Archives de catégorie : Métaphysique

Dieu me harcèle

Dieu

Dieu

Le soleil réchauffe mon petit appartement. Dieu m’influence dans tous les petits gestes de la vie. Je n’entends pas de voix, mais c’est plutôt une directive qui s’impose à moi. Je dois suivre cette injonction, sous peine qu’un malheur vienne me frapper. C’est dur à vivre. J’ai l’impression d’être sans arrêt sous surveillance, avec des plaques d’égout à éviter, choisir un interrupteur plutôt qu’un autre, faire  le bien, ou penser une chose plutôt qu’une autre… D’autre fois je parle directement à Dieu, pour lui demander de l’aide. Je lui répète plusieurs fois mes doléances, puis je m’excuse de le harceler.

Ce matin, j’étais à l’association de patients, comme tous les jours de la semaine. Elle est fermée le weekend. Je peux donc me dire que je suis en repos. En effet, franchir le pas de ma porte et m’en éloigner, me demande toujours un gros effort. Cependant, le lundi matin, je suis quand même content de revoir du monde.

Là-bas, Dieu me laisse un peu tranquille.

Dans le bus que je prends pour revenir à mon domicile. J’essaie de m’installer toujours à la même place, derrière le conducteur. Parfois, je croise le regard d’un homme, souvent âgée, et un flash m’envahit. Je me dis que cet homme est Dieu, et que je l’ai repéré. D’une semaine sur l’autre, il peut choisir des apparences différentes, en changer d’enveloppe corporelle. Cela me perturbe beaucoup.

Quand J’étais en crise, je voyais même le tout puissant à la télévision, et c’est comme si il me parler, juste à moi.

Je devrais peut être demander à ma psychiatre, d’augmenter ma dose de neuroleptique.

Je commence juste à lui parler de tout cela.

Aujourd’hui, je n’ai pas pris de cannabidiol (CBD). Je ne sens pas le besoin d’en prendre, ni d’en racheter. Cela fait plusieurs mois que j’en consomme régulièrement.

Harcèlement de la petite voix que j’ai dans la tête

J’ai de la famille chez mes parents. Dans ces moment-là, je ne m’attarde pas trop. Ou plus précisément, je fais des allers-retours jusqu’à mon appartement, pour souffler un peu.

J’ai beaucoup de mal avec tout ce qui tourne autour de la vie en société. J’ai du mal à sourire, rire, échanger… Mais je fais des efforts.

Et puis je suis embêté, avec cette petite voix dans ma tête, qui m’oblige à faire une action avant une autre, à éviter une plaque d’égout, une  ligne blanche… Sous peine de subir les foudres divines. C’est du harcèlement quotidien

Demain matin, je pense aller à mon association de patients. Ca va me sortir un peu de chez moi. Les gilets jaunes ont perturbé un peu les bus, mais j’ai quand même toujours réussi à rentrer chez moi.

Bientôt les fête de fin d’année. La ville s’est parée, de guirlandes lumineuses en tout genre… Cela fait des années que je ne fais rien le soir du nouvel an. Je reste seul. Je m’achète un peu d’alcool, que je bois trop vite. Je me mets alors rapidement dans mon lit pour dormir.

Je ne vais pas tarder à retourner chez mes parents, aller voir ma famille. Peut-être seront-ils devant la TV. Je n’aime pas trop cela. Quand je suis avec d’autres personnes, je n’aime pas regarder le petit écran. Les différents sons qui en sortent, deviennent comme du harcèlement. Je prends les propos pour moi.

Je suis assez handicapé pour être honnête. Heureusement que j’ai des neuroleptiques. Ma vie est une plaie béante sans ces comprimés, que je prends en grande quantité, trois fois par jour. Je les ai toujours sur moi, pour la journée, au cas où.

De plus, je prends 3mg par jour d’anxiolytique, depuis 20 ans. Ce n’est pas bon pour la santé, mais j’en suis devenu complétement accro. Toutes ces pilules, m’ont été données sous la contrainte, pendant une hospitalisation en psychiatrie, alors que j’avais à peine 20 ans.

Ma petite voix me rend la vie impossible

Ma petite voix

Ma petite voix

Je ne me sens pas trop mal aujourd’hui. Bien sûr, j’ai toujours dans ma tête, ma petite voix qui me dit de ne pas marcher sur cette plaque d’égout, ou de ne pas faire cela… C’est épuisant, toute la journée !!!

Et puis, il y a le ménage chez moi, que je dois faire. A cause de ma cigarette électronique, que j’utilise toute la journée, tous les meubles sont un peu gras, ainsi que le vitrage de mes fenêtres…

Dans 1 heure, je vais aller manger chez mes parents. C’est un moment que j’apprécie. Les autres repas, ceux du soir et du matin, je les prends dans mon appartement.

Il y a une semaine, pendant toute l’après-midi, il y avait le propriétaire de mon appartement, ainsi qu’un technicien fibre, pour m’installer cette dernière.  Ce fut chaotique. Ils ont dû, au marteau et au burin, enlever du plâtre pour récupérer une gaine et passer le câble optique, jusqu’au local technique de mon immeuble. Au final, j’ai un débit internet impressionnant. Je suis content.

J’ai reçu ma fiole de CBD, il y a deux jours. J’en prends quelques goûtes de temps en temps, pour m’apaiser.

Mais ce qui me gâche vraiment la vie, c’est ma petite voix, toujours à me contrarier, dans tout ce que je fais, dans l’espoir d’être bien vu par le tout puissant. C’est stupide, mais je me dis que si je l’écoute, Dieu saura en tenir compte dans le futur.

En effet, je me dis que je porte ma croix, et que j’en serais récompensé.

C’est un peu de l’ordre du délire mystique.

J’en ai longuement discuté avec ma psychiatre. Elle a pris un bon bout de temps pour parler avec moi.

Demain, mon frère arrive chez mes parents pour le weekend. Nous avons deux ans d’écart, et sa visite prochaine me rend heureux.

Introspection dans une clinique psychiatrique

Introspection dans une clinique psychiatrique

Introspection dans une clinique psychiatrique

Parfois, lorsque je me demande depuis  combien de temps je vis, lorsque je fais une introspection de toutes ces années, depuis ma naissance, une angoisse m’envahit. C’est comme un grand vide. Je suis toujours seul, face à moi-même, et j’aurai 40 ans dans 1 mois.

Je me souviens de ce réveil. J’avais à peine 20 ans, et de ce lieu, un hôpital psychiatrique. Les draps étaient blancs. J’étais en caleçon vert, mais je ne m’étais pas déshabillé. On l’avait fait pour moi. J’avais fait une crise de schizophrénie aigue, puis un malaise. J’avais perdu connaissance.

Ce matin-là, il avait fallu que je sorte dans le couloir. Que je vois des hommes en blouses blanches, et d’autres qui étaient hagards, pour comprendre.

J’avais passé 3 jours dans ce lieu. Dans une région que je ne connaissais pas. J’étais en vacances avec mes parents.

Le premier soir, j’avais mendié un sédatif pour dormir. La nouvelle réalité dans laquelle j’entrais, était trop insupportable. Il fallait que je me mette en veille.

Je me voyais déjà passer de longue année dans cet endroit. Je n’avais pas encore revu mes parents.

Je me suis mis à inspecter les fenêtres. Elles étaient robustes, et permettaient à peine à un bras de passer. Ce n’était pas suffisant pour se faire la belle.

Heureusement, il y avait une pièce avec une télévision, pour passer le temps et se changer les idées.

C’est dans ce genre de lieu, que l’on peut faire une introspection, sur ce qui l’on est vraiment. Il n’y a quasiment rien à faire, et coupé du monde, dépendant pour sa liberté d’autrui. On se retrouve face à soi-même.

Heureusement, le troisième matin, j’ai enfin pu voir mes parents. Le soleil était aussi là. J’ai pu quitter cette hôpital, tremblant qu’au dernier moment, l’on change d’avis et que l’on me garde.

Les autres n’existent pas

les autres

Les autres

Parfois, lorsque je me promène dans la rue, je me demande si les autres existent vraiment. Je m’interroge sur mon existence. La réalité me parait s’éloigner, et le sol sur lequel je marche, n’est peut-être, avec tout ce qui m’entoure, qu’une grande illusion. Il y a quelqu’un qui tire les ficelles, il m’observe… Il place un environnement autour de moi. Il appuie sur mon ventre ou sur ma tête pour me faire souffrir.

Angoissé, je regarde dans mon sac pour savoir si j’ai bien pris mes médicaments ce midi. Mais non, ce n’est pas cela. Pourquoi je me sens si seul. Les autres sont si loin. Il faudrait que j’aille voir  quelqu’un, discuter un peu pour remettre ma tête à l’endroit.

Mais peut être à la fin, lorsque mon dernier souffle arrivera. Je me réveillerais, comme pour une fête surprise, des gens seront là, ils m’applaudiront, et m’expliqueront tout. Je comprendrais alors que la vie n’était qu’un vaste canular.

Pour l’instant je dois composer avec les autres. Même si à certains moments, j’ai un grand doute sur leur existence.

Lorsque je suis seul dans mon lit, il m’arrive de joindre les deux mains, et de prier pour que mon existence soit moins dure. Mais je me ravise assez rapidement. Je ne veux pas me faire trop remarquer. Peut-être que les attentions de celui qui tire les ficelles, ne sont pas bienveillantes. Un peu comme lorsque j’écrase une grosse araignée, au moment de prendre ma douche.

Les autres, il faudrait que je les voie un peu. Ce n’est pas bon de rester seul trop longtemps. Mais chacun a sa propre réponse et est persuadé que c’est la bonne. En réalité, personne ne sait. Il n’y a que des imposteurs. J’ai peur de tout cela. Je suis le seul à être dans l’ignorance ?

Belle soirée

La matinée avait bien commencée. Le midi fut un peu plus dur avec l’envie de me mettre la tête à l’envers. Quatre bières ont suffi à épancher ma soif.

Quelques heures plus tard et après un repas de famille sympathique, je me sentais coupable de mettre laissé aller à l’ivresse.

En fin de journée et de retour chez moi, j’étais de nouveau bien. Calme, détendu, intéressé par les programmes télévisuelles, je passais le temps sans que le sommeil ne soit une échappatoire à ma souffrance.

Enfin, je verrai le soleil se coucher. Le cerveau est un mystère insondable. Il est d’autant moins facile à comprendre lorsqu’il est cabossé.

Pourquoi m’épargne-t-il aujourd’hui ? Je regarde les étoiles et je suis heureux. Je veux croire qu’il y a quelque chose qui nous dépasse dans cette immensité.

Je rêverais d’aller y faire un tour et d’être confronté à quelque chose de plus fort que moi, qui d’un simple regard, aurait tout compris de ma personne.

Quelque chose qui connaitrait l’histoire de l’univers et me la conterait. D’habitude j’ai tendance à penser que nous sommes seuls et que nous devons nous débrouiller par nous-même mais pas ce soir.

En regardant le ciel étoilé, je me sens tout petit. Il y a quelque chose qui nous appelle dans cette immensité. L’instinct et la curiosité nous pousse à aller voir.

J’ai déjà hurlé ma rage et ma colère en direction des étoiles mais rien ne m’était apparu, juste un grand silence. Peut-être, si je chuchote lors d’une belle soirée…

Je ne sais pas si nous allons quelque part ou si nous sommes des bêtes un peu évoluées qui allons saccager notre planète et mourir. En y pensant, la deuxième hypothèse me plonge dans la tristesse.

J’espère mieux que le vide, l’immense solitude et aucun avenir. Juste une petite lueur d’espoir d’une communion me ferait faire cette nuit de beaux rêves.