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Luttons contre la stigmatisation des personnes souffrant de schizophrénie

Cet après-midi, à une heure de grande écoute sur une chaine d’information en continu, on a pu voir l’interview d’un schizophrène. Le but de cette entretient était de lutter contre la stigmatisation dont les schizophrènes sont victimes. Cet homme donc, qui a entre 30 et 40 ans, a expliqué son parcours. Sa première crise, le diagnostic tardif…  Et sa stabilisation grâce à un traitement médicamenteux. Aujourd’hui il travaille comme aide-soignant.

Stigmatisation schizophrénie
Stigmatisation schizophrénie

La journaliste, médecin de surcroît, a rappelé la non dangerosité dans 99 pourcents des cas des personnes atteintes par cette pathologie.

L’intervieweuse a insisté pour dénoncer un cliché qui a la vie dure. « La schizophrène serait un dédoublement de personnalité ». Ce qui est totalement faux. Nous ne le redirons jamais assez.

Je fus très heureux de voir ce sujet abordé à la télévision.

Même si cela a réactivé quelques-uns de mes délires et m’a éloigné de réalité pendant quelques minutes. Je me suis souvenu de ma période estudiantine. De ces classes ou j’avais l’impression que tout le monde parler de moi de manière hostile. C’était tellement envahissant est insupportable que je devais sortir de salle. A la limite d’exploser.

Aujourd’hui, avec les médicaments, je pense être stabilisé. Même si très souvent dans la rue, je m’imagine croiser Dieu, incarné dans tel ou tel personne.

Ce matin, j’ai quand même eu motivation d’aller courir un peu. Cela m’a fait beaucoup de bien.

En cet fin d’après-midi ou le soleil brille, je tourne un peu en rond. Il va être l’heure d’avaler mes comprimés du soir. Je vais essayer de rester humble et de ne pas me laisser envahir mes délires de toute puissance. Cela me nuit beaucoup dans mes relations avec les autres, et les délites. Il faut que je me dise régulièrement dix fois dans ma tête, que je suis un humain comme les autres.

2.5 mg de Temesta

temestaTrois jours que je n’ai eu aucune discussion de plus de trente secondes avec quelqu’un. Je viens de prendre 2.5 mg de Temesta, j’ai un peu la tête qui tourne. C’est une grosse dose, même pour moi.

Ma famille est partie en vacances. Je ne sors plus donc de chez moi, trop angoissé. Je vais juste m’occuper de leur chat. Il est toujours content de me voir et frotte sa tête contre ma jambe. J’en ai assez de cette vie de reclus ou mes déplacements sont très limités.

Je peux contempler l’inutilité de mon existence. Quand j’étais délirant je me prenais pour Dieu. Je souffrais beaucoup alors je ne veux revivre ces moments même si je me pensais important.

J’étais aussi, très euphorique alors qu’aujourd’hui je suis assez apathique. Cela fait plusieurs années que je suis aussi nerveux qu’un limasse.

Quelque fois, je me dis que si les hommes avaient mis autant d’énergie à faire la guerre qu’à trouver des solutions pour guérir les maladies, comme la mienne, je ne serais peut pas comme cela.

J’ai essayé de puiser au fond de moi la force pour rebondir, sans résultats.  J’ai déjà entendu des histoires de schizophrènes qui arrivent à avoir une vie normale. Cela laisse rêveur…

De mon côté j’essaie juste d’atténuer les souffrances. Mon psychiatre a autant de compassion qu’un gardien de prison. Trop habitué à entendre les gens se plaindre, des fois il sourit.

Je n’ai plus confiance en tous ces médecins. Ce n’est pas le premier qui se comporte de la sorte. Je suis un peu énervé.

Ils savent qu’ils ne peuvent pas faire grand-chose. Juste toucher les 60 euros de la consultation.

C’est une véritable cash machine pour eux. Je suis épuisé de ce système. La bible c’est les médicaments, c’est tout ce qu’ils savent faire.

J’en avale neuf par jour. Je fais marcher les pharmaciens, les laboratoires et les médecins qui vivent grassement.