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Je suis schizophrène et j’imagine toujours le pire

Ce matin, les choses ne vont pas trop mal. Je tourne quand même un peu en rond. Comme souvent. De plus, une douleur à l’articulation gauche de la mâchoire, depuis quelques jours, m’a poussé à faire quelques recherches sur internet. Je n’aurai pas du. Je suis maintenant persuadé que cela est grave. Et d’après ce que j’ai lu, ma mâchoire pourrait se bloquer m’interdisant de m’alimenter normalement. J’imagine toujours le pire.

j’imagine toujours le pire
j’imagine toujours le pire

Il y a une heure, je suis sorti un peu dans mon lotissement. Il n’y avait pas grand monde. J’ai salué deux trois voisins. Je n’avais pas vraiment envie de discuter. Je me suis alors contenté d’un simple signe de la main.

Malgré tout.

Je pourrais dire ce matin que je suis heureux. Même si pour mon futur, j’imagine toujours le pire. Je voudrais éviter une nouvelle hospitalisation en milieu psychiatrique. Cela dépendra en grande partie de ma capacité à ne pas trop interpréter les propos des autres. Encore hier, les paroles d’une voisine résonnent dans ma tête, lorsqu’elle m’a dit « soigne toi !!! ». Il s’agissait de mon genou heureusement. Mais moi, dans le flot de la discussion, je l’ai pris comme une mise en garde, concernant mon état psychique. J’imagine toujours le pire.

Dans quelques jours.  

Mardi pour être plus précis. Je vais retourner à l’association de patients. J’éspere arriver à prendre le bus pour m’y rendre. Ce n’est pas une action qui va de soi. Il y a le regard des autres passagers, qu’il faut éviter. Ainsi que les crises d’angoisses qu’il faut juguler. Je me suis déjà retrouvé enfermé dans un train. A devoir les gérer. Ce fut l’une de mes pires souffrances. J’ai vraiment cru que j’allais mourir. J’étais comme un papillon pris dans une toile d’araignée. Sachant d’avance, qu’il allait être dévoré. Depuis, je n’ai jamais repris ce moyen de locomotion. Cela fait 20 ans.

Je souffre de phobie sociale et noël est là

Les fêtes de noël sont presque là. Je suis plutôt joyeux.

Ce n’était pas trop le cas il y a quelques jours. Un soir, soudainement, une grosse angoisse est venue me rappeler que rien n’est jamais gagné. Dans ces moments-là, plus rien n’a d’importance, si ce n’est comment gérer au mieux cette situation. Ça a duré quelques heures. Le temps que le sommeil me gagne.

Noël
Noël

Le lendemain matin, j’avais retrouvé mes esprits et un peu de sérénité.

Comme tous les ans, une partie des festivités de noël auront lieu dans ma famille, à plusieurs dizaines de kilomètres de mon appartement. Trop angoissé à l’idée de quitter mon quartier, je n’y vais plus. Je reste tout seul. C’est un peu triste. Cette année quand même, pourquoi pas ne pas essayer de voir mes proches ? J’ai juste peur de faire une grosse crise de panique. Il faudrait que je me réhabitue progressivement à y aller.

Pour la soirée du 31 décembre. Je le faisais avec des amis. Beaucoup ont quitté la région… Cependant me retrouver tout seul ce soir-là ne me gêne pas.

Je me rends compte quand même que j’évite toutes les situations qui m’angoissent. Mon psychiatre m’avait dit que je souffrais de phobie sociale.

Dans un premier temps, j’avais essayé de me battre contre moi-même, pour capituler finalement.

Malgré tout, en me baladant des les magasins de mon quartier, j’ai été pris par l’ambiance de noël. Il y a encore quelques mois, je voulais mourir au plus vite. Mais depuis peu, les choses ont changé. J’ai envie de vivre le plus longtemps possible.

Et puis ma famille, je la verrais un peu quand même le 24 au soir. Chez mes parents qui habitent mon quartier. Il y aura ma sœur et mon frère. C’est déjà ça. Une soirée à manger jusqu’à n’en plus pouvoir.