Archives de catégorie : médicaments

Vomir le matin

Vomir

Vomir

Le matin de bonne heure, j’ai envie de vomir, un peu après le réveil. Il ne faudrait que je rende les pilules que je viens d’avaler. Je regarde avec beaucoup d’attention ma montre. Une heure après la prise de mon traitement, je peux me détendre, tout est maintenant dans mon sang.

Le Prozac fait son effet. Il a fallu plusieurs mois mais là, maintenant, le matin, j’ai envie de chanter. J’ai toujours un air dans la tête. Le weekend, je peux me détendre chez moi. Je suis accro à la nicotine, avec ma cigarette électronique, que j’associe avec  une cannette de Coca Zéro. Boire cette boisson me fait du bien. C’est un petit plaisir, quand je sens mon estomac se gonfler. Parfois, j’en bois tellement que j’ai envie de vomir. Ce n’est certainement pas bon pour la santé, mais le marketing est tellement bien fait, sans doute, que boire un Coca, m’apporte du bonheur.

L’après-midi, après le repas du déjeuner, l’antidépresseur est moins efficace. Je retourne souvent dans mon canapé, sans air entêtant dans la tête. Je souffre d’ennui, mais je suis vraiment trop fatigué, avec mes 800 mg d’antipsychotique, pour faire quoi que ce soit. La moindre tâche comme faire la vaisselle, me demande un effort sur humain. Je me sens mal aussi, de manière crescendo, jusque 18h00. J’avale mon traitement du soir, en espérant ne pas vomir.

En fin d’après-midi, j’essaie de tenir le plus longtemps possible, mais je me sens trop mal. Parfois pour m’assommer, je prends plusieurs Temesta. Je suis alors dans une sorte de coton artificiel. Je ne réfléchis plus. Mon cerveau est à l’arrêt.

Vers 19h00, je peux alors me mettre dans mon lit. Tous les volets sont fermés et la journée est terminée pour moi. Je m’endors assez facilement avec les 50 mg de neuroleptique à effets sédatifs.

Mon antidépresseur me maintient à flot

antidépresseur

Antidépresseur

Le weekend débute. Le Prozac que j’ai pris ce matin m’a mis dans un état euphorique. J’avais envie de chanter. Après quelques courses, j’ai dû attendre de rentrer dans mon appartement pour faire quelques vocalises, à l’abri d’oreilles indiscrètes. Je prends 20 mg de cet antidépresseur tous les matins. Il a fallu quelques mois pour que son effet se fasse vraiment ressentir.

J’avais essayé un autre antidépresseur, et puis encore un autre, mais le Prozac était le seul qui ne me donnait pas d’angoisses.

Malheureusement, l’effet de cet antidépresseur s’estompe dans l’après-midi. Monte alors, une souffrance diffuse, un mal être. Je vois tout en noir. Je perds toute confiance en moi. Je tremble à l’idée d’être responsable de la moindre chose.

Je fais alors d’interminables allers-retours chez mes parents, pour voir mon père. Je reste une demi-heure chez lui, puis je reviens chez moi. Je suis fatigué de tout cela. De la communication difficile que cela entraine. A force, nous n’avons plus rien à nous dire, et je vois bien qu’il voudrait que je fasse ma vie, que ma présence l’agace un peu.

Justement, ces derniers jours, j’ai repris contact avec d’anciens amis, qui ont la même pathologie que moi. Nous ne nous jugeons pas, c’est agréable. Nous sommes tous les trois un peu étranges, avec nos phobies, nos délires… Nous devons sortir un soir, boire un verre ensemble dans un pub.

Je bois un peu d’alcool, rarement, une ou deux bières. C’est comme une soupape de sécurité. Quand je n’ai plus envie de réfléchir. Je raisonne quand même ma consommation, car avec ma pathologie, je suis plus sensible aux addictions.

Je regarde sur ma droite, et je vois qu’une montagne de vaisselle est à faire. Il faut vraiment que je m’y mette. Je n’ai pas le courage. Je suis fatigué.

Me sédater 24h/24

Sédater

Sédater

Grosse fatigue. Les 800 mg de Solian que je prends chaque jour, ont tendance à me sédater et à niveler mes émotions. Je ne ris plus vraiment. Je ne me mets pas en colère non plus. Quand on m’annonce une nouvelle, bonne ou mauvaise, je sur joue, parce que  je ne ressens rien.

Les deux fois 25mg de Tercian que je prends le soir, ont aussi tendance à me sédater fortement. Après forcement, je dors bien, presque 12 heures par nuit. Malgré tout, mon visage ne laisse rien transparaitre. Ma mère peut me trouver en forme, alors qu’en réalité, je ne tiens plus debout. Elle n’est pas très observatrice.

Justement, mes parents sont rentrés de leurs 15 jours de vacances. Je suis un peu moins seul. Même si leur absence n’a pas être trop dure à supporter. J’étais un peu quand même, comme un ermite. Je ne suis pas sorti de mon village. Je n’ai pas pris le bus non plus. Le soir, je fermais tous mes volets de bonne heure.

L’association de patients a rouvert aussi. J’ai pu revoir les autres adhérents. Pascal, qui a tendance à serrer tout le monde dans ses bras, pour tout et rien. Un peu comme un grand enfant. C’est un peu désagréable, mais il ne peut pas se retenir, alors on le laisse faire. Il y a une joyeuse bande et l’on blague souvent autour d’un café.

J’ai repris le bus pour rentrer de l’association. Moment que je n’aime pas particulièrement. J’ai une boule au ventre, pendant le trajet. Je sers les dents en attendant d’arriver chez moi. Parfois, une petite crise d’angoisse surgit pendant quelques secondes. Heureusement, j’arrive à gérer, en ne regardant plus personne dans les yeux, et en me mettant dans un coin du bus.

Me sédater avec les médicaments, atténuent aussi heureusement mes peurs.

Come back, avec du Prozac dans les veines

Prozac

Prozac

Je n’avais pas écrit depuis assez longtemps. Plus envie de taper sur un clavier. Mais depuis quelques jours, je pense à tous les lecteurs de mon blog, que j’avais un peu abandonnés. Je veux de nouveau m’exposer à votre regard. Cela fait plusieurs mois que je n’ai pas écrit.

Quoi de neuf ?

L’été avec le soleil, apportant son agréable picotement sur la peau, est arrivé.

En même temps, le Prozac que m’a prescrit ma psychiatre, il y a quelques mois, commence à faire effet. Le matin, une heure après la prise du comprimé, je suis pris d’une soudaine énergie. C’est assez exaltant. J’ai envie de bouger, de sortir de chez moi, de voir du monde… L’après-midi, parfois, je me surprends à chanter dans ma salle de bain, devant ma glace.

Malheureusement, en fin de journée, des idées angoissantes m’envahissent. Je suis submergé. Le Prozac ne peut rien y faire. J’essaie de me raisonner, de tenir le plus longtemps possible, pour ne pas systématiquement me réfugier dans le sommeil. Mais vers 19 heures, je ferme les volets de mon appartement. Je m’installe alors dans mon lit. Le soleil passe un peu à travers mon volet, mais je suis dans ma bulle.

Le matin, une sorte de rituel s’est organisé. Je me mets en ordre pour aller à l’association de patients. Dans le bus, j’ai toujours une boule au ventre. Une fois arrivé au local, je me sens mieux. Je peux me détendre, pas trop longtemps quand même. Au bout d’une heure trente, le besoin de rentrer dans mon appartement, se fait sentir de manière assez forte. Vite, il faut que je retrouve mon cocon.

C’est alors un nouveau moment d’errance intellectuel qui commence. Je mets de la musique pour passer le temps. Grâce au Prozac, je peux être euphorique en début d’après-midi. Je peux danser tout seul chez moi.

Un Tercian contre les angoisses

Tercian

Tercian

Le soleil crie des rayons qui traversent les nuages. Pourtant, je me suis encore réveillé de bonne heure, vers 5 heures du matin. Il a fallu que j’avale un comprimé de Tercian pour ne pas vomir. Quand dans la nuit ou presque, je me réveille, je ne peux que constater l’étendu de ma solitude. Le ciel noir qui envahit mes pensées. Des angoisses qui me font regretter de vivre, une insoutenable souffrance jusque 7 heures du matin. Le Tercian calme un peu mes angoisses mais me transforme en zombi. De toute façon à 5 heures du matin, je n’ai personne à qui parler. A cette heure-là, mon corps et mon esprit sont inséparables dans la douleur.
Qu’elles sont les connexions dans mon cerveau qui m’infligent une telle souffrance. Pourquoi, je pense à la fin de ma vie comme un soulagement. J’espère qu’elle n’arrivera pas trop tard. Je suis à bout de souffle.

Hier après-midi pourtant, je n’irai pas jusqu’à dire que j’étais heureux, mais j’ai connu une trêve dans mes souffrances. J’étais chez moi et j’ai pu me concentrer sur les tâches du quotidien, comme manger ou sortir les poubelles… Chose qu’il m’est impossible à faire parfois. Malgré ces jours horribles, j’ai continué à aller à l’association de patients le matin. Moment de répit dans cet océan de souffrance, dans lequel je me noyais.

Aujourd’hui, jour de weekend, je regarde la journée qui se présente et j’espère que le répit d’hier après midi n’était pas un épiphénomène mais un mouvement de fond. Je rêve que mes problèmes vont se régler.

Pourtant, je me sens seul au monde, sur la route de la vie. Je trébuche et je tombe. Il n’y a personne autour de moi pour comprendre l’étendu du mon mal être, qui m’oblige à passer de longues heures dans mon lit. Je regarde avec une certaine joie mon corps vieillir, me rapprochant inexorablement de la fin de toute chose.

Artificiel substance

artificiel

Artificiel

La douceur de la codéine apaise mes souffrances. Je suis heureux et bien dans ma peau. Il y avait un bout de temps que je n’avais pas ressenti un tel bien être. C’est un peu artificiel vous allez me dire mais je n’en pouvais plus.

Le supermarché pas loin de chez moi est ouvert ce matin. A 9h00, j’étais dans les starting-blocks pour acheter ma dose de caféine. Les gens attendaient devant la grille du magasin, regardant leur montre pour voir le lourd rideau en fer se lever. Les caddies rangés les uns à côté des autres se sont mis en mouvement comme un seul homme, une fois l’accès libre.  Je me suis faufilé pour aller le plus rapidement possible dans le fond du magasin. La caféine est aussi un moyen artificiel mais cela me fait du bien.

Il y a aussi la nicotine que j’absorbe avec ma cigarette électronique qui m’apaise.

La schizophrénie est une maladie détestable. Dans le magasin, obnubilé par mes achats, je n’ai pas prêté attention aux autres. De retour chez moi, je me suis installé dans mon canapé. La télévision, moyen artificiel de combattre la solitude s’est mise à cracher des images multicolores. Les yeux grands ouverts, je pouvais comprendre que nous étions le 14 juillet 2015 et que le défilé militaire allait commencer. La nation toute entière était là pour faire la fête. Je me sentais un peu loin de tout cela.

Je me suis mis à regarder autour de moi. J’étais seul dans mon appartement. J’ai eu le sentiment que tout était artificiel. Moi aussi, je voulais danser, applaudir…  Ce soir, des bals populaires et des feux d’artifices allaient éclairer le ciel de milles scintillements. J’entendrais surement quelques pétards, mais je ne ferai pas la fête.

Pour l’instant, je pouvais me tenir droit dans mon canapé, c’était déjà beaucoup.

Tendu au matin

tendu le matin

Tendu le matin

Une belle journée ensoleillée qui pointe le bout de son nez. De mon côté je me suis réveillé tendu. Il était 6 heures du matin. J’ai augmenté ma dose de neuroleptique le soir et mon corps n’est pas vraiment ravi. Il me le rappelle le matin. Il me faut plusieurs heures pour que je ne sois plus comme un élastique tendu. Avec le temps, j’espère que cela va passer parce que c’est vraiment désagréable. Mon corps, à ce moment-là de la journée est un arc tendu au maximum.

Vers 10h00, je retrouve de la sérénité, après avoir été faire une petite balade dans le supermarché pas loin de chez moi. Ce matin, à la caisse derrière moi, à l’ouverture du magasin, un homme tenait une bouteille de mousseux premier prix. Il paraissait un peu paumé, dans des habits sales et trop grands pour lui. Il n’avait pas l’air d’être tendu et m’a salué poliment.

De retour dans mon appartement, j’ai réfléchi à la journée qui allait passer et je me suis dit qu’elle allait être monotone. Cela fait une semaine que je suis bien plus anxieux, voir angoissé. Je n’arrive plus à prendre le bus pour aller à l’association de patients. Je ne sais plus quoi faire pour calmer mes angoisses. Je me retiens d’appeler mes proches qui en trouvent les raisons futiles. De plus, mes parents commencent à vieillir et je ne veux pas trop leur en demander.

Le pire c’est l’après-midi, après le déjeuner. Je regarde, tendu, l’horloge et je compte les heures qu’ils me restent, jusqu’à la prise de mes médicaments vers 18H00. C’est à cette heure-là que je retrouve du bienêtre. Le soir et la fin de matinée sont les deux seuls moments de la journée ou je ne souffre pas trop.

J’ai entendu qu’une jeune femme en Belgique, avait demandé à se faire euthanasiée, pour des souffrances psychiques intolérables. J’y pense parfois et je loue le modernisme de son pays, bien que je pense avoir encore un peu de marge.

Sédatif est l’effet

Effet sédatif du Tercian, puissant Neuroleptique

Effet sédatif du Tercian, puissant Neuroleptique

En me réveillant sous sédatif, ce matin à 6 heures, je me suis rendu compte que j’avais oublié de sortir les poubelles.

Chaque appartement le fait à tour de rôle. J’étais encore assommé par le Tercian, puissant neuroleptique, avec effet sédatif, que j’avais pris la veille. Je suis quand même descendu dans le local poubelles, pour sortir les sacs de détritus et les déposer sur le trottoir. Heureusement, les éboueurs n’étaient pas encore passés.

Puis très vite, je me suis installé devant la télévision. C’est mon occupation principale. Cela fait plusieurs années, que je ne me suis pas éloigné à plus de quelques kilomètres, autour de mon logement. Mon psychiatre m’avait dit que je souffrais de phobie sociale, en plus du reste.

Le soleil s’est levé et j’ai pu me rendre compte que la météo était exécrable. Nous sommes le samedi 27 décembre 2014, j’ai 36 ans. De mon canapé, je peux voir et entendre les bourrasques de vent qui viennent claquer la pluie contre les fenêtres.

Je vais encore passer un weekend seul. J’ai fait quelques tentatives pour inviter des amis chez moi. Assez vite, leur présence m’était devenue insupportable.

Je me sentais comme bousculé par leurs propos et énervé qu’ils touchent à tout dans mon appartement. J’ai coupé les ponts avec eux.

J’ai froid. L’unique radiateur de mon séjour n’est pas assez puissant pour réchauffer la pièce. Je vais peut-être aller faire un tour dans l’hyper marché juste à côté de mon domicile. Il m’a fallu des années, pour affronter les crises d’angoisses que la foule provoquait sur moi. Encore aujourd’hui, je ne m’y attarde pas trop et je vais à l’essentiel, c’est-à-dire pour l’alimentaire, lorsque mon réfrigérateur est vide. Je prends juste un grand sac, pour évacuer les lieux rapidement, au cas où.

Je vais devoir aussi préparer la soirée du 31 décembre. Une soirée calme, tout seul chez moi, avec peut être un petit extra pour le repas, sans me coucher tard, à cause de l’effet sédatif de mon traitement.

J’ai hâte que cette année se termine.

Cloué sur place

Cela faisait quelques jours que je prenais du Tercian. Un comprimé et la vie bascule, dans une tiédeur suffocante. Le médicament met quelques dizaines de minutes à agir. Soudainement cloué au canapé, l’effet sédatif est impressionnant. Plus aucune envie de bouger ni de rien faire. Dans les effets secondaires, il y a aussi la prise de poids. Avalé en début d’après-midi, vers 19h00, je n’en pouvais plus et j’allais me coucher.

J’étais un vrai zombie, et ne faisais strictement plus rien. Malgré tout, les idées ruminantes étaient encore là, mais sans les vivres.

Me sentant mieux et n’étant plus angoissé, j’ai arrêté d’en prendre. Ma psychiatre m’avait dit que je pouvais le gérer.

Je sais que j’ai ce médicament sous la main en cas de coup dur, mais dans ces moments-là, on met la vie entre parenthèses. On regarde passer le temps, sans plus aucune initiative. Et encore, j’avais la plus petite dose.

Ce médicament, n’est pas miraculeux. Il ne rend pas heureux et les pensées délirantes continuent. En même temps, on lui demande juste de calmer l’anxiété. Pour le reste, j’ai mon traitement habituel. J’avais arrêté d’écrire, de lire et de regarder des films…

Aujourd’hui, je profite un peu de la vie, même si elle est assez pauvre. Je suis retourné à mon association de patients avec plaisir et je me fais une séance de cinéma, à la maison l’après-midi.

J’espère, que je n’aurai pas de coup dur à gérer trop rapidement. En effet, chaque stress pour une personne atteinte de ma pathologie, est un vrai enfer à vivre. C’est aussi pour cela que j’ai mes habitudes et je n’en change pas souvent. Il ne faut pas qu’un évènement imprévu ne survienne, de santé ou même un petit détail, provoquant un sentiment de mal être.

Pourriez-vous avoir un ami schizophrène?