Archives de catégorie : Schizophrénie

Je suis un schizophrène énervé

Je me sens plutôt bien. Même si je suis encore un peu énervé. Ce matin, j’ai parlé à une dame qui habite dans ma rue. De plus en plus je me mets à interpréter les propos des gens, pour leurs donner une signification cachée, que je serais le seul à comprendre. Comme si j’avais un don et une mission divine sur cette terre. Tout cela est bien sûr des élucubrations. Mais c’est plus fort que moi, je ne peux pas m’empêcher de délirer.

Je suis un schizophrène énervé
Je suis un schizophrène énervé

J’ai déjà été conduit en milieu psychiatrique, énervé, à cause de cela. Pour le moment, j’ai le sentiment de pouvoir gérer ces délires. Grandement aidé par mes neuroleptiques.

Je sais que dans mon appartement, si la télévision ne me parle pas, je suis moins soumis à cette folie.

Quand je sors, j’aimerai que la rue soit complètement déserte. Que je puisse marcher sans devoir sourire, dire bonjour maladroitement, gêné…

Je suis moins énervé que tout à l’heure. Je suis même un peu fatigué. Comme éteint. Je n’ai plus de force.

Mais j’ai toujours au plus profond de mon être, tous ces délires mystiques. Je ne pense pas réussir un jour à les évacuer complètements. C’est comme un fardeau que je devrais porter toute ma vie. Qui cependant me fait vivre et rallume la petite flamme en moi. Quand je n’ai pas le moral, que je suis au fond du trou, elle me réconforte. Et puis tout cela donne une raison de vivre. Qu’elle intérêt sinon, de faire un passage sur cette terre. Juste pour être le plus beau, le plus fort, le plus riche…

Il faut que je me calme. Je pense avoir déjà dit beaucoup de bêtises. Je devrais plutôt profiter des bons moments. Je dis cela mais je n’y crois pas une seconde. Je me demande à quoi bon être sur cette terre sinon.

Mes pensées mystiques

Aujourd’hui je ne me sens pas trop mal. Cela fait 15 jours que je prends du sulforaphane. C’est un complément alimentaire à issu de pousse de brocoli. Une étude montrerait son efficacité pour lutter contre les symptômes de la schizophrénie. Pour l’instant, j’en suis assez satisfait. Même si son prix reste assez élevé.

Mystiques
Mystiques

Mes pensées sont t’elles toujours rationnelles ?

Hier je suis allé chez le coiffeur sur un coup de tête, dans la galerie marchande du centre commercial pas loin de chez moi. Il y avait deux coiffeuses et 15 minutes d’attente. Je n’aime pas trop parler mais là, entres les coups de ciseau et de tondeuse, je me suis senti un peu obligé. J’ai toujours l’impression d’être à côté de la plaque. Apparemment les choses ne se sont pas trop mal passées. Je ne pense pas avoir dit trop de bêtises. Je suis parti sereinement. Sous le sourire bienveillant des deux employées.

En rentrant chez moi, des pensées mystiques se sont mises à tournoyer dans ma tête. Dans ces moments-là, il n’y a plus de limites… Aujourd’hui j’en ai honte mais hier je me suis pris pour l’élu. Une sorte de demi-Dieu. C’est très déroutant. Je n’ose plus alors à sortir de chez moi. Inquiet de perdre tout contact avec la réalité.           

Il a fallu une bonne nuit de sommeil, pour que je me dise que je souffrais simplement de schizophrénie. Je préfère cela. C’est invivable sinon.

Aujourd’hui j’ai rendez-vous chez ma psychiatre.

Dans deux heures je vais devoir aller en centre-ville pour ma consultation. Je vais pourvoir parler à ma psychiatre de mes pensées mystiques. Elle est toujours à l’écoute de mes problèmes et essaie de les comprendre. Cela me permet de remettre un peu les pieds sur terre, même si c’est frustrant sur le coup. Mais finalement cela me fait du bien.

Mon cerveau est en vrac

Je n’arrive pas à tenir en place ce matin. J’ai besoin de me lever, de me rassoir… Je me suis réveillé comme cela. C’est assez désagréable. En plus de cela il est encore tôt. J’espère retrouver un peu de sérénité dans la journée.

Mon cerveau est en vrac
Mon cerveau est en vrac

Heureusement mon genou ne me fait presque plus souffrir. J’ai vu mon généraliste mardi. C’est juste une tendinite de la patte d’oie. J’espère pouvoir recommencer à courir assez rapidement. J’aimerai évacuer le trop plein de nervosité.

Je ne suis vraiment pas trop bien ce matin. Mon cerveau est en vrac. Je ne pense pas avoir trop d’idées délirantes. Ce sont plutôt les nerfs qui sont tendus. Mais comme c’est le cerveau qui contrôle tout.

Il faudrait que je fasse quelques exercices de respiration. Car j’ai envie de retourner la table basse sur laquelle mon ordinateur est installé.

Il faut vraiment que je me calme.

Parallèlement, les minutes n’avancent pas. C’est un peu comme si tout tournait au ralenti. J’ai l’impression d’être englué dans un chewing-gum géant.  

Et je le redis mais mon cerveau est en vrac. Je n’arrive pas à me concentrer. Je ne regarde même plus ma télévision. Je me frotte régulièrement le visage avec la main.

J’espère qu’après le déjeuner et la digestion. Je pourrai m’allonger sur mon canapé et profiter un peu. Sinon, il faudra attendre la nuit pour être de nouveau zen.

Je fais aussi des ronds en tournant ma tête, cela me fait du bien.

Je suis nerveux. Ce midi je vais manger avec mon père. Dans une heure ou deux. J’espère être de bonne compagnie.

En même temps, l’épuisement commence à me gagner. J’ai cependant toujours envie d’aller dans la rue et d’hurler. Je suis nerveusement à bout de force. Il va bientôt être leur de prendre mon traitement. Cela me fera peut-être du bien.

Un schizophrène énervé

Un réveil en transe à 6 heures du matin. Je ne me suis pas rendormi. Je n’en n’étais pas capable. Comme si des années de colère étaient restées enfuies en moi et s’étaient libérées d’un seul coup. Quelques heures plus tard j’avais retrouvé un peu de sérénité.

Un schizophrène énervé
Un schizophrène énervé

Pourtant hier dans la soirée, je ne m’étais pas senti aussi bien depuis bien longtemps. J’avais passé une partie de mon temps à vapoter, en regardant les étoiles depuis ma porte fenêtre ouverte. J’aurai aimé que ce moment dure toujours.

Là je suis un peu éteint. Le bourdonnement d’une abeille solitaire en train de faire un nid m’agace un peu. Elle est juste dans l’entrebâillement de ma porte fenêtre.

De temps en temps, je prends un bonbon au CBD et je lève la tête pour regarder l’écran de ma télévision. De l’autre côté, les rayons du soleil commencent à me chauffer le dos.

Dans une semaine j’ai rendez-vous chez ma psychiatre. Déjà il y a un mois, elle m’encourageait à partir en Suisse pour y bénéficier de soins. J’ai créé une cagnotte en ligne pour m’aider au financement de ce projet, voir ici.

Je commence à devenir nerveux. Le bourdonnement de l’abeille est passé de gênant à insupportable. Je vais faire quelques exercices de respiration. Heureusement je vis seul dans mon appartement. Je n’ai personne sur qui passer mes nerfs. Bien que je sois contre toute forme de violence.

J’ai quand même fermé ma porte fenêtre. Tant pis pour les nids. Mais mon calme n’est pas encore revenu totalement. J’ai envie de retourner la table qu’il y a devant moi.

Je vais aller marcher un peu pour me détendre. Je suis encore énervé. Mardi, l’association de « patients » rouvre ses portes. Cela va me faire du bien de voir un peu de monde. Si j’arrive à prendre le bus pour m’y rendre.

Alcool et schizophrénie

J’ai bu deux trois bières. Cela est assez rare mais de temps en temps j’ai besoin de décompresser. J’ai un peu la tête qui tourne. Je patiente tranquillement en attendant de retrouver ma sobriété. Il faut souvent plusieurs heures.

Alcool et schizophrénie
Alcool et schizophrénie

Ce matin, l’association de « patients » était fermée. J’ai un peu trainé chez moi. Comme nous sommes vendredi, Je me sens en weekend. Il fait un soleil radieux. C’est un peu étrange en cette saison.

En allant à l’hypermarché à coté de chez moi, j’ai croisé un homme âgé. Souvent il m’arrive de croire que dieu se réincarne en personne d’un certain âge, que je croise dans la rue. C’est assez déroutant. Ces gens me regardent d’un air de dire, « oui, tu sais qui je suis ». J’essaie de me remettre les idées en place mais ce n’est pas évident.

Quand il y en a plusieurs dans la journée, j’ai l’impression de devenir fou. C’est aussi pour cela que je m’isole dans mon appartement.

Il y a aussi certaines interprétations que je fais dans la compréhension des gestes et des propos des gens. Je leurs donne un second sens inconscient. C’est perturbant quand je ne me focalise que sur cela. C’est autant de raisons de rester seul.

L’alcool est bien redescendu. Je vais pouvoir aller faire une petite marche dehors. Je ne suis pas près de reboire de l’alcool avant un bon moment. J’ai envie de boire un grand verre d’eau pour me réhydrater.

Aujourd’hui je n’ai pas trop d’angoisses. Je suis assez serein. Pourtant, je suis vraiment seul pour le weekend. Mes parents sont partis en visite chez mon frère, qui habite une autre région. Je commence à en avoir l’habitude maintenant. J’espère ce soir, ne pas mettre trop de temps avant de trouver le sommeil. A chaque fois je me dis que je n’arriverai jamais à m’endormir. Et souvent cela arrive lorsque je m’y attends le moins.

Peut-on guérir de la schizophrénie ?

Il fait 13 degrés dans mon appartement. Je me suis donc habillé en conséquence. Écharpe et polaire sont de sorties. Mais je ne me plains pas. Je ne me sens pas trop mal aujourd’hui. Ce matin, je suis resté plus longtemps que d’habitude à l’association de patients. Je ne m’y sentais pas en insécurité. Au contraire, j’ai eu quelques moments de fou rire avec les autres adhérents.

Une heure plus tard, malgré le temps, les bus circulaient. J’ai donc pu rentrer chez moi sans difficulté.

Vers midi, me sentant assez bien, je n’ai pas eu le reflexe de prendre mes médicaments. Ce n’est que deux heures plus tard, que j’ai commencé à avoir des angoisses inhabituelles et plus fortes que d’habitude. Le manque s’est rappelé à mon bon souvenir. Mes mains tremblaient. L’anxiolytique que je prends à forte dose, ne supporte pas l’approximation. Il faut le prendre à heure fixe.

J’ai donc avalé mes petites pilules et tout est rentré dans l’ordre.

Là, c’est le moment du grand vide, « L’après-midi ». Des heures et des heures à se mettre dans son canapé, se lever, marcher et se rassoir. Souvent, je fais aussi un petit tour dehors pour me dégourdir les jambes et aérer la tête.

Il parait que l’on a aussi des neurones dans le ventre. Ce serait notre deuxième cerveau. Certaines maladies pourraient y être soignées. Le corps humain est vraiment plein de surprises.

estomac
estomac

En attendant, la schizophrénie est toujours une maladie dont on ne guérit pas. Bien sur l’on peut être stabilisé, avant la prochaine crise, angoisse, grosse souffrance… On se croit sorti d’affaire et « paf », une tuile vous tombe sur la tête et vous rends mal pendant plusieurs semaines.

La vie d’un schizophrène n’est pas un long fleuve tranquille. J’en ai fait plusieurs fois l’amère expérience.

Comment guérir de la schizophrénie ?

guérir de la schizophrénie

guérir de la schizophrénie?

Cela fait 20 ans que je souffre officiellement de schizophrénie. Il m’a fallu 10 ans pour accepter le diagnostic. C’est une maladie taboue. Pourtant elle n’est pas rare. Comment accepter d’être touché par cette terrible pathologie ? Comment guérir de la schizophrénie ?

C’est toute une structure mentale, avec de nombreuses croyances, des délires, qu’il faut remettre en cause. Des délires, des croyances de toute puissance, mystiques, ou autres…. qu’il faut déconstruire en profondeur. Mais en est-on capable, sans s’écrouler complètement ? Cela ne peut pas se faire en quelques jours. Il faut du temps. Ce n’est pas aussi simple que dans le film Matrix, ou une simple pilule suffit. L’élasticité du cerveau ne le permettrait pas.

J’ai 40 ans et je suis encore soumis à des interprétations, lorsque je communique avec les autres… Je suis cependant moins délirant que lorsque la maladie s’est déclarée. Le travail avec un thérapeute et la médicamentation, ont permis de me stabiliser. Le cerveau est élastique, heureusement.

L’exaltation que me procurent mes croyances de toute puissance, ont presque entièrement disparu. Mais chaque schizophrénie est différente.

Mais alors, peut-on complétement guérir de la schizophrénie ?

Il faut garder espoir. La science avance tous les jours. Et puis, il y a peut-être des exceptions ? Des personnes diagnostiquées schizophrènes qui ne prennent plus de traitement médicamenteux et qui se portent très bien. S’il y a des lecteurs dans ce cas, manifestez-vous en commentaires. Le cerveau est tout le temps en train d’évoluer, alors pourquoi pas ?

Malgré tout, les médecins m’ont toujours dit, qu’en l’état actuel des connaissances scientifiques, ce n’était pas une maladie curable. Que la recherche manquait de moyens.

Je continue alors, trois fois par jour, à prendre mes comprimés. Pour être le plus stable possible. Même si souvent le matin, j’ai des haut- le-cœur, en les avalants.

Crise de schizophrénie aigue, sur un chantier de fouilles archéologiques

Chantier de fouilles archéologiques

Chantier de fouilles archéologiques

Il y a 20 ans, j’ai subi ma deuxième crise de schizophrénie aigue. Il m’a fallu tout ce temps pour l’évoquer sans trop souffrir, sans être envahi par la honte. J’étais âgé de 20 ans et je n’avais aucun traitement. J’étais juste suivi par un psychiatre.

C’était l’été, il faisait chaud, et je m’étais proposé comme bénévole sur un chantier de fouilles archéologiques, à quelques kilomètres de chez mes parents. A cette époque, je vivais encore chez eux.

Je me rendais sur le chantier à pied. J’avais déjà de grosses angoisses, lorsque je m’éloignais de ma chambre. C’était une vraie torture de sortir de cette dernière. Pourtant, j’étais encore combatif, prêt à lutter contre mes angoisses.

Je restais quelques heures sur le chantier de fouilles archéologiques, à gratter le sol, par strates successives, avec une truelle.

Mon état psychique, était de plus en plus préoccupant. En plus des angoisses, j’étais traversé par des délires mystiques, qui finirent par prendre complètement le contrôle de moi.

Je souffrais comme jamais. Au bout d’une dizaine de jours, après mon arrivée sur le site, la souffrance, les délires et les angoisses m’ont fait exploser. Je me suis dirigé vers la responsable du chantier, je suis alors lourdement tombé, comme si mes jambes ne pouvaient plus me porter. Une fois relevé, je me suis mis à hurler à la mort. Elle prit peur. J’ai alors déambulé sur le chantier, en me cachant les yeux avec mon bras, évitant miraculeusement les trous d’un mètre de profondeur, ne voulant plus rien voir.

Tous les bénévoles et les responsables étaient effrayés par mes hurlements, qui venaient du plus profond de mon être. Ils finirent quand même par me saisir par les bras.

Avec la force d’un dément, je réussi à me libérer. Alors qu’ils allaient appeler la police, je me suis sauvé. Ils ne me revirent jamais.

Je fus hospitalisé en psychiatrie, sous la contrainte, quelques semaines plus tard.

Journée de la schizophrénie

Journée de la schizophrénie

Journée de la schizophrénie

Je suis sorti dehors ce matin. Un froid glacial m’a piqué jusqu’à l’os. J’ai réajusté mon écharpe, pour me protéger. Cette journée de la schizophrénie est étrange. Je marchais dans la rue, seul. Il n’y avait pas âme qui vive. Je me suis alors demandé, si je n’étais pas mort, tel un fantôme, dans une autre galaxie. Cela fait quelques jours que je n’ai parlé à personne. Je vis reclus dans mon appartement.

Souvent des odeurs de cuisine arrive jusqu’à moi. L’immeuble est très mal isolé. L’hiver, je n’arrive pas à monter à plus de 17 degrés, sans exploser mes factures d’électricité.

Cette journée de la schizophrénie est un bon moyen de parler de cette maladie, qui n’est pas rare, mais qui est très mal connue. Elle fait peur, mais dans la plupart des cas, un schizophrène est uniquement dangereux pour lui-même.

Il y a quelques jours j’avais rendez-vous chez ma psychiatre. C’est une femme qui doit avoir 50 ans. Tous les mois, j’ai droit à mon ordonnance de pilules de toutes les couleurs. Je prends les rouges pour garder un esprit plus ou moins clair, les vertes pour lutter contre les angoisses, et les jaunes, pour ne pas déprimer, et cela fait 20 ans que cela dure.

J’ai connu plusieurs hospitalisations en milieu psychiatrique. Je suis tombé dedans, lorsque j’avais à peine 20 ans. C’est un monde que l’on découvre, dans la douleur, et une barrière que l’on franchit pour toujours. Il n’y a pas de guérison totale.

La journée de la schizophrénie, pour moi, c’est tous les jours. J’aimerai que plus de personnes lisent mon blog, pour toucher du doigt cette pathologie, et qu’ils arrêtent d’avoir peur.

Demain, une nouvelle semaine va commencer. Je vais devoir sortir de chez moi, angoissé, et dans la souffrance. Je voudrai tellement me reposer, sur une plage de sable fin, au soleil…

Avaler des pilules à en vomir

Avaler

Avaler

J’ai de plus en plus de mal à avaler les pilules le matin, mon corps ne les supporte plus. Cela fait 20 ans, que tous les jours, je fais le même rituel. Un verre d’eau et un comprimé à la fois, avec pendant de longues minutes, l’envie de vomir, et des hauts le cœur pendant quelques secondes.

Toutes mes journées commencent ainsi. Après j’avale des litres de liquide, du coca zéro, en même temps que j’utilise ma cigarette électronique. Cela m’occupe.

Le matin, je vais dans une association de patients, située à 10 minutes en voitures. C’est mon père qui me conduit. Je suis trop angoissé pour prendre le bus.

Je n’y reste jamais trop longtemps. Je discute avec les uns et les autres, pendant une petite heure. Pour retourner chez moi, j’arrive à monter dans l’autocar. Je m’installe derrière le conducteur, pour ne pas à avoir à croiser le regard des autres voyageurs.

Une fois rentrer dans mon appartement, derrière la porte que je viens juste de fermer, je pousse un « ouf » de soulagement. C’est un peu le seul lieu sur terre, ou je me sens en sécurité.

J’allume alors la télévision. Il fut une époque, je ne pouvais même plus la regarder. On s’adressait à moi, à travers les images. C’était insupportable.

J’interprétais aussi, les gestes des gens dans la rue. Pourquoi me disaient-ils cela ? Je n’étais pas stabilisé. J’étais au bord de l’explosion. Il n’y avait que dans ma chambre ou je ne me sentais pas agressé.

A cette époque, je n’avais pas de traitement médicamenteux. Même mes parents m’agressaient, à travers l’interprétation que je faisais de leurs propos. J’avais développé une haine à leur encontre.

Il a fallu une hospitalisation en milieu psychiatrique, et avaler pendant des années des antipsychotiques, pour que je retrouve un peu la raison.