. Il faut que je bouge. Ça tombe bien, c’est l’heure des courses. Je me déplace comme un bolide dans le supermarché pas loin de chez moi. Je ne regarde pas les gens. Je profite car quelques heures plus tard, je serais angoissé à l’idée de sortir de chez moi. Je suis plutôt du matin.

La tête dans un étau

étau

étau

J’ai la tête dans un étau. C’est très désagréable et cela survient tous les jours après le repas du midi. Je m’installe dans mon canapé. D’abord les jambes croisées, puis je m’allonge complétement. Aucune position ne fait disparaitre cette douleur. C’est lancinant, un peu comme la torture qui consiste à faire tomber une goutte d’eau sur le front, pendant des heures, au même endroit, jusqu’à ce qu’on ait l’impression que ce soit la fraise d’une perceuse et plus une goutte d’eau.

Je regarde l’heure et je vois qu’il est à peine 14h30. Le temps passe si lentement l’après-midi. Mon cerveau est toujours pris dans un étau. Je n’ai nulle part où aller. Personne avec qui discuter. Mes parents sont là bien sûr. Mais leur contact, à force, n’est pas très épanouissant. Je ne sais cependant pas ce que je ferais sans eux. Ils sont comme une force gravitationnelle qui m’aspire tous les jours un peu plus. Il faudrait que je prenne mon envole.

Aujourd’hui, il y a un air de printemps. J’ai ouvert les portes fenêtres de mon appartement. Un air chaud pénètre à l’intérieur de mon séjour. Je peux entendre distinctement les bruits de la rue. Les sirènes des pompiers… J’ai toujours la tête dans un étau. Il faut souvent que j’attende 18 heures, pour qu’un mieux-être s’installe.

J’ai hâte que le soleil se couche, que la vie autour de moi se ralentisse. Je peux commencer alors à me mettre en veille. Bien souvent je me mets dans mon lit de bonne heure. C’est un refuge.

En attendant, il me reste de longues heures à patienter. Comme perdu dans l’espace, sur une planète qui tourne sans moi ou presque. Je ne fais pas vraiment parti de ce monde. Nous sommes un pourcent de la population à être schizophrène. Chacun faisant comme il peut.

Crise aigüe sur un chantier de fouilles archéologiques

Fouilles archéologiques

Fouilles archéologiques

J’avais déjà fait une crise et subit une hospitalisation en milieu psychiatrique, mais 2 ans plus tard à, l’âge de 20 ans, mon état psychique s’est de nouveau fortement dégradé. A cette époque-là, je vivais chez mes parents. Ces derniers voulaient absolument que je fasse quelque chose de mes journées. J’avais arrêté mes études et mes parents s’inquiétaient de me voir ne rien faire de mes dix doigts.

Je me suis donc inscrit en tant que bénévole, sur un chantier de fouilles archéologiques. C’est à cette époque que je commençais à être fortement angoissé, lorsque je m’éloignais du domicile de mes parents. Heureusement le chantier de fouilles archéologiques n’était pas loin. Je pouvais y aller à pied, seul. C’était un grand morceau de terre, à nu, bordé d’un côté par un champ et de l’autre par des maisons. Il y avait tout autour, un  ruban et des piqués qui délimitaient la zone de fouille.

Dès les premiers jours, je peux dire que je n’étais pas en forme. Les délires mystiques envahissaient mes pensées. Les autres archéologues devaient me trouver étranges, de plus en plus en tout cas, au fur et à mesure que les jours avançaient. Nous passions nos journées à faire des trous dans la terre, avec des truelles. Plusieurs fois je me suis senti tellement mal, qu’avant l’heure, je suis rentré chez mes parents.

Le chantier de fouilles archéologiques était devenu un endroit de torture, mais je ne sais pourquoi, je continuais d’y aller. C’est peut-être à cause de mes délirent, car lorsque je voyais le calvaire, avec jésus sur sa croix, juste à côté du chantier, je me disais que c’était à mon tour de souffrir. Que j’étais comme lui.

Plus les jours avançaient et plus j’étais délirant. Jusqu’au moment où la souffrance étant trop forte, je me suis mis à marcher vers le responsable du chantier de fouilles archéologiques, je suis tombé… Lorsque je me suis relevé comme pris au piège, ne sachant plus ou aller, je me suis mis à hurler pendant de longues minutes. J’allais vers les uns et les autres, qui se sauvaient en me voyant arriver, tel un démon.  Ayant effrayé tout le monde, sous la menace d’appeler la police, je suis rentré chez moi en courant, pour ne plus jamais retourner sur ce chantier.

Mon cerveau, le pauvre

cerveau

cerveau

Je viens de marcher un bon quart d’heure. Sortir un peu de chez moi m’a fait du bien. Je n’en peux plus de ces journées devant la télévision… C’est comme une mort lente. Regarder des gens vivre à travers un carré, contre un mur, c’est déprimant. Et puis donner du temps de cerveau disponible, pour se mettre dans la tête toutes ces voitures que je ne peux pas acheter, c’est se faire du mal pour rien.

Il y a quelques jours j’étais au plus mal. Dans mon lit un soir, à rager d’être dans un corps que je ne pouvais éteindre. Je voulais disparaître de définitivement. J’ai cherché plusieurs façons d’en finir. Eteindre ce cerveau, sortir mon âme de ce corps malade, ou dormir pour l’éternité. Je voudrais pouvoir le moment venu, faire cela en toute l’égalité. Avec ma famille autour, partir dans la douceur et sans souffrance. C’est une liberté de base. Que chacun puisse décider de son sort. Nous sommes propriétaire de notre corps, de notre vie. On peut vous laisser croire que non, que c’est l’éternel qui doit décider. J’ai prié à une époque, et mes souffrances n’ont été que plus grandes. Quiconque n’a jamais souffert vraiment, ne peut pas se faire une opinion et décider pour nous.

Aujourd’hui, malgré cette marche, je suis fatigué. La nuit est arrivée entre temps, et mon état d’esprit s’est assombri. Mon cerveau est comme englué dans une pensée désagréable, qui ne me quitte plus. Comme si on venait de m’annoncer une mauvaise nouvelle. Mes poils se hérissent. Je ne sais plus quoi faire pour que la lumière se rallume à nouveau, pour chasser toute cette souffrance. Je rêve d’avoir l’esprit tranquille. De n’avoir jamais été marqué au fer rouge, par des douleurs qui m’ont fait m’évanouir.

Je vais fermer les volets de mon appartement.

Mon appartement est une cocotte minute

Cocotte minute

Cocotte minute

Le soleil tape sur le toit de mon appartement. A l’intérieur comme dans une cocotte minute, il fait bien 30 degrés. Un peu comme dans mon cerveau, avec mes idées envahissantes. Je lutte pour les faire disparaitre. J’ai trouvé comme solution, de prendre des douches bien fraiches. L’air ambiant me sèche tout seul, en quelques minutes. Pendant ce temps-là je me sens mieux. Je dois bien prendre 10 douches par jour.

Ce matin je suis allé à l’association de patients. J’ai réussi à prendre le bus pour m’y rendre et y revenir. Il y avait une dizaine de personnes. Nous étions tous dans la cours du local. Le matin, c’est agréable, le soleil est caché par les hauts murs des voisins. Par contre l’après-midi, c’est une vrai cocotte minute. J’ai passé un bon moment, bien qu’il n’y ait que quelques adhérents, que l’on peut compter sur les doigts de la main, avec qui j’ai des affinités. Il y avait superman, qui a des supers pouvoirs, comme celui de se téléporter, croit-il. Mais j’aime bien discuter avec lui.

Une fois rentré chez moi, dans mon appartement, telle une cocotte minute, je me suis installé dans mon canapé, pour ingurgiter des tonnes d’images. Je zappe souvent. Je n’aime pas les images de violence, ni les émissions trop vulgaires, qui tournent en continu. Alors souvent je me rabats sur la radio. Je me lève parfois de mon canapé, pour faire le tour de mon petit appartement. Les journées sont longues et l’après-midi, j’ai trop d’angoisses pour franchir le seuil de ma porte et explorer le mon extérieur.

Il faudra quand même que j’aille faire quelques courses pour manger ce soir. Ces derniers temps, j’ai un peu fait l’impasse sur le repas du soir. Je n’avais plus le moral pour manger. J’ai perdu un peu de poids, malgré les neuroleptiques qui sont censés faire grossir.

Les gouttes perlent sur mon visage

gouttes d'eau

gouttes d’eau

Un dimanche pluvieux vient gâcher la fête. Je suis sorti pour me rendre chez mes parents, à pieds. L’eau coulait sur mon visage, par petites gouttes, sensation très désagréable. J’avais envie de sauter dans les flaques d’eau, mais je cœur n’y était pas vraiment, j’ai renoncé. Cela fait quelques jours que ma santé n’est pas très bonne. Mon cerveau et mes pensées sont en train de se liquéfier sur place, plus rien ne tient en place. Je n’arrive plus à retrouver de moments de quiétude, comme si l’eau qui compose mon corps, avait décidée de se transformer en souffrance. Une intense souffrance qui me prend tout entier. Des idées tel un torrent m’envahissent. Je pense à ma solitude le jour ou mes parents ne seront plus là. Arriverai-je à vivre encore ? A supporter la leur absence. Comment ferai-je, moi qui n’arrive pas à me déplacer sans eux, même pour quelques kilomètres. Et puis la vie, comment pourrai-je l’affronter. Tous les petits tracas du quotidien sont comme des immenses montagnes. J’ai peur.

Je me sens tellement seul. Perdu dans cet univers, dans cette planète, dans ce pays, dans ce quartier, dans cet appartement.

L’eau coule par terre dans les caniveaux. Je regarde cela de loin. J’aimerai tant que les petits tracas du quotidien, ne soient pas des torrents que je n’arrive plus à maîtriser. M’obligeant à me mettre dans mon lit et à attendre que la souffrance ne passe.

C’est trop dur, je n’en peux plus d’être mal comme ça. Plusieurs fois quand je suis comme cela, je me pense à en finir. Pour me rassurer, je sais que mon heure viendra. J’espère alors que je serai bien, pour toujours, dans un bel endroit. Que mon âme sera belle, qu’elle rayonnera. Que je ne serai plus dans ce corps, dans ce cerveau. Que mon âme sera libre de toute contingente physique.

Le bateau coule

Le bateau coule

Le bateau coule

Je me sens comme un bateau échoué sur une plage. Je n’arrive pas à me détendre et j’ai toujours les mêmes idées qui me viennent à l’esprit. Comme un marteau qui tape une enclume, j’attends de me sentir mieux, en vain. Cela fait plusieurs mois que je souffre le martyr. Je sais que je vais être hospitalisé en secteur psychiatrique, dans quelques semaines maintenant. C’est un essai d’une semaine pour plus tard, en avril, lorsque mes parents partiront à l’étranger pour trois semaines. En effet, me retrouver seul dans mon appartement, avec presque personne sur qui compter, me fait encore plus peur que d’aller dans un hôpital psychiatrique.

Tout seul, j’ai l’impression d’être perdu dans l’espace, ou dans un bateau en pleine tempête. Mais l’hospitalisation aussi m’angoisse. Je n’arrête pas d’y penser depuis des mois. Je sais que c’est la moins mauvaise solution, mais c’est comme une perceuse qui me vrille le cerveau et tout le corps. Le soir, je n’ai qu’une seule envie, c’est de me réfugier dans mon lit le plus tôt possible.

Je suis à la barre d’un bateau qui coule. J’ai déjà vécu seul loin de mes parents, lorsque j’étais étudiant. Deux crises de schizophrénies aigues sont passées par là et ont fracturé mon cerveau et explosé la confiance que j’avais en moi. Aujourd’hui, je suis angoissé pour rien.

Il faut que je me calme. Que je fasse mes exercices de respiration. Un deux trois, j’aspire profondément en baissant les épaules et je souffle.

Ce matin, je suis allé à l’association de patients. J’ai fait bonne figure malgré la boule que j’avais dans le ventre. J’ai discuté avec les uns et les autres, puis je suis rentré en bus. L’après-midi risque d’être longue et ennuyeuse. Mon cerveau est dans une enclume depuis plusieurs heures maintenant, et aucune pilule ne vient à bout de cette douleur.