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Hier vers 18 heures, l’heure du crime

heures

Heures

Hier vers 18 heures, je n’en pouvais plus. J’étais dans mon canapé depuis le début de l’après-midi. J’étais bien sorti entre deux, pour m’acheter une bière dans le supermarché pas loin de chez moi. L’alcool m’avait fait du bien sur le coup, mais m’avait rendu triste et fragile dans un second temps. Je n’aime donc pas trop en acheter. Et puis les addictions se manifestent plus fréquemment chez les personnes qui souffrent de ma pathologie. Je fais alors particulièrement attention.

Hier vers 18 heures, j’ai pris mes comprimés du soir, dans une atmosphère intérieure triste et angoissée. Mon cerveau ne supportait plus aucune information. Tout devenait source de souffrance. Dans ces moment-là, je n’ai qu’un seul refuge, mon lit, en priant pour m’endormir rapidement.

Avec la dose assez levée de sédatifs que l’on me prescrit, je peux dormir 12 heures de suite.

Le lendemain, je me réveille angoissé. Il faut que je sorte de mon lit et que j’émerge, pour retrouver un peu de quiétude. Assez rapidement, je prends mes comprimés du matin. Oui, ma vie est rythmée 3 fois par jours par des pilules à avaler. Si je loupe un épisode, je m’en rends compte rapidement. Le manque me fait terriblement souffrir.

Je ne sors jamais chez moi, sans avoir mon pilulier rempli pour la journée. C’est comme une expédition, dès que je franchis le seuil de ma porte. Je soupèse ma poche de pantalon, pour être sûr que j’ai bien les clés de chez moi, et que je ne risque pas d’être enfermé dehors.

A l’extérieur c’est l’insécurité. Je n’y reste jamais très longtemps. Il y a les autres, leur regard que je ne sais pas gérer. Je les fixe, je tourne la tête, je regarde en haut en bas  à droite à gauche, je n’y arrive pas.

Extrême journée

Extrême

Extrême

Extrême fatigue ce samedi matin. C’est venu d’un seul coup. J’étais dehors chez mes parents quand c’est apparu. Je discutais avec ma mère et je n’arrivais plus à m’exprimer. De longues secondes passaient entre chaque mot. Mes phrases n’étaient plus fluides mais comme un long bégaiement. Il fallait vraiment que je rentre dans mon appartement pour me reposer.

Une fois chez moi, après ce moment extrême, je me suis mis dans mon canapé. Je n’avais plus la force de ne rien faire d’autre. J’avais la tête qui tourne, comme si j’étais dans un manège à sensation. Je déteste cela. Ça me donne envie de vomir.

C’est aussi le traitement extrême que je prends qui me fatigue. Toujours cette même boite que j’ouvre trois fois par jour, pour prendre mes comprimés. C’est devenu un rituel. Quand j’oublie, ce qui est rare, mon corps me le rappel. Je tremble, j’ai des crises d’angoisses et je suis en extrême souffrance. Avec le temps, je suis devenu dépendant aux anxiolytiques. Comment de si petites choses, 1mg, peuvent-ils avoir autant d’influence ? Il me faut ma ration, plusieurs fois par jour, en plus des neuroleptiques.

Hier, un violent orage est venu refroidir l’atmosphère. Dans mon appartement, il faisait trente degrés. Le matin, j’avais fait une prise de sang pour connaitre ma sérologie à la toxoplasmose. En effet, selon des études sérieuses, entre 16% et 37% des cas de schizophrénie, seraient dû à cette à cette infection parasitaire.  J’attends les résultats.

Demain, je vais passer mon dimanche seul. Je me suis acheté un morceau de viande pour me redonner un peu le moral. Ces moments d’extrême solitude sont réguliers. Trop d’angoisse pour sortir tout seul de chez moi ou appeler quelqu’un.

Pour l’instant, je vais essayer de profiter de ce samedi en famille. Ma grand-mère de 92 ans, est aussi extrême dans son cas. Elle doit venir manger avec nous chez mes parents. Elle est parfois de mauvaise humeur et tout le monde en prend pour son grade.

Hospitalisations en milieu psy

J’ai changé de psychiatre il y a quelques mois et je viens de récupérer mon dossier médical. Ce n’est jamais agréable de se replonger dans le passé, en consultant les lettres des médecins, relatives aux diverses hospitalisations. On peut y lire tout un charabia technique.

Hospitalisations en milieu psychiatrique

Hospitalisations en milieu psychiatrique

Avant cela le matin, j’avais repris le bus. Je n’ai pas aimé le bruit des uns et des autres à l’intérieur. Je suis vite contrarié.  J’aime le silence et quand tout est calme. Malgré tout je n’ai pas eu d’angoisses. Une adhérente de l’association dans laquelle je vais, était juste à côté de moi. Elle ne m’a pas vu. J’ai un petit doute. C’est une femme d’une trentaine d’années, avec des jambes interminables. Elle est généralement vêtue de manière assez vieillotte. C’est toujours une aventure, quand on veut communiquer avec elle. Elle n’est pas très bavarde et de sa bouche ne sortent que très peu de mots, assez secs. Je ne pense pas qu’elle ait connu des hospitalisations en milieu psychiatrique.

A l’association, ils sont rares les adhérents qui n’ont pas connu d’hospitalisations en milieu psychiatrique.

Sur une lettre de mon dossier médical, j’ai pu lire que je voulais rationnaliser les épisodes délirants. Il m’a fallu des années pour accepter que se fût mon cerveau qui me jouait un mauvais tour. C’est tout un cheminement pour accepter la maladie. Au début, c’est vrai, je voulais expliquer mes délires pour qu’ils aient un sens. C’est moins traumatisant et cela fait moins peur que de ce dire qu’il n’y a pas d’explications, que c’est juste le cerveau qui dysfonctionne.

Sur une lettre, pour une des autres hospitalisations, il était inscrit « tentative de suicide ».  Cela fait froid dans le dos. Je n’étais pas délirant, mais juste en trop grande souffrance, pour faire l’effort de continuer à vivre.

Il y a encore quelques années, je n’aurai pas eu la force de me plonger dans cette littérature.

Cerveau de psychotique

Le cerveau d'un psychotique

Le cerveau d’un psychotique

Cela fait plus d’un mois que je me réveille de bonne heure, vers 5 ou 6 heures. La nuit noire entoure mon appartement et comme dans un bateau, au milieu de l’océan, j’attends que le soleil se lève.

Mon cerveau tourne à mille à l’heure. Je rêve de devenir millionnaire, d’avoir une femme et de beaux enfants…

Je m’installe devant la télévision et j’ingurgite des images jusqu’à en être écœuré. Je regarde l’heure et à 7 heures précise, c’est toujours le même rituel. Je remplis mon pilulier, et j’avale ma dose de comprimés. Je suis alors rassuré, je peux ouvrir les volets et la porte de mon appartement. Normalement, je ne ferais pas de crise.

Mon cerveau est heureux, il a sa ration d’anxiolytique. Mon corps se détend un peu.

Aujourd’hui c’est le jour du seigneur. Je lui en veux de m’avoir infligé cette pathologie. A la télévision, j’évite tout ce qui concerne la religion, je suis trop écœuré.

Pour le repas du midi, ma grand-mère sera avec nous, chez mes parents. Elle aussi a le cerveau qui dysfonctionne. Mais pour elle, c’est la mémoire. Elle oublie qu’elle pose toujours les mêmes questions, comme ce que je fais dans la vie. Je lui réponds toujours le même mensonge, car en réalité, je n’ai quasiment jamais travaillé. La maladie s’est déclarée, je n’avais pas 20 ans. J’ai fait quelques tentatives mais je n’ai pas tenu. Par exemple, dans une grande surface, mon travail était de mettre en rayon les articles, avant que les clients n’arrivent. C’était, juste après ma deuxième hospitalisation.  J’ai tenu trois jours, avec une boule au ventre, et un cerveau en vrac. J’ai donné ma démission.

Avant cela, j’avais travaillé dans la démolition, pendant 15 jours, c’était après ma première hospitalisation. J’avais déjà comme phobie de m’éloigner de ma ville et comme je n’ai pas voulu aller sur un autre chantier, à 1 heure de route, j’ai été remercié.

Je me cogne à la terre, en marchant.

Le soleil brille, j’ai envie d’aller m’y brûler. En bas, rien n’est fait pour moi. Je me cogne par terre, avec mes pieds, quand je marche. Ce n’est pas tellement naturel. Les yeux des autres sont comme des rayons lasers. La rue est un enfer. Les trottoirs, croiser les gens c’est pas normal, je me sens ailleurs, dans un univers parallèle.

Parler, rire avec les voisins, c’est étrange. Couler dans l’eau chaude d’un bain, c’est relaxant. Je ne sais plus très bien qui je suis n’y ou je vais. Ne pas grossir, tous les jours je me pèse. Un, deux trois, je m’en vais au bois. Il faut marcher dix milles pas par jour et manger cinq fruits et légumes.

C’est ce que j’ai dit au psychiatre qui m’écoutait. Il veut m’enfermer, je ne comprends pas bien pourquoi.

Tout est logique pourtant. La télévision qui me parle. Les tuyaux aussi me parlent, quand ils font de petits bruits secs. C’est une sorte de morse. Il faut avoir fait des études pour les comprendre.

Le médecin veut que je reste avec tous les autres, à l’hôtel comme il dit.

En même temps, je suis nourrit et nous discutons entres vacanciers. Le soir on nous donne, des petits morceaux de plâtre. C’est à cause de Fukushima. C’est pour se protéger, des radiations.

Hummm, c’est bon, après je me sens bien. Je peux regarder la lune. Il nous regarde aussi, me dit mon voisin de chambre.

« Qui ça », je lui demande.

« Les extra-terrestres », me répond-il

Il est intelligent mon voisin. Il a réponse à tout, même s’il est un peu trop terre à terre à mon goût. Un peu de folie lui ferait du bien.

Et puis on doit aller se coucher. C’est l’heure. Demain, une dure journée nous attend. Vite vite vite, je suis un homme pressé.

SMS

Ma psychologue est sympathique. Je peux lui envoyer un sms quand je ne vais pas bien et elle me répond. La dernière fois j’étais dans le bus et elle m’a renvoyé un message en 5 minutes. Elle me donne des conseils adaptés à mes angoisses et vient chez moi pour la thérapie. C’est une relation plus efficace que d’aller voir quelqu’un dans un bureau.

En ce moment, j’essaie de recoller toutes les parties de ma vie. Je veux être en accord avec moi-même. Ne plus me sentir comme un puzzle démonté.

Je renoue des relations avec les gens avec lesquels j’ai vraiment envie de passer de temps. Comme il m’arrive d’être décalé, les gens s’éloignent parfois. C’est un gros travail d’explication et de pédagogie pour garder ses amis. Il ne fait pas bon être « original ».

D’autres moments, j’ai envie de tout envoyer balader. De ne plus répondre au téléphone, une fois le soleil couché. La souffrance est trop forte. Je me tords de douleur dans mon canapé et je ne peux plus sortir de chez moi. J’ai l’impression que tous mes efforts sont réduits à néant.

C’est un combat sans fin, avec un cerveau qui s’électrise souvent et me rend la vie impossible. Dans ces moments-là, c’est un travail de cache-cache avec les  autres pour qu’ils ne me voient pas dans cet état-là.

Il y a aussi les moments délirants, qui me font honte le lendemain, lorsque j’ai un peu repris mes esprits.

C’est un petit résumé de ce qui se passe dans ma tête et de ma façon de gérer cette maladie. Je n’y arrive jamais complètement. Elle est incurable. Certains s’en sortent mieux que moi mais il n’y a pas de fatalité.

Demain, je vais continuer mon travail, celui qui consiste à être cohérent en attendant la prochaine vague qui me fera souffrir et remettra tout en cause.

La folie me gagne

La folie me gagne. Les délires s’entrelacent avec la réalité. Là ça va un peu mieux je suis serein, mais tout à l’heure, c’était assez dur. Comment rester dans le concret ?

C’est tellement jouissif de laisser partir ses pensées dans des constructions mégalomaniaques. J’y croyais tout à l’heure. Heureusement, après 1 heure et 200 mg de Solian, les choses sont revenues à la « normal ».

J’attends avec impatience de rencontrer la nouvelle psychiatre avec laquelle j’ai pris rendez-vous. Ça me perturbe un peu les changements de thérapeute. En même temps cela faisait 16 ans que je voyais l’autre. Lors de notre dernière entrevue, Il m’a souhaité bonne route et ce matin j’ai annulé les rendez-vous que j’avais pris à l’avance avec sa secrétaire.

Tout à l’heure, je me suis remémoré le moment où je lui ai annoncé que je ne voulais plus continuer. J’étais assez exalté quand je lui ai dit et les émotions sont remontées à la surface cet après-midi. Clouer le bec à un psychiatre, je trouve cela jouissif. De toute façon on n’était arrivé au bout du chemin. Humainement je ne pouvais plus continuer.

Maintenant, je vais voir un peu comment les choses se passent avec la nouvelle psychiatre. Que ce soit une femme peut aussi être intéressant dans les rapports que j’aurai avec elle. Cela va me changer.

Au téléphone, elle a l’air d’être assez sèche mais je ne vais pas y aller avec trop d’aprioris. Je demande juste une écoute, qu’elle se sente impliquée et un bon suivi pour le traitement médicamenteux.

Je me sens un peu brouillon dans l’écriture de mon article ce soir. Les délires de l’après-midi raisonnent encore un peu dans ma tête. On ne sent débarrasse jamais complètement. Il suffit d’une étincelle pour qu’ils reviennent au galop.

Souvent, lorsque l’on si attend le moins, en regardant un film par exemple.

Association de patients

association de patientsUn dimanche seul, mes parents étaient partis pour la journée et l’association de patients était fermée. J’ai vécu cette situation mieux que je ne l’aurais pensé. D’habitude je suis angoissé et j’attends leur appel pour me dire qu’ils sont sur la route du retour. Je n’ai malgré tout pas fait grand-chose à part regarder une série sur internet. Etant donné la météo pluvieuse, je n’ai pas pu aller faire un tour. Je suis resté dans mon appartement.

C’est peut-être la cure de magnésium mais je me sens serein. C’est ma généraliste qui me l’a prescrit. Sur la boite, il est inscrit qui cette substance peut aider en cas d’anxiété légère. Je suis schizophrène, je ne pense pas que ça peut être plus efficace que tous les autres médicaments que je prends mais ça ne peut pas faire de mal.

Aujourd’hui, lundi matin, je suis allé à l’association de patients. Il y avait un bon petit groupe. Faute d’animateur, j’étais chargé d’ouvrir et de fermer le local. On demande aux adhérents qui en ont l’envie de gérer l’association certains jours.  Prendre des responsabilités si ce n’est pas trop stressant peut être thérapeutique. Moi ça me valorise.

Il y avait Jacques avec ses santiags, ses cheveux longs et son pantalon en cuir de rockeur. Il est un peu décalé quand il parle mais nous le sommes tous dans ce groupe. Il n’est pas stigmatisé. C’est l’intérêt de ce genre d’association. Il s’entend bien avec Pierre qui a des « supers pouvoirs » comme la téléportation… Jacques le prend au premier degré quand il dit qu’il est millionnaire ou qu’il est comme super man mais que ses médicaments font de lui un homme « ordinaire ».

Tous les adhérents vivent cela avec compréhension et bienveillance, même ceux qui sont un peu plus dans la réalité.

De temps en temps, il y a des pleurs et des larmes pour des histoires sans importances. Cela fait partie des soubresauts de la vie en communauté.

Quelque fois c’est l’extérieur qui est dur à vivre pour les adhérents. Trouver un logement ou un travail lorsque l’on est fragile psychiquement n’est pas aisé.

Anxieux

Je suis encore anxieux ce midi. Demain j’ai rendez-vous avec un médecin pour peut-être, des examens invasifs. J’ai toujours eu peur de tout ce qui était médical. Je me dis que j’ai encore du temps et que je ne devrais pas y penser et profiter du moment présent. Malgré tout, cette perspective casse un peu mon insouciance.

Heureusement, à l’association de patients ce matin, j’ai pu me changer les idées. Cela fait du bien de en plus penser à ses problèmes.

De retour chez moi, j’ai quand même une boule dans le ventre. Hier soir, je me suis couché vers 20h00. Les anxiolytiques ont eu raison de moi. En même temps lorsque l’on dort on ne pense pas. C’est une sorte de refuge.

La solitude est pesante et les idées que l’on a dans la tête tournent en boucles. Des pensées qui sont souvent négatives, voir des catastrophes. Je n’arrive pas à être optimiste.

Je vais essayer de me détendre cet après-midi mais je n’y crois pas trop. Une fois le déjeuner passé, mon organisme digère et met mon esprit en mode déprime, jusqu’au soir. Il faut dire que je ne fais pas grand-chose et l’oisiveté n’est pas une bonne attitude lorsque l’on est schizophrène. Les angoissent en profitent pour s’installer et envahissent tout, jusqu’à ne plus oser effectuer la moindre action, sous peine de catastrophes imaginaires.

Heureusement les médicaments me protègent des délires et de la paranoïa. Il fut un temps ou vivre avec les autres était un enfer qui m’a conduit à exploser et à me retrouver en hôpital psychiatrique. En effet, chaque geste d’un passant dans la rue était l’occasion d’une interprétations envahissantes. Même tout seul dans ma chambre, les caméras étaient là à me filmer… C’est un véritable enfer.

Nous sommes de nombreux schizophrènes à souffrir de ce genre de symptômes. Vraiment, j’espère vivre une révolution médicale dans le traitement des maladies psychiques.

Grain de folie

A l’association de patients ce matin, l’animateur était parti faire quelques courses. Les gens se sont un peu lâchés. Notamment Pierre, qui est schizophrène aussi. Il délire sur les gens dans la rue. Il s’imagine que les femmes avec des enfants lui font signe qu’il est le père. Il raconte donc devant tout le monde qu’il a une progéniture, sans savoir combien d’enfants et sans expliquer comment il les aurait conçus. Il s’imagine être dieu, donc procréer par l’opération du saint esprit semble logique.

Je me suis un peu reconnu dans ses propos. Je délirais aussi beaucoup à l’époque. Avant que je ne prenne un traitement. Je ne veux plus revivre cela, c’est un vrai cauchemar.

Je l’ai un peu cuisiné et il m’a avoué ne plus faire son injection.  J’ai peur que jour après jour, il ne s’enfonce dans la folie. Les infirmières n’arrivent plus à le raisonner. Demain j’essaierai de lui expliquer que sans médicaments, il risque de souffrir encore plus. Il peut ne plus pouvoir se balader dans la rue sans que ses délires ne soient insupportables, car s’il est paranoïde, cela va le rendre « fou ».

Il y a aussi Gérard, avec un look très personnel. Il est bipolaire et habillé de strass et de paillettes. Le matin, il est euphorique. Il prend la parole à tout bout de champ et commence à agacer. Les gens sont très terre à terre et certains n’aiment pas son extravagance.

Enfin, l’animateur est revenu de ses courses. Je ne me sentais plus très bien. Alors que ce n’est pas mon travail, les adhérents comptent sur moi pour gérer le groupe. Je ne leur dit pas que je suis aussi schizophrène. Quelques heures par jour, j’arrive à faire illusion. Aujourd’hui, j’ai dû quand même m’isoler quelques minutes.