1000 morceaux de cervelle

1000

1000

Le soleil brille de 1000 feux et fait fondre la route qui ce matin était encore glissante. Je me suis réveillé de bonne heure, vers 7 heures, avec toujours ces comprimés à avaler, sans vomir.  A force, je ne les supporte plus.

Ce matin, j’étais vraiment en 1000 morceaux. Excité par les antidépresseurs et en même temps, j’avais l’impression d’être au bord d’une falaise, prêt à dégringoler, ou tout du moins, à tomber de quelques mètres encore.

Mon cerveau était comme ouvert en deux, en trois en quatre… Comme une bouteille en verre, qui explose en 1000 éclats, lorsqu’elle touche violement le sol.

Je ne suis vraiment pas sur la bonne voie. J’ai des angoisses qui me paralysent, comme un tétraplégique. Toute action, que je mets en place, me fait craindre d’être le responsable d’une catastrophe.

Y aura-t-il, un moment dans l’infini de temps, où je serais bien ? Après ma mort ?

Pour l’instant j’attends. C’est tellement dur et pourtant, j’ai l’impression que le pire est à venir.

Cet après-midi un ami doit passer me voir. Je l’espère, pas trop longtemps. Je ne supporte pas d’être envahi dans mon espace. Je commence déjà à préparer une excuse pour le faire partir, au bout d’un certain temps.

Le soir vers 18 heures, quand je suis seul chez moi, 1000 pensées désagréables envahissent mon cerveau. Je n’en peux plus, je ferme les volets et je me refugie sous une épaisse couette, dans mon lit.

Le lendemain matin cela recommence. Il y a comme un paysan qui laboure mon cerveau avec sa charrue. Je suis crispé. Les antipsychotiques m’éloignent des pensées délirantes, mais pas de la souffrance.

Je suis tendu comme un arc. J’aurai besoin d’un relaxant. De me sentir bien, juste une heure ou deux. Malheureusement, les anxiolytiques n’ont plus d’effet sur moi.

Schizophrénie et autonomie

Schizophrénie et autonomie

Schizophrénie et autonomie

Le matin, c’est le moment de la journée pendant lequel je suis le moins angoissé, et capable le plus d’autonomie.

Je vis seul dans mon appartement. Je me débrouille pour faire les courses, dans un supermarché à 5 minutes à pieds de chez moi. Tous les matins, réglé comme une horloge, j’y vais faire mon petit tour. A force, je finis par connaitre les caissières, et les clients du magasin, qui comme moi, attendent l’ouverture.

Passé la collation du midi, je suis plongé dans une souffrance intense. Je ne suis plus capable de faire grand-chose. Je m’installe dans mon canapé  et j’attends. Je regarde l’heure souvent. Je n’arrive plus à prendre le bus pour aller en centre-ville. Je suis comme momifié. Mon autonomie en prend un sacré coup. Pour mes rendez-vous à l’extérieur, je suis obligé de faire appel à mes parents, pour qu’ils me conduisent. Je suis trop angoissé à l’idée de sortir seul de chez moi.

D’un point de vue général, j’ai beaucoup de mal pour me déplacer. Je ne suis pas en fauteuil roulant, mais c’est les crises d’angoisses, qui me rappellent de ne pas trop m’éloigner de chez moi. Il faut que je lutte pour retrouver mon autonomie.

Souvent le soir, je ne mange rien. Je me suis habitué à ce mode de vie, et en plus, bien qu’ayant un traitement qui fait grossir, je ne prends pas de poids. Je mange un peu plus le midi.  Je cuisine assez souvent des plats à base de pâtes. C’est ce qu’il y a de plus simple et de moins cher.

Le soir vers 19 heures, n’en pouvant plus des pensées qui encombrent tout l’esprit, je vais me réfugier dans mon lit.

Mais vraiment, ce qui me fait le plus peur, c’est de me retrouver seul, sans les parents que j’ai encore la chance d’avoir. Le matin, je me réveille angoissé, à l’idée de de les perdre.

Avaler des pilules à en vomir

Avaler

Avaler

J’ai de plus en plus de mal à avaler les pilules le matin, mon corps ne les supporte plus. Cela fait 20 ans, que tous les jours, je fais le même rituel. Un verre d’eau et un comprimé à la fois, avec pendant de longues minutes, l’envie de vomir, et des hauts le cœur pendant quelques secondes.

Toutes mes journées commencent ainsi. Après j’avale des litres de liquide, du coca zéro, en même temps que j’utilise ma cigarette électronique. Cela m’occupe.

Le matin, je vais dans une association de patients, située à 10 minutes en voitures. C’est mon père qui me conduit. Je suis trop angoissé pour prendre le bus.

Je n’y reste jamais trop longtemps. Je discute avec les uns et les autres, pendant une petite heure. Pour retourner chez moi, j’arrive à monter dans l’autocar. Je m’installe derrière le conducteur, pour ne pas à avoir à croiser le regard des autres voyageurs.

Une fois rentrer dans mon appartement, derrière la porte que je viens juste de fermer, je pousse un « ouf » de soulagement. C’est un peu le seul lieu sur terre, ou je me sens en sécurité.

J’allume alors la télévision. Il fut une époque, je ne pouvais même plus la regarder. On s’adressait à moi, à travers les images. C’était insupportable.

J’interprétais aussi, les gestes des gens dans la rue. Pourquoi me disaient-ils cela ? Je n’étais pas stabilisé. J’étais au bord de l’explosion. Il n’y avait que dans ma chambre ou je ne me sentais pas agressé.

A cette époque, je n’avais pas de traitement médicamenteux. Même mes parents m’agressaient, à travers l’interprétation que je faisais de leurs propos. J’avais développé une haine à leur encontre.

Il a fallu une hospitalisation en milieu psychiatrique, et avaler pendant des années des antipsychotiques, pour que je retrouve un peu la raison.

Sous l’emprise d’antidépresseurs

sous l'emprise

sous l’emprise

Sous l’emprise antidépresseurs, je me montre plus jovial. Je dis bonjour à des gens que je ne salue pas d’habitude. En rentrant dans le bus ce matin, j’ai serré la main au chauffeur, qui est aussi un de mes voisins. Je me suis quand même installé à l’avant du bus, dans un coin, pour ne pas être confronté aux regards des autres. Je ne sais jamais comment faire, baisser la tête, regarder à droite ou à gauche…

J’ai quand même remarqué que sous l’emprise d’antidépresseurs, je me montre d’avantage euphorique. Je danse dans mon appartement, sans raison. Heureusement qu’il n’y a pas de cameras.

Malgré tout, les angoisses sont toujours présentes, si je dois aller au supermarché en pleine heure de pointe, je ne peux pas prendre de caddie. Je serais trop angoissé à l’idée de devoir attendre aux caisses. J’ai déjà eu le tour. La peur est tellement intense, dans la tête, que je pourrais faire un malaise, au moment de régler la note, ou avant.

Du coup j’achète de petites quantités, et je vais aux caisses automatiques.

C’est pareil pour le coiffeur. Même s’il n’est pas loin de mon domicile, j’ai des crises d’angoisses au moment de me faire coiffer. En effet, les cheveux mouillés, je ne peux plus partir, je suis coincer sur le fauteuil, pendant de longues minutes. De plus, il faut alimenter la communication. On me demande « Qu’est-ce que vous faites dans la vie mon bon monsieur ? ». Je ne sais jamais quoi répondre, alors je m’invente un métier, « animateur » je réponds souvent.

Et puis il y a mon visage dans le miroir. Je n’aime pas me regarder. Je me confronte à l’image que je renvoie, et c’est angoissant.

Sous l’emprise de médicaments, la vie est quand même moins dure que lorsque j’ai fait mes crises. Malgré tout, les pilules multicolores que j’avale trois fois par jour, sont loin de résoudre tous mes problèmes.

Quelle drogue pour être euphorique ?

Euphorique

Euphorique

« Euphorique », c’est le mot qui correspond le mieux à mon état ce matin. J’ai pris mon antidépresseur, et avec le temps, il me fait de plus en plus d’effet. Je me mets à danser, chanter ton seul dans mon appartement, un peu comme un fou. Il ne faudrait pas que quelqu’un me voit dans ces moment-là. Devant mon miroir, je me fais peur tout seul, en déformant mon visage.

Malheureusement, le soir, je ne suis pas du tout dans le même état d’esprit. Vers 17 heures, et même parfois beaucoup plus tôt, un voile sombre vient obscurcir mes pensées. Je me mets à avoir des angoisses, intenses. Je me dis qu’un drame va se passer, et je vais en être le responsable, parce que j’ai fait ceci ou cela, des choses anodines bien souvent. Je n’arrive pourtant pas à me raisonner, les idées envahissantes sont trop fortes.

En plus des angoisses, venant du ventre, une « envie de crever » assiège mes pensées, vers 18 heures.

J’essaie de tenir le plus longtemps possible, avant d’aller me réfugier dans mon lit. Car sous les draps, je donne de violents coups de poing dans mon matelas, avant d’être anesthésié, par de puissants neuroleptiques à effet sédatifs.

Je peux dormir 12 heures de suite sans me réveiller.

Lundi, l’association de patients que je fréquente, va rouvrir ses portes, après une semaine de fermeture. Cela va me faire du bien de voir d’autres personnes que mes parents, que je vais visiter 3 fois par jour.

Pour l’instant, je suis encore euphorique. J’ai du mal à rester en place sur mon siège et à écrire. Mon appartement baigne dans une agréable odeur de viande mijotée, peut-être du bœuf bourguignon. Ma voisine est aux fourneaux et les odeurs traversent les murs par la ventilation. N’ayant pas déjeuné, c’est assez alléchant.

Bonne année 2018

31 décembre

31 décembre

De mon côté, la soirée du 31 décembre 2017 s’est déroulée rapidement. Trop angoissé pour sortir chez des amis qui m’avaient invités en ville, je me suis fait passer pour pâle. J’avais senti l’angoisse monté dès le 31 au matin, au moment de faire mes courses. J’avais donc acheté une bouteille de bière, au cas où.

Le 31 décembre vers 18 heures, j’ai donc ouvert les 75cl de bière, seul, chez moi. J’avais récupéré un verre chez mes parents, spécialement pour boire ce genre de breuvage.

Au moment de prendre les médicaments du soir, j’avais déjà bu la moitié de la bouteille. C’est alors que me sont revenues les mises en garde de ma psychiatre, « ne pas boire d’alcool avec votre traitement ».

Un peu méfiant, j’ai quand même fini la bouteille.

J’ai commencé à me sentir mal. Mes parents étaient à 200 kilomètres, je ne pouvais compter sur eux. C’étaient des angoisses qui montaient, de plus en plus fortes. J’étais assez alcoolisé et je ne pensais plus qu’à une chose, faire baisser mon taux d’alcoolémie.

Il fallait que je dorme, pour faire passer le temps, sans penser aux risques que l’alcool mélangé aux médicaments pouvait engendrer.

Ce n’était vraiment pas une soirée de fête, ce 31 décembre 2017.

Il devait être 20 heures quand je me suis mis dans mon lit. Il fallait que je m’endorme le plus vite possible, et oublier cette soirée pour passer à 2018.

J’avais déjà vu dans l’après-midi, les villes de l’hémisphère sud comme Sydney, passer à l’année suivante, dans un concert de feux d’artifices et de pétards. Mais avec l’âge, l’excitation était de moins en moins forte.

J’espère que vos soirées du nouvel an ont été plus festives que la mienne, et je vous souhaite force sérénité, et santé, pour cette nouvelle année 2018.

La nicotine lorsque l’on est schizophrène

Nicotine

Nicotine

J’ai la tête qui tourne. J’ai trop utilisé ma cigarette électronique et la nicotine m’est montée au cerveau. C’est désagréable comme sensation. J’ai envie de vomir.

Il est déjà 17 heures. Je commence doucement à rentrer dans la nuit, qui peut durer jusqu’à 12 heures, sans interruption. Avec les 2 comprimés de 25 mg  de Tercian que je prends le soir, il n’y a rien d’étonnant. C’est un neuroleptique avec effet sédatif très puissant. La première fois que j’ai pris un comprimé de 25mg, je suis resté scotché dans mon canapé pendant 3 heures, comme cloué !!!

C’est un moyen facile pour gérer les patients, dans les hôpitaux psychiatriques.

La nuit est complétement tombée. Je reprends une aspiration de nicotine. La vapeur a envahi mon appartement, jusqu’à se déposer comme un film gras sur les fenêtres.

C’est le moment de la journée, pendant lequel tous les stimuli, radio, télévision, sonnette de porte, sont insupportables et vécus comme de vraies agressions. Je ferme alors tous les volets de mon appartement, et prie pour que personne ne téléphone ou ne vienne chez moi.

En générale, je ne tiens pas beaucoup dans ces conditions. Je reste un peu dans mon canapé à aspirer de la nicotine, et assez rapidement, entre 18 et 19 heures, je vais me réfugier dans mon lit. Là je n’ai plus de scrupules à en plus décrocher ou ouvrir une porte. Je ne dors pourtant pas tout de suite. Je peux, si je ne me sens pas bien, donner de violents coups de poing dans mon oreiller, jusqu’à ce que la fatigue soit la plus forte.

D’autres fois, je me lève et aspire un peu de nicotine, pour m’estourbir et faire venir le sommeil plus vite.  Bien souvent cela marche et je suis parti pour en pas me lever avec 6 heures du matin, 12 heures plus tard.

Ce qu’il ne faut pas faire lorsque l’on est schizophrène

Ce qu’il ne faut pas faire

Ce qu’il ne faut pas faire

Je viens de prendre trois Temesta d’un coup, en plus de ma prescription. Je ne risque pas la mort mais j’ai une furieuse envie de me mettre la tête à l’envers. Ça me prend parfois, lorsque la monotonie du quotidien est trop forte. Lorsque le soleil blême, éclaire une vie faite de souffrance et d’ennuie.

Il y a quelques mois, l’on pouvait encore trouver un dérivé d’opium, sans ordonnance en pharmacie, que je prenais de manière récréative. Ce qu’il ne faut pas faire. Pendant deux ou trois heures, j’étais bien, apaisé, comme dans du coton. Heureusement, j’ai arrêté avant de devenir accro. En plus, à force, cette molécule me donnait des angoisses.

En ce moment, il m’arrive d’aller acheter une ou deux bières, dans le supermarché pas loin de chez moi, en pleine après-midi. Ce qu’il ne faut pas faire tous les jours.

Je me méfie des drogues. Je me souviens de l’époque, pas si heureuse que cela, pendant laquelle je prenais du cannabis. Je n’étais même pas majeur, et surtout très bête. C’est à cause de cette substance, que ma schizophrénie s’est déclarée, du moins de manière si brutale.

Mais depuis quelques mois, je prends un antidépresseur. Il a fallu du temps pour qu’il agisse, mais maintenant je me sens guilleret. Il arrive que je chante tout seul dans mon appartement, ou que je danse, que je ne tienne pas en place… Et là, c’est une prescription de ma psychiatre.

Cela fait 30 minutes que j’ai pris mes trois Temesta, et je ne sens aucun effet. Je ne vais pas en prendre plus…

Dans une heure déjà, il fera nuit. Au premier étage de mon immeuble, je serai à l’abri des gens qui tournent autour. Il n’y a qu’une porte pour rentrer chez moi et elle est fermée à double tour.

Hier vers 18 heures, l’heure du crime

heures

Heures

Hier vers 18 heures, je n’en pouvais plus. J’étais dans mon canapé depuis le début de l’après-midi. J’étais bien sorti entre deux, pour m’acheter une bière dans le supermarché pas loin de chez moi. L’alcool m’avait fait du bien sur le coup, mais m’avait rendu triste et fragile dans un second temps. Je n’aime donc pas trop en acheter. Et puis les addictions se manifestent plus fréquemment chez les personnes qui souffrent de ma pathologie. Je fais alors particulièrement attention.

Hier vers 18 heures, j’ai pris mes comprimés du soir, dans une atmosphère intérieure triste et angoissée. Mon cerveau ne supportait plus aucune information. Tout devenait source de souffrance. Dans ces moment-là, je n’ai qu’un seul refuge, mon lit, en priant pour m’endormir rapidement.

Avec la dose assez levée de sédatifs que l’on me prescrit, je peux dormir 12 heures de suite.

Le lendemain, je me réveille angoissé. Il faut que je sorte de mon lit et que j’émerge, pour retrouver un peu de quiétude. Assez rapidement, je prends mes comprimés du matin. Oui, ma vie est rythmée 3 fois par jours par des pilules à avaler. Si je loupe un épisode, je m’en rends compte rapidement. Le manque me fait terriblement souffrir.

Je ne sors jamais chez moi, sans avoir mon pilulier rempli pour la journée. C’est comme une expédition, dès que je franchis le seuil de ma porte. Je soupèse ma poche de pantalon, pour être sûr que j’ai bien les clés de chez moi, et que je ne risque pas d’être enfermé dehors.

A l’extérieur c’est l’insécurité. Je n’y reste jamais très longtemps. Il y a les autres, leur regard que je ne sais pas gérer. Je les fixe, je tourne la tête, je regarde en haut en bas  à droite à gauche, je n’y arrive pas.

La douleur électrique me parcourt

douleur électrique

Douleur électrique

Aujourd’hui ça ne va pas. Une douleur électrique me parcourt le corps, jusqu’au cerveau.  Je suis comme anesthésié. Je me sens vide. Je me suis mis devant mon écran de télévision, sans succès, même pire, je n’en pouvais plus. Regarder des téléfilms sur noël me rendait nerveux. Tout ce bonheur de circonstance, étalé comme une crème au chocolat, me faisait souffrir d’avantage. J’avais presque envie de vomir.

Au réveil déjà, je savais que la journée n’allait pas être des plus épanouissante. Je m’étais levé du pied gauche. Mais la douleur électrique n’est venue qu’après le déjeuner. Ce matin donc, j’ai dû attendre que mon antidépresseur fasse effet pour me sentir un peu mieux. J’ai une relation très psychologique avec lui. Il suffit que je regarde le comprimé, avant de l’avaler, pour sentir joie m’envahir.

Mais là, en ce moment, l’envie de chanter a disparu, la douleur électrique l’a remplacé et le cerveau est pris en tenaille. Peut-être, si je prenais des antalgiques, je me sentirais mieux, mais non j’ai  déjà essayé, ça ne marche pas.

Il doit bien y avoir une solution, pour stopper cette douleur électrique intenable. Aller faire un tour dehors, dans le supermarché à 5 minutes à pieds de chez moi.

Oui je vais faire cela. Il faut que je sorte. Je vais acheter une bricole puis revenir.

Et puis il y a aussi se soleil d’hivers, que je finis par détester. Comme si ses rayons étaient eux aussi électriques.

La tension monte de plus en plus, au fur et à mesure que je me prépare à aller au supermarché. Je n’ai pas envie d’y faire une crise. Dehors, je me sens en insécurité. Le regard des autres m’agresse.

Il faut que je me conditionne. « Tu te sentiras mieux une fois que tu seras rentré » je me dis.