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Un dynamisme inattendu

Dynamisme

Dynamisme

La matinée est déjà terminée. Elle s’est plutôt bien passée. Je ressens un dynamisme que je n’avais pas connu depuis longtemps. L’envie de me lancer dans des projets est forte. Je me suis pourtant réveillé à cause d’un cauchemar. C’est tous les matins depuis deux mois. J’ouvre brutalement les yeux, en sueur et angoissé. Il me faut une bonne heure pour retrouver ma sérénité. Voir partir mon père et ma mère en chine pour trois semaines au mois d’avril en est la cause. Bien que je vive dans mon propre appartement, je ne suis pas complétement autonome. Ce n’est pas un problème de course, ni de préparation du repas, ni même de ménage… mais je n’ai quasiment pas d’amis et mes parents sont ma seule compagnie. Les savoir si loin m’angoisse. Je pense à toutes les situations qui pourraient m’arriver et je suis anxieux à l’idée de n’avoir personne sur qui compter. Passer ces trois semaines presque seul est aussi une grande source d’inquiétude.

Avant-hier pourtant, J’ai passé la soirée du nouvel an entre amis, avec d’anciennes connaissances que j’ai réactivées il y a peu. Nous avons mangé et discuté en petit comité, dans un appartement. C’était un moment agréable. Nous étions cinq et la soirée s’est passé sans excès.  Vers une heure du matin, l’on m’a raccompagné chez moi. Cela faisait plusieurs années que je n’avais rien fait. Que j’étais resté seul dans mon appartement en me couchant à neuf heures, après avoir bu une demi-bouteille de champagne.

J’espère sans trop y croire garder ce dynamisme qui m’anime. Je sais que cela ne va pas durer mais je me sens normal et cela me du bien. Même si ce n’est que pour quelques heures, j’aime ce soleil qui me réchauffe le dos et cette impression de ne pas être cabossé, fracturé. Je n’ai pas non plus la sensation que mon cerveau est dans un étau.

Mon père contre qui j’étais en colère

père

Père

Mon père, cet homme avec qui je n’ai pas toujours été du même avis. En grandissant, je deviens peut être moins bête et je me rends compte tout ce qu’il m’a apporté et m’apporte encore. Il a toujours été présent, dans tous les moments difficiles. Il a supporté ma folie mon père. Il a supporté mes crises et est resté toujours autant affectueux, comme un chêne millénaire. Aujourd’hui, je l’écoute avec sagesse. Personne ne pourra jamais le remplacer. Il est en moi mon père. Ses racines sont profondément enracinées dans ma chair. Je suis de lui.

Il est venu me rendre visite en hôpital psychiatrique, avec ce même amour. Il m’a conduit aux urgences, en pleine nuit. Lorsque gagné par la folie, que je n’étais plus vraiment humain, il a continué à me montrer de l’affection.

Présent dans ma vie, comme un phare prévient les bateaux d’une menace imminente, il est là. Il est fier de moi, malgré tout. Lorsque je veux en finir avec la vie, il m’écoute et me réconforte. Je ne pourrais sans doute pas lui apporter les petits enfants qu’il mérite, ça m’attriste. Alors pour lui, j’essaye de garder la tête haute, je n’y arrive pas toujours et parfois lorsque la souffrance est trop forte, des larmes coulent sur mes joues. Je suis pudique et je ne pleure que devant lui.

Lorsque emporter par le temps, il partira. Je serais sans doute inconsolable, mais je pourrai me souvenir de tous les moments que j’ai passés avec lui. Je pourrai regarder ce géant sur lequel je suis assis. Ce géant qui m’a appris à marcher, faire du vélo et qui a passé des milliers d’heures avec moi à discuter.

Chacun a ou devrait avoir un père comme le miens. Tel un roseau qui plie mais ne rompt pas.

Indifférence totale

Indifférence totale

Indifférence totale

Cela fait quelques jours que je suis dans un état d’ indifférence totale. Je marche dans la rue, le soleil brille, et bien que j’évite le regard des autres, c’est comme si ils n’existaient pas. Une voiture pourrait renverser quelqu’un à côté de moi, je ne me sentirais pas concerné. Je composerais quand même le 18, les pompiers, mais je n’aurais qu’une hâte, partir.

J’ai l’impression d’être loin des gens et des choses… Je suis dans un état d’ indifférence totale qui me donne l’impression trompeuse d’être serein. Les choses ne m’atteignent pas mais glissent sur moi.

Je ne suis pas en souffrance, c’est déjà ça. Si quelqu’un m’annonçait une mauvaise nouvelle, comme cela est déjà arrivé, je prends un air touché, mais c’est du cinéma, pour que l’on ne se rende pas compte de mon indifférence.

Ce matin à l’association, l’animateur n’était pas là et pendant quelques heures, j’étais responsable du groupe. J’ai quand même ressenti de l’agacement, quand un adhérent a fait déborder la cafetière. Puis j’ai eu envie de grands espaces. De me retrouver dans un lieu, seul au monde à contempler un paysage de carte postal. Un autre adhérent, bavard et sûr de lui, quant à l’intérêt de ses propos, est aussi vite devenu contrariant. J’avais envie de lui crier au visage, que je n’avais cure de ce qu’il me disait. Par politesse, je ne l’ai pas fait.

Une fois rentré dans mon appartement, j’ai ressenti un grand soulagement. Le soleil brillait à travers les fenêtres et je me suis rendu compte que là, mon indifférence pouvait librement s’exprimer. Il n’y avait personne pour venir m’embêter. Ici, je ne devais pas jouer la comédie, sourire ou montrer mon indignation. A part peut être le voisin qui a mis sa musique trop fort. J’ai eu envie de taper sur le mur qui sépare nos deux appartements.

Association de patients psy

Le ciel tombe sur cette journée mélancolique. Ce matin, je suis allé à l’ association de patients psy. En l’absence de l’animatrice, j’étais le responsable. L’ambiance était sereine et les gens échangeaient entres eux, autour d’un café. Didier est arrivé, avec son allure sûre de lui. C’est un grand gaillard de plus de 50 ans. Une odeur de crasse l’accompagnait. Sous ses longs ongles noirs, se cachait une excroissance de peau et de chair. C’est pour cela qu’il ne pouvait les couper. C’était la tête brulée du groupe, bien qu’avec l’âge, il se soit assagi.

Association de patients psy

Association de patients psy

Une dame ayant connu l’ association de patients psy par un autre adhérent, est venue se présenter.  Elle était assez sociable, est à tout de suite était intégrée par le groupe, qui lui a offert un café.

Cette dame vit actuellement dans des appartements thérapeutiques. C’est une sorte de sas médicalisé, avant de reprendre un appartement dans le milieu ordinaire.

Demain matin, je serai de nouveau responsable de ce groupe d’une dizaine de personnes. L’association de patients psy ne ferme jamais, même quand l’animatrice est en congés.

C’est un peu ma fierté, en tant que président de cette association de patients psy.

Nous accueillons toutes les personnes qui à un moment donné, n’arrivent plus, ou ont besoin d’une aide sociale, de liens sociaux, avant de réintégrer complètement la société. Il y a de nombreuses pathologies psychiatriques, ou justes des gens souffrants de solitude.

Demain matin, je serai encore responsable de l’accueil. Cela me donne, moi qui suis schizophrène, une raison de me lever et de faire quelque chose d’utile de mes journées.

C’est pour cela que l’état a mis en place ce genre de structure.

Pour l’heure, le soleil est couché, mes volets sont clos et je peux enfin me détendre. Je suis dans mon cocon, bien à l’abri.

L’immeuble est dans une torpeur rassurante. Il n’y a que quelques odeurs de cuisine qui arrivent jusqu’à moi.

Parenthèse enchantée

Mes parents sont partis depuis une semaine et je me sens un peu plus libre qu’avant. Je peux maintenant concevoir de vivre seul. Il n’y a pas eu de souffrances, d’angoisses… Je sais que je ne suis pas guéri, que c’est une parenthèse enchantée, alors j’en profite.

Je suis allé à l’association de patients ce matin. J’ai du gérer la visite d’un plombier, suite à une fuite d’eau. De sa bouche sortait des relents d’alcool. C’est un peu tôt à 10h du matin pour avoir pris l’apéritif. Malgré tout, le travail a été effectué avec sérieux et qualité.

La plus part des personnes qui viennent dans les locaux, comme ce dernier, ne se rendent pas compte un seul instant qu’ils sont entourés de schizophrènes, de dépressifs et de bipolaires…

Les aprioris ont la vie dure. Il y a quelques jours, j’avais parlé avec Pierre. Lui aussi sentait l’alcool à 9h00 du matin. C’est un adhèrent qui ne reste jamais très longtemps. Il passe en coup de vent. Il est schizophrène, comme moi. En discutant, il m’a avoué boire plus de 10 canettes de bière par jour. Il veut travailler, changer de vie. Il mérite bien une parenthèse enchantée. Il n’est pas très stable et se pose beaucoup de questions sur le regard que les autres portent sur lui. Il est un peu parano.

parenthèse enchantée

parenthèse enchantée

De fil en aiguille, en discutant avec les uns et les autres, les adhérents finissent par raconter leurs problèmes de santé.  Assez rapidement, j’arrive à la limite de mes compétences en psychologie. Je demande alors, « et ton psychiatre, il en pense quoi ? »

Je préfère ne pas donner de mauvais conseils. Je suis le président de cette association, alors j’ai une certaine forme d’autorité.

Demain, je vais y retourner. Cela me fait une parenthèse enchantée dans la journée. Et surtout, cela met en place un cercle vertueux, en m’encourageant à sortir d’avantage. Le plus dur c’est d’amorcer la pompe. J’ai sinon tendance à me replier sur moi et la solitude engendre les souffrances et les angoisses. C’est malgré tout, un combat qu’il faut mener chaque jour, au réveil, dès le premier pied posé par terre.

Heureux, l’êtes-vous ?

heureux

heureux

Belle journée d’hivers, le soleil brille et les rayons façonnent le paysage de milles éclats. Ce matin, une liste de nombreuses choses à faire s’est imposée à moi. J’étais excité et heureux à la fois. Je ne me suis rendu compte qu’à 9h30 que je n’avais pas pris mes médicaments. Heureusement il n’était pas trop tard. Cela ne m’arrive jamais.

Toutes ces tâches que j’avais à effectuer, ont rempli ma matinée et je ne pouvais pas faire autrement que de toutes les réaliser. C’était plus fort que moi.

Une fois mon objectif atteint, j’étais heureux, comme à la fin d’une journée bien remplie.

Il n’y avait pourtant rien d’extraordinaire, des courses, des lessives et du ménage…

Demain, je vais aller dans une association qui est composée de personnes en souffrance psychique. Un lieu à part, ou les fragilités et les propos délirants peuvent s’exprimer librement.

Tous les adhérents sont heureux qu’un tel endroit existe dans leur ville. Ils y a sur les murs dans le local, des dessins assez simples mais joyeux. Une cuisine avec des plaques de cuissons et surtout un four à micro-ondes qui réchauffe les plats préparés des adhérents.

Cela fait plusieurs jours que mes parents sont partis en vacances. Je suis heureux de vivre ma vie, de façon autonome. C’est même un soulagement. Bien sûr je ne sors pas beaucoup de chez moi, mais c’est aussi comme cela quand ils sont là.

Le fonctionnement de mon cerveau m’échappe. Il peut me rendre heureux ou me faire vivre l’enfer.

Aujourd’hui, les délires qui arrivent parfois comme des chevaux fous, incontrôlables et s’imposant comme une évidence, m’ont épargnés. Il faut quelques jours pour se rendre compte que l’on est du côté obscur de la force, parfois une vie d’autres fois jamais.

Mais la vie est ainsi, pleine de mystères et le premier d’entre eux, sa justification.

Humaines, avez-vous ces qualités ?

qualités humaines

qualités humaines

Ce matin je suis allé à l’association de patients. L’animatrice est venue me chercher. Le sol était couvert de glace et de neige, qui même avec le passage incessant des roues des voitures, restait glissant. Toutes les activités humaines avaient été mises au ralenti. Les bus ne circulaient plus. Les gens étaient emmitouflés dans d’épais vêtements, et de leurs bouches sortaient de la vapeur qui se transformait immédiatement en un nuage blanc.

Je n’avais quasiment vu personne depuis 4 jours. A l’association, la présence humaine me fit du bien. Je ressentais une grande joie dans tout le corps. Je n’étais vraiment pas fait pour cette solitude que ma maladie m’imposait.

J’avais été un peu anxieux hier soir, à l’idée de m’éloigner de mon quartier. Les adhérents étaient comme je les avais quittés. Ils se confiaient, me parlant de leur maladie et me demandant s’ils avaient le droit de téléphoner, de prendre une feuille sur le bureau ou de faire du café. Ils avaient de nombreuses qualités humaines, comme celle d’être respectueux du lieu où ils étaient. Ils savaient que cette association était un havre de paix qu’ils voulaient sauvegarder.

Parfois, il y avait des pleurs, des crises mais personne ne se jugeait.  Ils y avaient presque toutes les maladies psychiques, schizophrénie, dépression, trouble bipolaire…

Dans la vie courante, ou chacun doit être performant, les gens n’ont pas ces qualités humaines, comme celle d’entendre les délires d’un psychotique et de continuer comme si de rien n’était à boire le café.

Moi, j’étais président ce cette association, mais je ne parlais jamais de mes problèmes. Personne ne connaissait ma pathologie.

C’était mieux ainsi, de toute façon, je voyais en dehors assez de psychologues et de psychiatres, pour évoquer mes souffrances.

Les qualités humaines sont rares, et c’est parfois chez les gens les plus en marge de la société, qu’on en trouve le plus.

Neige et départ en vacances

La neige tombe

La neige tombe

Ce matin il neige, c’est même la tempête. Je n’ai pas été à l’association de patients. On n’a pas l’habitude de voir le sol tout blanc ici, les chauffeurs de bus un peu frileux, ont surement fait valoir leur droit de retrait. Je n’ai pas voulu prendre le risque de me retrouver coincé en ville, sachant que mes parents partent aujourd’hui, pour une semaine de vacances.

J’en ai profité pour aller faire quelques courses, pour le weekend, dans le supermarché à côté de chez moi. A cause de la neige, le magasin était presque vide. Au moins, je n’ai pas eu d’angoisses. Souvent, elles arrivent quand je suis dans la foule, je me pose des questions existentialistes.  Je regarde les gens et je me dis, à quoi bon. Je me sens seul au milieu de tout ce monde, inutile dans la masse. Les regards des uns et des autres m’oppressent, je suis écrasé par toutes ces vies. En rentrant chez moi, je me positionne devant le miroir et je vois des cheveux qui tombent, des rides qui se forment.

Je pense à ma grand-mère en maison de retraite. Elle a plus de 90 ans et son état de santé ne lui permet plus de savoir où elle est, ni de faire la différence entre le jour et la nuit. Elle devient agressive avec le personnel. J’espère que la neige qui tombe, lui donnera un peu de baume au cœur.

Je vais passer la semaine bien seul. Lorsque mes parents sont trop loin, en vacances, à l’autre bout de la France, je me replie sur moi. Je n’ose plus prendre le bus. Je reste la plupart du temps dans mon appartement, en souffrance. Ça c’est mon état habituellement.

Ce matin pourtant, avec la neige, je suis joyeux. Mes parents doivent partir dans quelques heures et j’ai envie de vivre, sans eux. J’ai peut-être acquis une plus grande autonomie. Je l’espère. Il va falloir quelques jours pour en être sûr.

Envie de vivre

Sans envie ni motivation, je suis monté dans le bus. A l’intérieur, regardant les uns et les autres, leurs visages juvéniles de lycéen, j’ai eu comme un doute. Je me suis demandé, pourquoi tous les jours je fais ça ? Combattre mes angoisses pour aller en ville. A quoi bon ? J’ai remis mon smartphone dans ma poche et soudain, la crise d’angoisse. Celle qui fait mal. La panique totale, l’envie de fuir. Les portes étaient fermées et même si guidé par la peur, j’avais quitté cette carcasse de métal, dehors cela aurait été pire.

Au bout de quelques secondes, j’ai repris mon calme et une respiration normale. Mes jambes étaient  encore en coton mais le plus dur était passé. J’ai envoyé un sms à ma psychologue. Elle m’encourage toujours dans ces moment-là. J’étais toujours debout dans le bus et personne n’avait rien remarqué, mon visage était resté de glace. De toute façon ce n’était que des enfants qui allaient au lycée. Insouciants, ils paressaient heureux de vivre, sans se poser de questions.

Soudain, l’envie de vivre à repris le dessus. Je suis arrivé à l’association, j’étais euphorique. Je voulais coller mes lèvres à celles d’une femme. Juste comme ça, pour me sentir exister.

envie de vivre

envie de vivre

J’étais seul avec une adhérente, un peu jolie mais sans plus. Je lui ai proposé un bisou sur la bouche, puisque justement elle venait de me reprocher d’être distant. Elle a rougi.

D’autres adhérents sont arrivés. Gerald notamment, à qui je ne sers pas la main, sans après m’être lavé avec du gel hydro-alcoolique.

Mon euphorie était retombée. Mon envie d’embrasser qui que ce soit avait disparu.

Je me suis mis alors à l’écart dans une pièce, à côté d’un radiateur qui remplaçait plutôt mal la chaleur d’une femme.

Je pouvais voir passer les voitures devant le local de l’association. J’avais envie que Charlotte vienne.

Elle était plus à mon gout et moins revêche, avec elle, je n’avais pas envie de jouer.

Idée contrariante

J’ai pris ma dose de Codéine ce matin. Je suis allé faire quelques courses. Je suis de retour chez moi et je me sens comme sur un petit nuage. J’ai rarement été aussi détendu. Le soleil me chauffe le dos. Je suis complètement apaisé. Je voudrais rester des heures comme cela. Aucune idée contrariante ne vient perturber ce bonheur.

une idée contrariante peut survenir à chaque instant

une idée contrariante peut survenir à chaque instant

Hier, j’avais rendez-vous chez ma psychiatre. Elle ne me suit que depuis quelques mois. Elle apprend à me connaitre et notamment toutes mes phobies, comme la peur de sortir de chez moi, la peur de la foule, des relations sociales, des ascenseurs…

C’est important qu’elle cerne bien tous les aspects de ma schizophrénie, car dans quelques mois, elle va devoir remplir le certificat médical pour le renouvellement de mon allocation adulte handicapé.

C’est une femme avec les idées claires, très précise dans ses questions. Je ne me livre malgré tout pas complétement. Il me faut du temps pour faire confiance aux gens.

Devant moi, la télévision le son coupé, passe des images que je ne regarde même plus. C’est un facteur qui pourrait développer une idée contrariante, un délire. En effet, il m’arrive parfois de croire que le petit écran me parle et c’est très déroutant.

Heureusement, mon neuroleptique, le Solian que je prends à forte dose, a réduit les délires. Dans les heures les plus sombres de ma maladie, j’interprétais les gestes des passants dans la rue. Je me sentais harcelé.  Et même tout seul, au fin fond de ma chambre, il y avait toujours une idée contrariante qui me perturbait.

J’ai connu l’enfer sur terre.

En allant chercher ma codéine, hier, j’ai sympathisé avec la vendeuse. Elle habite dans la même rue que moi. Son mari a fait de gros travaux dans leur maison, acquit il y a un an. Elle m’a proposé de passer. Elle m’a aussi parlé de ses enfants…  Elle veut sans doute se faire des amis dans le quartier.

Souffrant de phobie sociale, c’est une idée contrariante qui va me hanter, chaque fois que je vais passer devant leur maison, pour aller chez mes parents.