Archives de catégorie : Schizophrénie

Alcool et schizophrénie

J’ai bu deux trois bières. Cela est assez rare mais de temps en temps j’ai besoin de décompresser. J’ai un peu la tête qui tourne. Je patiente tranquillement en attendant de retrouver ma sobriété. Il faut souvent plusieurs heures.

Alcool et schizophrénie
Alcool et schizophrénie

Ce matin, l’association de « patients » était fermée. J’ai un peu trainé chez moi. Comme nous sommes vendredi, Je me sens en weekend. Il fait un soleil radieux. C’est un peu étrange en cette saison.

En allant à l’hypermarché à coté de chez moi, j’ai croisé un homme âgé. Souvent il m’arrive de croire que dieu se réincarne en personne d’un certain âge, que je croise dans la rue. C’est assez déroutant. Ces gens me regardent d’un air de dire, « oui, tu sais qui je suis ». J’essaie de me remettre les idées en place mais ce n’est pas évident.

Quand il y en a plusieurs dans la journée, j’ai l’impression de devenir fou. C’est aussi pour cela que je m’isole dans mon appartement.

Il y a aussi certaines interprétations que je fais dans la compréhension des gestes et des propos des gens. Je leurs donne un second sens inconscient. C’est perturbant quand je ne me focalise que sur cela. C’est autant de raisons de rester seul.

L’alcool est bien redescendu. Je vais pouvoir aller faire une petite marche dehors. Je ne suis pas près de reboire de l’alcool avant un bon moment. J’ai envie de boire un grand verre d’eau pour me réhydrater.

Aujourd’hui je n’ai pas trop d’angoisses. Je suis assez serein. Pourtant, je suis vraiment seul pour le weekend. Mes parents sont partis en visite chez mon frère, qui habite une autre région. Je commence à en avoir l’habitude maintenant. J’espère ce soir, ne pas mettre trop de temps avant de trouver le sommeil. A chaque fois je me dis que je n’arriverai jamais à m’endormir. Et souvent cela arrive lorsque je m’y attends le moins.

Peut-on guérir de la schizophrénie ?

Il fait 13 degrés dans mon appartement. Je me suis donc habillé en conséquence. Écharpe et polaire sont de sorties. Mais je ne me plains pas. Je ne me sens pas trop mal aujourd’hui. Ce matin, je suis resté plus longtemps que d’habitude à l’association de patients. Je ne m’y sentais pas en insécurité. Au contraire, j’ai eu quelques moments de fou rire avec les autres adhérents.

Une heure plus tard, malgré le temps, les bus circulaient. J’ai donc pu rentrer chez moi sans difficulté.

Vers midi, me sentant assez bien, je n’ai pas eu le reflexe de prendre mes médicaments. Ce n’est que deux heures plus tard, que j’ai commencé à avoir des angoisses inhabituelles et plus fortes que d’habitude. Le manque s’est rappelé à mon bon souvenir. Mes mains tremblaient. L’anxiolytique que je prends à forte dose, ne supporte pas l’approximation. Il faut le prendre à heure fixe.

J’ai donc avalé mes petites pilules et tout est rentré dans l’ordre.

Là, c’est le moment du grand vide, « L’après-midi ». Des heures et des heures à se mettre dans son canapé, se lever, marcher et se rassoir. Souvent, je fais aussi un petit tour dehors pour me dégourdir les jambes et aérer la tête.

Il parait que l’on a aussi des neurones dans le ventre. Ce serait notre deuxième cerveau. Certaines maladies pourraient y être soignées. Le corps humain est vraiment plein de surprises.

estomac
estomac

En attendant, la schizophrénie est toujours une maladie dont on ne guérit pas. Bien sur l’on peut être stabilisé, avant la prochaine crise, angoisse, grosse souffrance… On se croit sorti d’affaire et « paf », une tuile vous tombe sur la tête et vous rends mal pendant plusieurs semaines.

La vie d’un schizophrène n’est pas un long fleuve tranquille. J’en ai fait plusieurs fois l’amère expérience.

Comment guérir de la schizophrénie ?

guérir de la schizophrénie

guérir de la schizophrénie?

Cela fait 20 ans que je souffre officiellement de schizophrénie. Il m’a fallu 10 ans pour accepter le diagnostic. C’est une maladie taboue. Pourtant elle n’est pas rare. Comment accepter d’être touché par cette terrible pathologie ? Comment guérir de la schizophrénie ?

C’est toute une structure mentale, avec de nombreuses croyances, des délires, qu’il faut remettre en cause. Des délires, des croyances de toute puissance, mystiques, ou autres…. qu’il faut déconstruire en profondeur. Mais en est-on capable, sans s’écrouler complètement ? Cela ne peut pas se faire en quelques jours. Il faut du temps. Ce n’est pas aussi simple que dans le film Matrix, ou une simple pilule suffit. L’élasticité du cerveau ne le permettrait pas.

J’ai 40 ans et je suis encore soumis à des interprétations, lorsque je communique avec les autres… Je suis cependant moins délirant que lorsque la maladie s’est déclarée. Le travail avec un thérapeute et la médicamentation, ont permis de me stabiliser. Le cerveau est élastique, heureusement.

L’exaltation que me procurent mes croyances de toute puissance, ont presque entièrement disparu. Mais chaque schizophrénie est différente.

Mais alors, peut-on complétement guérir de la schizophrénie ?

Il faut garder espoir. La science avance tous les jours. Et puis, il y a peut-être des exceptions ? Des personnes diagnostiquées schizophrènes qui ne prennent plus de traitement médicamenteux et qui se portent très bien. S’il y a des lecteurs dans ce cas, manifestez-vous en commentaires. Le cerveau est tout le temps en train d’évoluer, alors pourquoi pas ?

Malgré tout, les médecins m’ont toujours dit, qu’en l’état actuel des connaissances scientifiques, ce n’était pas une maladie curable. Que la recherche manquait de moyens.

Je continue alors, trois fois par jour, à prendre mes comprimés. Pour être le plus stable possible. Même si souvent le matin, j’ai des haut- le-cœur, en les avalants.

Crise de schizophrénie aigue, sur un chantier de fouilles archéologiques

Chantier de fouilles archéologiques

Chantier de fouilles archéologiques

Il y a 20 ans, j’ai subi ma deuxième crise de schizophrénie aigue. Il m’a fallu tout ce temps pour l’évoquer sans trop souffrir, sans être envahi par la honte. J’étais âgé de 20 ans et je n’avais aucun traitement. J’étais juste suivi par un psychiatre.

C’était l’été, il faisait chaud, et je m’étais proposé comme bénévole sur un chantier de fouilles archéologiques, à quelques kilomètres de chez mes parents. A cette époque, je vivais encore chez eux.

Je me rendais sur le chantier à pied. J’avais déjà de grosses angoisses, lorsque je m’éloignais de ma chambre. C’était une vraie torture de sortir de cette dernière. Pourtant, j’étais encore combatif, prêt à lutter contre mes angoisses.

Je restais quelques heures sur le chantier de fouilles archéologiques, à gratter le sol, par strates successives, avec une truelle.

Mon état psychique, était de plus en plus préoccupant. En plus des angoisses, j’étais traversé par des délires mystiques, qui finirent par prendre complètement le contrôle de moi.

Je souffrais comme jamais. Au bout d’une dizaine de jours, après mon arrivée sur le site, la souffrance, les délires et les angoisses m’ont fait exploser. Je me suis dirigé vers la responsable du chantier, je suis alors lourdement tombé, comme si mes jambes ne pouvaient plus me porter. Une fois relevé, je me suis mis à hurler à la mort. Elle prit peur. J’ai alors déambulé sur le chantier, en me cachant les yeux avec mon bras, évitant miraculeusement les trous d’un mètre de profondeur, ne voulant plus rien voir.

Tous les bénévoles et les responsables étaient effrayés par mes hurlements, qui venaient du plus profond de mon être. Ils finirent quand même par me saisir par les bras.

Avec la force d’un dément, je réussi à me libérer. Alors qu’ils allaient appeler la police, je me suis sauvé. Ils ne me revirent jamais.

Je fus hospitalisé en psychiatrie, sous la contrainte, quelques semaines plus tard.

Journée de la schizophrénie

Journée de la schizophrénie

Journée de la schizophrénie

Je suis sorti dehors ce matin. Un froid glacial m’a piqué jusqu’à l’os. J’ai réajusté mon écharpe, pour me protéger. Cette journée de la schizophrénie est étrange. Je marchais dans la rue, seul. Il n’y avait pas âme qui vive. Je me suis alors demandé, si je n’étais pas mort, tel un fantôme, dans une autre galaxie. Cela fait quelques jours que je n’ai parlé à personne. Je vis reclus dans mon appartement.

Souvent des odeurs de cuisine arrive jusqu’à moi. L’immeuble est très mal isolé. L’hiver, je n’arrive pas à monter à plus de 17 degrés, sans exploser mes factures d’électricité.

Cette journée de la schizophrénie est un bon moyen de parler de cette maladie, qui n’est pas rare, mais qui est très mal connue. Elle fait peur, mais dans la plupart des cas, un schizophrène est uniquement dangereux pour lui-même.

Il y a quelques jours j’avais rendez-vous chez ma psychiatre. C’est une femme qui doit avoir 50 ans. Tous les mois, j’ai droit à mon ordonnance de pilules de toutes les couleurs. Je prends les rouges pour garder un esprit plus ou moins clair, les vertes pour lutter contre les angoisses, et les jaunes, pour ne pas déprimer, et cela fait 20 ans que cela dure.

J’ai connu plusieurs hospitalisations en milieu psychiatrique. Je suis tombé dedans, lorsque j’avais à peine 20 ans. C’est un monde que l’on découvre, dans la douleur, et une barrière que l’on franchit pour toujours. Il n’y a pas de guérison totale.

La journée de la schizophrénie, pour moi, c’est tous les jours. J’aimerai que plus de personnes lisent mon blog, pour toucher du doigt cette pathologie, et qu’ils arrêtent d’avoir peur.

Demain, une nouvelle semaine va commencer. Je vais devoir sortir de chez moi, angoissé, et dans la souffrance. Je voudrai tellement me reposer, sur une plage de sable fin, au soleil…

Avaler des pilules à en vomir

Avaler

Avaler

J’ai de plus en plus de mal à avaler les pilules le matin, mon corps ne les supporte plus. Cela fait 20 ans, que tous les jours, je fais le même rituel. Un verre d’eau et un comprimé à la fois, avec pendant de longues minutes, l’envie de vomir, et des hauts le cœur pendant quelques secondes.

Toutes mes journées commencent ainsi. Après j’avale des litres de liquide, du coca zéro, en même temps que j’utilise ma cigarette électronique. Cela m’occupe.

Le matin, je vais dans une association de patients, située à 10 minutes en voitures. C’est mon père qui me conduit. Je suis trop angoissé pour prendre le bus.

Je n’y reste jamais trop longtemps. Je discute avec les uns et les autres, pendant une petite heure. Pour retourner chez moi, j’arrive à monter dans l’autocar. Je m’installe derrière le conducteur, pour ne pas à avoir à croiser le regard des autres voyageurs.

Une fois rentrer dans mon appartement, derrière la porte que je viens juste de fermer, je pousse un « ouf » de soulagement. C’est un peu le seul lieu sur terre, ou je me sens en sécurité.

J’allume alors la télévision. Il fut une époque, je ne pouvais même plus la regarder. On s’adressait à moi, à travers les images. C’était insupportable.

J’interprétais aussi, les gestes des gens dans la rue. Pourquoi me disaient-ils cela ? Je n’étais pas stabilisé. J’étais au bord de l’explosion. Il n’y avait que dans ma chambre ou je ne me sentais pas agressé.

A cette époque, je n’avais pas de traitement médicamenteux. Même mes parents m’agressaient, à travers l’interprétation que je faisais de leurs propos. J’avais développé une haine à leur encontre.

Il a fallu une hospitalisation en milieu psychiatrique, et avaler pendant des années des antipsychotiques, pour que je retrouve un peu la raison.

Crise de schizophrénie aiguë à la montagne

Crise de schizophrénie aiguë

Crise de schizophrénie aiguë

Cela fait 20 ans maintenant, que j’ai fait ma première crise de schizophrénie aiguë. Ce fut un véritable cataclysme dans ma vie. C’est après cet évènement, que la souffrance latente s’est exprimée pleinement. J’ai eu mes premières crises d’angoisse et mes premières, terribles boules au ventre, quelques jours après ma première crise de schizophrénie aiguë. Je n’avais jamais connu de telles souffrances, bien que je ne fusse pas bien depuis plusieurs mois.

Cette première crise de schizophrénie aiguë, s’est déclenchée en vacances, avec ma famille, un hiver à la montagne. Cela faisait plusieurs mois que j’étais délirant, tout en arrivant à donner le change, dans les discussions avec les autres. Je ne dormais plus la nuit, je délirais…  Un soir donc, alors que dehors tout était immaculé de blanc, éclairé par la pleine lune. Je me suis mis à déambuler à l’intérieur de l’immeuble, dans lequel ma famille et moi avions un appartement. Arrivé au sous-sol, je savais que j’allais exploser. Je me suis alors mis en quête d’un lieu plus approprié, pour hurler et me débattre avec les pompiers…

A partir de ce moment, mon ancienne vie était morte. Je naissais dans la douleur, une seconde fois. Plus rien ne serait comme avant. Je venais de perdre définitivement mon insouciance, mon espérance…

Quelques mois plus tard, j’ai réussi à reprendre des études, mais j’étais en morceau, angoissé pour le moindre détail…

Cette crise de schizophrénie aiguë, a fait exploser mon âme. Depuis, je ne suis plus que l’ombre de moi-même.

Il n’y avait qu’un traitement, à base d’un puissant neuroleptique, qui pouvait me permettre de juguler les délires.

Malheureusement pour moi, il a fallu une deuxième crise de schizophrénie aiguë, deux ans plus tard, pour que ce puissant neuroleptique me soit prescrit.

Depuis j’essaye de me reconstruire, sans y parvenir.

Etre hospitalisé

hospitalisé

hospitalisé

Hier soir, j’ai cru que j’allais être hospitalisé. La pression est montée au fur et à mesure dans la journée. Une idée envahissante, le matin d’abord supportable, a commencé à devenir de plus en plus forte. Le midi, je ne pensais déjà plus qu’à cela. Comme si ma vie tout entière était en jeux. Je ne savais plus faire la part des choses pour m’en sortir. Je ne pensais pas encore à être hospitalisé, mais  j’étais déjà dans un terrible état psychique. Dans ma tête, une seule pensée. Un message peut être important, que j’avais effacé sur mon répondeur, la veille, avant de l’avoir écouté. Comment m’en sortir ? Dans ma tête, je ne pensais plus qu’à cela. J’avais beau me répéter que c’était un ancien message que j’avais effacé, mais rien n’y faisait. Je n’étais plus sûr de rien. Ma vie ne tenait qu’à un fil. Plus rien n’était stable. J’avais peur de tout. J’étais fortement angoissé. L’après-midi, bloqué dans mon appartement, je n’osais plus sortir dans la rue. Je commençais à tourner en rond dans mon appartement. C’était horrible.

Vers 19 heures, j’ai fermé tous les volets de mon appartement. J’ai pris mon traitement. D’habitude, je m’endors quelques minutes plus tard. Mais dans mon lit, le sommeil ne venait pas, malgré les puissants sédatifs. J’ai pensé à ces nuits blanches, à délirer, avant d’exploser et être hospitalisé, que j’avais connu il y a quelques années. Cette soirée en prenait la tournure.

Vers 22h00, après avoir imaginé le pire, je me suis décidé à prendre 2mg de Temesta supplémentaires. Je les aie mis à fondre sous ma langue, pour qu’ils agissent plus vite.  C’est ce que j’avais à faire de mieux. M’assommer un bon coup. Je ne me souviens plus trop de de la suite. Je me suis endormi.

Les pompiers sont venus me chercher

Pompiers

Pompiers

J’ai la tête dans un étau et mon corps est tendu. C’est très désagréable comme sensation. J’ai peur d’exploser. De perdre le contrôle de moi… Avant d’avoir un traitement, cela m’est déjà arrivé de faire une crise de schizophrénie aigue, et de me mettre à hurler dans la rue. Il faisait nuit noire. Bien sûr, les pompiers étaient arrivés. L’un d’entre eux, le plus gradé surement, avait commencé à me parler. J’étais tellement délirant que je l’avais pris pour le Christ. Ils m’avaient emmené de force dans leur camion, dans une sorte de camisole chauffante. Je ne pouvais plus bouger mais je me sentais bien.

Aux urgences, je commençais à me sentir très mal et j’ai eu droit à une piqûre massive de Tercian dans la fesse. Tout mon monde était en train de s’effondrer, tous mes délires étaient confrontés à la dure réalité. La conscience que quelque part, mes hallucinations n’étaient pas réelles.

Les pompiers avaient laissé place aux médecins, et après cette piqûre dans les fesses, c’est un  ambulancier qui m’emmenait je ne sais où. Il était assez corpulent, bien plus que moi, au cas surement ou j’aurais eu des envies de m’enfuir. J’étais à l’arrière de l’ambulance, libre de mes mouvements, au moins dans la voiture…

L’ambulancier me demandait régulièrement si je me sentais bien. Au bout de quelques minutes, une sensation de souffrance intense s’est manifestée.

Nous avons alors fait une halte dans un lieu médicalisé. Il n’y avait pas de pompiers ni de médecins. Juste une infirmière un peu paumée, qui devant ma souffrance intense, m’a tendu un gobelet en plastique. Je n’ai pas eu le temps d’avaler ce qu’il y avait dedans, la souffrance était tellement forte, que je suis tombé dans les pommes.

Le surlendemain, je me suis alors réveillé dans un lit. J’étais en caleçon. Je me suis levé, il faisait jour. Les murs étaient peints en blancs. Je me suis aventuré dans le couloir. Un homme en blouse blanche m’a adressé la parole. Je ne me souviens plus ce qu’il m’a dit mais c’est là que j’ai compris. J’étais dans un hôpital psychiatrique.

Solitude d’un schizophrène

Solitude d’un schizophrène

Solitude d’un schizophrène

La pluie tombe de manière discontinue depuis un bon moment. Je suis dans mon appartement, bien à l’abri, seul comme toujours. Je commence à apprivoiser cette solitude. Les silences ne sont perturbés que par le son de la radio. Je souffre de phobie sociale. Aller vers les autres est une angoisse à chaque fois. Ce matin, je me sens entier et presque heureux. C’est assez étrange. La schizophrénie m’a aussi appris que la souffrance pouvait survenir à chaque instant, à cause d’une contrariété, d’un stress… de manière disproportionnée, m’obligeant à me réfugier dans mon lit des heures entières.

Dans ma tête, les idées envahissantes sont un vrai enfer. Toute la journée, elles peuvent tambouriner, boum boum boum, cognant encore et encore. Dans ces moments-là, j’essaie de distraire mon esprit, en regardant la télévision. Ça ne marche pas vraiment.

Le repli sur soi, la solitude est mon quotidien.

Par la fenêtre, je vois que la pluie a cessée. Je vais peut-être pouvoir sortir quelques minutes, histoires de voir si j’y arrive encore.

Par la fenêtre encore, je viens de voir passer une bien belle voiture. C’est tout ce monde qui tourne autour de moi et auquel je n’ai pas accès. A l’intérieur il y avait un couple et leurs deux enfants. C’est toute cette vie qui me fait envie et que je n’aurai jamais.

Quand je me m’observe dans mon miroir le matin, je vois quelqu’un de fracturé. Quelqu’un qui ne sait pas trop où il va. Alors, je détourne le regard, pour ne pas avoir à affronter cette terrible angoisse.

Quand je marche dans lotissement, je me demande toujours si les voisins à qui je dis bonjour, savent que je suis schizophrène. S’ils connaissent ce terrible secret. Ils doivent bien se rendre compte que je suis atypique, sans travail, seul, toujours à pied. Pourtant, je suis toujours souriant, comme si de rien n’était.