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Introspection dans une clinique psychiatrique

Introspection dans une clinique psychiatrique

Introspection dans une clinique psychiatrique

Parfois, lorsque je me demande depuis  combien de temps je vis, lorsque je fais une introspection de toutes ces années, depuis ma naissance, une angoisse m’envahit. C’est comme un grand vide. Je suis toujours seul, face à moi-même, et j’aurai 40 ans dans 1 mois.

Je me souviens de ce réveil. J’avais à peine 20 ans, et de ce lieu, un hôpital psychiatrique. Les draps étaient blancs. J’étais en caleçon vert, mais je ne m’étais pas déshabillé. On l’avait fait pour moi. J’avais fait une crise de schizophrénie aigue, puis un malaise. J’avais perdu connaissance.

Ce matin-là, il avait fallu que je sorte dans le couloir. Que je vois des hommes en blouses blanches, et d’autres qui étaient hagards, pour comprendre.

J’avais passé 3 jours dans ce lieu. Dans une région que je ne connaissais pas. J’étais en vacances avec mes parents.

Le premier soir, j’avais mendié un sédatif pour dormir. La nouvelle réalité dans laquelle j’entrais, était trop insupportable. Il fallait que je me mette en veille.

Je me voyais déjà passer de longue année dans cet endroit. Je n’avais pas encore revu mes parents.

Je me suis mis à inspecter les fenêtres. Elles étaient robustes, et permettaient à peine à un bras de passer. Ce n’était pas suffisant pour se faire la belle.

Heureusement, il y avait une pièce avec une télévision, pour passer le temps et se changer les idées.

C’est dans ce genre de lieu, que l’on peut faire une introspection, sur ce qui l’on est vraiment. Il n’y a quasiment rien à faire, et coupé du monde, dépendant pour sa liberté d’autrui. On se retrouve face à soi-même.

Heureusement, le troisième matin, j’ai enfin pu voir mes parents. Le soleil était aussi là. J’ai pu quitter cette hôpital, tremblant qu’au dernier moment, l’on change d’avis et que l’on me garde.

Les autres n’existent pas

les autres

Les autres

Parfois, lorsque je me promène dans la rue, je me demande si les autres existent vraiment. Je m’interroge sur mon existence. La réalité me parait s’éloigner, et le sol sur lequel je marche, n’est peut-être, avec tout ce qui m’entoure, qu’une grande illusion. Il y a quelqu’un qui tire les ficelles, il m’observe… Il place un environnement autour de moi. Il appuie sur mon ventre ou sur ma tête pour me faire souffrir.

Angoissé, je regarde dans mon sac pour savoir si j’ai bien pris mes médicaments ce midi. Mais non, ce n’est pas cela. Pourquoi je me sens si seul. Les autres sont si loin. Il faudrait que j’aille voir  quelqu’un, discuter un peu pour remettre ma tête à l’endroit.

Mais peut être à la fin, lorsque mon dernier souffle arrivera. Je me réveillerais, comme pour une fête surprise, des gens seront là, ils m’applaudiront, et m’expliqueront tout. Je comprendrais alors que la vie n’était qu’un vaste canular.

Pour l’instant je dois composer avec les autres. Même si à certains moments, j’ai un grand doute sur leur existence.

Lorsque je suis seul dans mon lit, il m’arrive de joindre les deux mains, et de prier pour que mon existence soit moins dure. Mais je me ravise assez rapidement. Je ne veux pas me faire trop remarquer. Peut-être que les attentions de celui qui tire les ficelles, ne sont pas bienveillantes. Un peu comme lorsque j’écrase une grosse araignée, au moment de prendre ma douche.

Les autres, il faudrait que je les voie un peu. Ce n’est pas bon de rester seul trop longtemps. Mais chacun a sa propre réponse et est persuadé que c’est la bonne. En réalité, personne ne sait. Il n’y a que des imposteurs. J’ai peur de tout cela. Je suis le seul à être dans l’ignorance ?

Belle soirée

La matinée avait bien commencée. Le midi fut un peu plus dur avec l’envie de me mettre la tête à l’envers. Quatre bières ont suffi à épancher ma soif.

Quelques heures plus tard et après un repas de famille sympathique, je me sentais coupable de mettre laissé aller à l’ivresse.

En fin de journée et de retour chez moi, j’étais de nouveau bien. Calme, détendu, intéressé par les programmes télévisuelles, je passais le temps sans que le sommeil ne soit une échappatoire à ma souffrance.

Enfin, je verrai le soleil se coucher. Le cerveau est un mystère insondable. Il est d’autant moins facile à comprendre lorsqu’il est cabossé.

Pourquoi m’épargne-t-il aujourd’hui ? Je regarde les étoiles et je suis heureux. Je veux croire qu’il y a quelque chose qui nous dépasse dans cette immensité.

Je rêverais d’aller y faire un tour et d’être confronté à quelque chose de plus fort que moi, qui d’un simple regard, aurait tout compris de ma personne.

Quelque chose qui connaitrait l’histoire de l’univers et me la conterait. D’habitude j’ai tendance à penser que nous sommes seuls et que nous devons nous débrouiller par nous-même mais pas ce soir.

En regardant le ciel étoilé, je me sens tout petit. Il y a quelque chose qui nous appelle dans cette immensité. L’instinct et la curiosité nous pousse à aller voir.

J’ai déjà hurlé ma rage et ma colère en direction des étoiles mais rien ne m’était apparu, juste un grand silence. Peut-être, si je chuchote lors d’une belle soirée…

Je ne sais pas si nous allons quelque part ou si nous sommes des bêtes un peu évoluées qui allons saccager notre planète et mourir. En y pensant, la deuxième hypothèse me plonge dans la tristesse.

J’espère mieux que le vide, l’immense solitude et aucun avenir. Juste une petite lueur d’espoir d’une communion me ferait faire cette nuit de beaux rêves.