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Mon rendez-vous chez le psychiatre

Je parle sous le coup de l’émotion, je viens de voir mon psychiatre. Il a été identique à lui-même. Il écoute, pose deux ou trois questions. Au final, j’ai l’impression que son seul critère, pour savoir si je vais bien ou pas, c’est si j’arrive à sortir de chez moi et si j’ai une vie sociale un peu plus riche. Il veut donc savoir ce que je fais.

Ça commence à devenir pénible. Il me demande de faire des efforts avec toujours ce ton un peu condescendant. Faut dire qu’il a du style, c’est un grand brun d’une cinquantaine d’années, toujours tiré à quatres épingles. Il est charismatique et gagne beaucoup d’argent, 60 euros pour 20 minutes de consultation. Il conduit une belle voiture, un 4*4 de marque étrangère. Il est lisse comme un serpent et a réponse à tout.

Bref, vous l’aurez compris, je suis un peu agacé de devoir lui rendre des comptes. C’est un peu la lutte des classes aussi.

Heureusement que dans la médicamentation, il connait son travail. Régulièrement je lui demande si de nouvelles molécules sont sorties et ses réponses sont toujours négatives.

Le conseil du jour a été de me faire un emploi du temps lorsque mes parents sont à l’étranger. C’est vrai que se sont des semaines pendant lesquelles je peux être très angoissé.

Bien que je ne vive pas avec ces derniers, je les vois tous les jours. Ils sont un repère importants et j’angoisse à l’idée de ne plus pouvoir compter sur eux.

Il faut donc que je me programme des activités, les moments ou ils sont à l’étranger, pour éviter que la journée ne soit un grand vide.

Je vais essayer, il a quand même fait 11 ans d’études. Il ne peut pas être complètement toxique.

C’est un peu étrange de parler comme cela d’une personne que l’on paye pour avoir une aide mais je me sens angoissé à l’idée d’en voir un autre.

Les psy

Aujourd’hui ça va mieux, mon esprit et mon corps ne me font pas souffrir. Je suis même zen. Bien sûr je m’ennuie un peu, je tourne en rond. J’ai envoyé un sms à Caroline, comme depuis plusieurs jours. Aujourd’hui, elle ne m’a pas répondu. Je crois que mon insistance la soule un peu. J’en resterai là bien que cela m’énerve un peu.

Quand on est seul, le moindre petit contact a de l’importance et plus encore lorsqu’il s’agit d’une jolie femme.

Il faut accepter de ne pas forcement plaire à tout le monde. Je suis très fier avec les femmes. Ça ne passe pas toujours forcement bien.

Demain, j’ai rendez-vous chez mon psychiatre. Je n’attends plus grand-chose de ces séances qui sont de 20 minutes montre en main.

C’est surtout pour avoir mon traitement. J’ai beaucoup mûri depuis que je le vois mais j’impute cela aux efforts que j’ai faits sur moi-même.  Ces conseils sont bien gentils mais comme il ne me donne pas le moyen d’y parvenir, c’est un peu facile. Moi aussi, face à un dépressif, je suis capable de dire «  profitez des petits bonheurs de la vie » ou alors « sortez » à quelqu’un qui reste chez lui. C’est un peu comme si mon psychiatre construisait un château de sable dans ma tête. Au premier coup de vent, tout est balayé.

On m’a plusieurs fois conseillé de changer de spécialiste mais je suis comme pris dans une toile d’araignée.  Il a un côté rassurant, bienveillant, me connait par cœur et je pense qu’avec un autre ce serait pire.

J’en ai un peu assez des psychiatres qui au final ne règlent pas les problèmes. J’ai vu aussi des psychologues. On a plus de temps, souvent 40 minutes mais ce n’est que du blabla. Je pense que l’on ne change pas, on reste le même, c’est plus ou moins gravé dans le marbre.

Rendez-vous chez mon psychiatre.

psychiatre

Aujourd’hui je devais voir mon psychiatre. C’est un homme d’une cinquantaine d’années. Toujours sûr de lui, assis dans un fauteuil confortable, devant un bureau, face à moi. La première chose qu’il me demande à chaque fois, c’est « comment allez-vous ? ». Il écoute pendant quelques minutes puis fait le tri dans mes propos et en décortique le sens. Il donne alors quelques conseils, assez techniques que je dois souvent faire répéter dans un langage un peu plus clair. Il est détaché de mes souffrances. Je ne lui en veux pas, il ne peut pas porter toute la misère du monde.  Les séances durent vingt minutes, c’est un peu court je trouve. Pourtant,  sa simple présence me rassure, je lui donne peut être des pouvoirs de guérisseur qu’il n’a pas. En même temps, il me prescrit mon traitement et l’ajuste en fonction. C’est sur cette partie des soins qu’il est le plus utile, bien que la médecine ne soit pas une science exacte.

J’ai l’impression d’avoir beaucoup évoluer depuis toutes ces années de consultations. Je pense avoir grandi et avoir fait un gros travail sur moi, malgré la maladie. Il y a des symptômes qui ne peuvent pas se soigner, mais sur lesquels on peut travailler quand même, comme les angoisses, qui doivent être affrontées. La vie sociale qu’il faut développer. Des nouveaux traitements médicamenteux, seraient les bienvenus…  En effet, les thérapies analytiques ont leur limite lorsque l’on est schizophrène.