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Idées anxieuses et solitude

Idées anxieuses

Idées anxieuses

Le soleil ne brille pas, pourtant, malgré toutes ces idées envahissantes, toutes ces angoisses, j’ai la force de me lever de mon canapé. Je m’arrache de mon divan pour poser mes mains sur le clavier de mon ordinateur. Mes idées, à cet instant précis, ne sont pas trop perturbées, enfin je pense… Cela faisait plusieurs mois, que toute tentative pour parler sur mon blog, se soldait par un échec. Je n’en n’avais plus l’envie, la motivation.

Cet après-midi, après que mes idées anxieuses aient envahi mon corps tout entier, jusqu’à l’os. Me poussant parfois à envisager des solutions plus radicales, l’envie de vous donner des nouvelles a refait surface.

L’envie aussi de sortir de ma solitude, et de m’exposer un peu au regard des autres, caché derrière mon écran, moi qui ait si peur de mes semblables.

Cela fait donc plusieurs mois que les nouvelles ne sont pas bonnes. Les idées envahissantes me poussent jusque dans mes derniers retranchements. La musique et la télévision sont mes seules activités. Laissant mon esprit de vagabonder, là où les pensées sont les plus douloureuses, comme l’angoisse de perdre mes parents. Moi qui n’arrive pas à mettre un pied à l’extérieur de mon appartement sans eux, ou presque…

Le matin, vers 6 heures généralement, à peine les yeux ouverts, mon cerveau commence sont rodéo d’idées angoissantes, une boule au ventre prend le relai. Je vomis assez souvent. J’attends donc pour prendre mes médicaments. Les petits tracas de la vie deviennent des montagnes infranchissables.

Tout ou presque me fait peur. La solitude, même entouré de 10 personnes est bien présente. Dehors, quand j’arrive à sortir, je mets mon masque, pour cacher le vrai visage de cette maladie qui me ronge. Je souris, je dis bonjour à ceux qui le veulent encore bien et je marche d’un pas décidé.

Les temps sont durs

les temps sont durs

les temps sont durs

Les temps sont durs. Je me réveille le matin, vers six heures et tout de suite une angoisse m’envahit. Mes mains tremblent. Je fume la seul cigarette de ma journée accoudé à mon appui de fenêtre. Parfois je déjeune un peu et d’autres fois non. J’ai le ventre vide mais cela ne me gêne pas. Je suis trop mal pour avaler quelque chose. Une fois la cigarette terminé, je ne prends pas mes médicaments tout de suite, car à cause du stress et de la cigarette, j’ai tendance à vomir. Oui les temps sont durs.

Une fois les médicaments avalés, je sais qu’il faut une heure pour qu’ils fassent effet. Je m’installe devant mon poste de télévision, et j’attends impatiemment, pour aller mieux. C’est long une heure, quand on a des idées envahissantes et la caboche qui déconne.

En ce moment, je n’arrive plus à prendre le bus. Le regard des autres est trop désagréable. Pourtant, à l’association de patients, je me sens mieux, alors je demande à un porche qu’il me conduise.

C’est derniers temps, je n’avais plus la force d’écrire, c’était un exercice trop dur. Je m’installais devant mon écran d’ordinateur et au bout d’une phrase, je n’en pouvais plus. Je retournais alors m’installer dans mon canapé pour regarder les chaines d’information en continu. Je passe de nombreuses heures dans mon canapé. Je vis dans un petit appartement et les lattes de mon canapé me font mal à la fin de la journée. Oui les temps sont durs.

Je ne supporte plus de vivre entres ces quatre murs, et surtout d’avoir comme seule occupation, cette télévision qui m’abrutit chaque jour un peu plus. J’ai bien l’impression de ne faire que survivre. Je n’arrive toujours pas à m’éloigner de mon domicile, tout seul. Je ne peux rien faire sans l’aide de quelqu’un. Heureusement que mes parents sont là. Mais je me sens tellement dépendant.

Ce matin pourtant, j’ai pris l’autoroute en voiture avec mon père pour aller voir de la famille qui habite à 45 minutes. A l’aller, je me sentais bien. Au retour, une boule avait pris place dans mon ventre, sans trop savoir pourquoi.

Tout à l’heure j’ai rendez-vous chez ma psychiatre. Je vais pouvoir lui parler de ces nombreux moments où j’ai envie d’en finir. Ce qui me retient est que cela est définitif, sans pouvoir faire marche arrière.

Tortueux est mon chemin

chemin tortueux

chemin tortueux

La vie suit son cours, tortueux, pleine de souffrance. Le soir, une chape de plomb s’abat sur moi, depuis plusieurs semaines. J’essaie de résister, mais à peine 19h00, je n’en peux plus. J’en ai assez de penser, si l’on peut appeler cela penser. C’est plus des idées envahissantes qui minent mon moral, tortueux. Alors vers 19h00, je ferme les volets pour me couper du monde. J’entends encore les gens dehors, lorsque je me réfugie sous ma couette. Il me faut encore bien une heure, de songes tortueux, avant de m’endormir.

J’ai vraiment l’impression d’être un extra-terrestre. Est si mes problèmes étaient dus en partie, à une infection parasitaire. En effet, de plus en plus d’études vont dans ce sens. Et c’est la toxoplasmose qui qui en seraient responsable. D’après l’ISERM, « Le lien entre toxoplasmose et maladies psychiatriques de type schizophrénie et troubles bipolaires se resserre. » Je vous mets le lien ici. Il y a quelques mois, j’ai fait un test sanguin et je suis infecté par ce parasite.

En attendant que la science progresse, je souffre beaucoup, surtout les après-midi, que je passe devant ma télévision ou à écouter de la musique. Je fais parfois une sortie dans le centre commercial pas loin de chez moi. Je marche en baissant la tête, pour éviter le regard des autres. Je suis trop tortueux, trop angoissé…

Dehors, le soleil brille et réchauffe l’atmosphère encore très humide. Demain matin, je vais essayer d’aller mon association, pour les personnes en souffrance psychique. Cela fait beaucoup de bien à mon moral, qui est moins tortueux, à ce moment-là de la journée. Je peux échanger avec d’autres, sur le dernier match de foot… Nous ne parlons pas trop de nos pathologies, même si nous savons que nous avons des points communs. Les adhérents sont dans l’ensemble pudiques.

Mon âme est couleur plomb

Couleur plomb

Couleur plomb

Aujourd’hui il fait gris. Comme si un peintre avait lancé un pot de peinture couleur plomb, sur le ciel, sur les murs et sur mon âme.

Réveillé à 6h00 du matin, angoissé. Vite vite, j’ai avalé mon traitement pour me sentir mieux, le temps qu’il fasse effet. Soixante minutes à attendre, à sentir l’emprise des molécules avalées m’apaiser tout doucement, pour ne plus souffrir trop fortement. Puis, il a fallu deux longues heures pour que je puisse ouvrir les volets et voir autre chose que le noir, inquiétant, flippant. Cela fait plusieurs mois que c’est le même rituel. La télévision comme seul nourriture. C’est souvent de la mal bouffe mais c’est la seule chose que j’arrive encore à faire. Je regarde j’écoute, je zappe frénétiquement.

Mon âme est malade, couleur plomb. Souvent j’ai une boule au ventre et le cerveau dans un étau. Je cherche désespérément un moyen de me soulager, sans le trouver. Et puis, je suis anxieux aussi. Le moindre petit détail est source de stress.

La semaine prochaine, l’association de patients sera fermée. Je vais passer encore plus te temps entre mes quatre murs. Une prison de laquelle je ne m’éloigne pas beaucoup, à cause de mes angoisses, qui sont proportionnelles aux nombres de pas que je fais une fois la porte d’entrée passée.

Ce matin quand même, j’ai entendu les oiseaux chanter. Petit moment de joie dans cette vie de brut.

Il est 15h00 est le ciel est toujours couleur plomb, déprimant. Je voudrais un grand soleil, radieux, qui me cognerait la tête, et peut être me la remettrait en place. Un grand coup par-ci et par-là serait peut être bénéfique.

Je ne sais pas ce que je vais faire du reste de cette journée. J’ai du plomb dans les chaussures et dans l’estomac. Je vais surement m’affaler dans mon canapé et essayer de trouver de la bonne musique.

Le dimanche est le jour de la semaine que j’aime le moins

Dimanche

Dimanche

Le dimanche est un jour que je n’apprécie pas. Souvent un sentiment de mal être m’envahit tout entier. Je me suis encore réveillé sur un cauchemar angoissant. J’avais le souffle coupé en ouvrant les yeux. Tremblant et la boule au ventre, je suis sorti de mon lit. Cela fait deux mois que ça dure.

Le reste de la matinée s’est relativement bien passée. J’étais motivé, alors j’ai fait un peu de ménage, une machine à laver…

Hier, samedi, un ami est venu chez moi. En l’attendant, j’avais hâte qu’il arrive. J’avais envie de voir un peu de monde mais au bout d’une demi-heure de présence, j’ai commencé à me sentir mal. Le Tercian m’avait endormi et je me suis retrouvé submergé par ses propos. C’est un bavard.  Je me suis retenu de ne pas le mettre dehors au bout d’une heure. Je n’en pouvais plus de l’écouter. J’ai failli craquer. Mes nerfs ont été mis à rude épreuve. Je suis fragile et je n’étais vraiment pas en forme. Il ne s’en ai pas rendu compte. Une fois cet ami partie, j’ai pu retrouver un peu de sérénité.

Ce dimanche après-midi a commencé sur un moment angoissant. C’est souvent le cas après le repas du midi. Il a fallu une bonne heure pour que je trouve une occupation et que je me sente mieux.

Dehors, les gens sont en train de faire leurs courses dans les zones commerciales. Beaucoup de magasins sont ouverts ce dimanche. J’ai été y faire un tour, histoire de me changer les idées. Je ne sais pas ce que mes fêtes de noël et de fin d’année vont donner. Je serai en famille mais c’est une période délicate psychiquement. Le bonheur sur commande et les journées à voir la famille, les cousins et cousines qui ont tous réussi, me font parfois voir à quel point je suis handicapé.

Schizophrène, perdu dans ce monde complexe

Monde

Monde

Perdu dans ce monde compliqué. Tout me fait peur. Heureusement j’ai mon Tercian, 3 comprimés par jour. J’ai mieux dormi cette nuit mais au réveil un peu plus tard que d’habitude, une bouffée d’angoisse m’a envahi. Il faisait nuit noire. Je suis seul à cette heure-là. Le reste du temps aussi, je me sens seul, dans ce monde pour lequel je ne suis pas fait. Un monde exigeant et de plus en plus complexe, qui demande d’être en bonne santé pour y vivre de manière autonome. Hier, je me suis vraiment senti comme un adulte handicapé. Ce que je suis d’ailleurs, puisque je touche une allocation.

Hier justement, avec ma psychologue à domicile, la séance s’est bien passée. Après des exercices de respiration et une riche discussion, je me sentais mieux. C’est une jeune femme agréable avec qui le courant passe plutôt bien. Elle arrive toujours chez moi dans un grand silence, après avoir dit bonjour. Nous nous regardons alors jusqu’au moment où assis nous commençons la séance. C’est là seulement que nous parlons. Elle repart toujours dans ce même silence, même si nous essayons d’échanger un peu sur la météo…

Aujourd’hui, je n’ai plus envie de penser. Je voudrais pouvoir me reposer et ne plus me tracasser la tête pour rien. Il y a toujours des idées angoissantes qui arrivent lorsque je ne m’y attends le moins. J’ai besoin de repos. Je regarde par la fenêtre et je vois la complexité du monde. Nous, les êtres humains, avons de plus en plus de connaissances et tout devient de plus en plus technique. Il nous faut un long apprentissage pour y vivre. Avec mon handicap qui me procure beaucoup d’anxiété, je me sans parfois inadapté et plus capable de ne rien faire. J’ai peur de tout. Je voudrais ne plus être perdu, égaré dans ce monde.

Mon cœur va lâcher

cœur

Cœur

Je me suis réveillé à 4 heures du matin, sorti de mon sommeil par un rêve angoissant. Mon cœur s’est mis à battre plus vite, j’étais paniqué. C’est une sensation horrible en pleine nuit. Mon corps tout entier avait besoin qu’on le réconforte. Mon cauchemar n’était pas fini. Petit à petit malgré la prise d’un puissant anxiolytique à effet sédatif, des idées angoissantes ont tambouriné dans ma tête jusqu’à me faire vomir. Il n’était que 6 heures du matin. A 7 heures du matin, précisément, j’ai pu prendre mon traitement. Il faut 45 minutes pour qu’il fasse effet et j’ai pu alors ressentir un bien être. Mon cœur a retrouvé un rythme normal, mon corps a arrêté de tremblé.

Dehors, il fait encore nuit noir. Tout à l’heure, J’ai croisé les habitués à la boulangerie vers 7 heures, qui n’ont pas remarqué mon état de grande anxiété. C’est toujours ces mêmes trois personnes. Un professeur que j’avais eu quand j’étais au lycée et que j’avais un peu chahuté à l’époque. Il n’a pas l’air de trop m’en vouloir et échange régulièrement avec moi quelques mots dans une bouche toujours souriante. Il y a aussi cette dame d’un âge certain, souriante aussi mais pas très bavarde. Elle parait un peu plus timide. Nous nous voyons quasiment tous les matins.

Tout à l’heure quand il fera clair. J’irai accomplir mon devoir de citoyen, en cette journée d’élection. Au moment de rentrer dans la salle, mon cœur battra sans doute un peu plus vite. Le coté solennel de la chose me rend anxieux. J’évite aussi d’y aller quand il y a du monde, cela m’angoisse encore plus.

Le reste de la journée va être passée en famille. Malgré tout le dimanche est le jour de la semaine que j’aime le moins. Je ne sais pas trop pourquoi.

Vivre en autonomie lorsque l’on est schizophrène

Autonomie

Autonomie

Vivre en autonomie lorsque l’on est schizophrène. Mes parents me soutiennent. Je les vois quasiment tous les jours bien que n’habitant pas chez eux. Comme un phare dans la nuit j’aimerai m’éloigner de la côte pour vivre de manière autonome. J’aimerai ne plus me sentir mal lorsqu’ils sont en vacances. La lancinante douleur de leur absence est trop insupportable pour que je continue. Le samedi matin comme souvent je vais les voir. Aujourd’hui j’ai décidé de passer la matinée chez moi. J’ai décidé de trouver une occupation pour mes dix doigts et mon cerveau.

Aujourd’hui aussi, malgré ma bonne volonté, vers 4 heures du matin je me suis réveillé brutalement. Des idées toutes plus angoissantes les unes que les autres ont envahi mon cerveau jusqu’à me faire vomir. Mes parents doivent faire un long voyage de plusieurs semaines dans quelques mois et je vais me retrouver seul. C’est cette simple cause qui me fait autant souffrir et qui me fait faire de violents cauchemars, me réveille dans la nuit me procure des douleurs insupportables. Je n’ai pas encore trouvé de solutions malgré mes efforts. Je tremble souvent  tout entier jusqu’à ce que le soleil ne se lève.

Vendredi je suis allé à l’association de patients. J’ai réussi à prendre le bus sans angoisses. C’est une petite victoire sur moi-même. C’est un peu d’autonomie dans ce monde de brut. Il y avait les patients habituels et ce break m’a fait du bien. Je me sens à l’aise dans le local de cette association. C’est l’un des seuls lieux en ville dans lequel je suis aussi serein.

Je prie tous les jours pour savoir vivre en complète autonomie. Je sais que la route sera longue et je n’y arriverai peut être pas. Je fais le maximum. J’ai vraiment l’impression d’être handicapé et  je préférerai être en fauteuil roulant que schizophrène.

J’aime mes parents

Aime

Aime

La boule au ventre est là, lancinante, comme un appel au suicide. Tout m’angoisse… Je pense à mes parents, j’ai 37 ans et j’ai encore besoin d’eux. Je veux dire combien je les aime. Combien leur présence m’est importante. Sans eux, je suis désemparé. Il n’y a pas tant de personnes qui s’impliquent autant pour me rendre la vie plus facile. Je me sentirai tellement seul s’ils n’étaient plus là et je ne sais pas comment je ferai le jour où ils partiront. Alors je veux dire que je les aime. Haut est fort, je pense à eux.

La boule au ventre a disparu et je suis dans une sorte d’excitation joyeuse angoissante. J’écoute de la musique. Cela risque fort d’être mon programme de l’après-midi. Je suis trop angoissé pour prendre le bus et aller en ville. Je suis dans mon petit appartement. J’aime mes parents, c’est la seule chose que j’ai en tête et qui me fait du bien.

Quand mes parents partent loin en vacances et que je reste seul chez moi, parce-que je suis en plus un peu agoraphobe, parfois je me sens mal. Ils sont mon bouclier contre la solitude. Je peux rester plusieurs jours chez moi sans voir personne d’autre sinon. C’est très désagréable d’être isolé.

Ma mère a un caractère un peu plus dur que mon père. Elle est très exigeante. C’est parfois compliqué quand je ne suis pas en forme. Mon père est beaucoup plus détendu. Il m’écoute quand je ne vais pas bien. Je peux lui en parler. Il me réconforte.

Sans mes parents, j’aurai l’impression d’être comme un cosmonaute perdu dans l’espace, alors je prends soin d’eux. J’ai besoin d’une autorité mais je n’accepte que celle de mes parents.

Il y a quelques jours, j’ai quand même commencé à remplir un dossier pour une aide à la vie en autonomie.

Mon ventre ne crie plus famine

ventre

Ventre

La peur au ventre. Je suis angoissé. Le soleil est passé de l’autre côté de mon appartement. Il fait beaucoup moins clair. Il n’est que 16 heures. J’attends avec impatience de fermer les volets pour me retrouver dans mon cocon, prendre une douche, me mettre dans mon canapé et retrouver un peu de sérénité. Ça ne marche pas à tous les coups, mais parfois je me sens bien à ce moment-là de la journée. Malheureusement au bout d’un certain temps, vers 20 heures, la fatigue vient me prendre tout entier, le ventre et la tête. Il faut que je résiste sinon je vais encore me levé trop tôt et angoisser jusqu’à en vomir. Il peut se passer des semaines insupportables et je suis dans cette phase-là. Je n’arrive plus à manger le soir et je finis par maigrir. Mon ventre ne crie même plus famine.

Ce matin, je ne suis pas allé à l’association de patients. J’étais trop angoissé pour prendre le bus. J’espère que demain je pourrai profiter un peu de la vie. Il y a une citation de Naguib Mahfouz  qui dit que « La peur n’empêche pas la mort, elle empêche la vie. »  Moi je suis tremblant de partout. Je passe des semaines entières dans mon canapé à regarder la télévision. J’aurai eu une vie comme cela. Une « non » vie.

Parfois j’essaie de me mettre à la place de quelqu’un qui ne souffre pas de schizophrénie. Je me dis que cela doit être agréable de se sentir entier, des pieds, en passant par le ventre les bras et la tête. J’ai l’impression d’être fracturé, d’être sur la corde raide quand je parle à quelqu’un, surtout lorsque c’est une nouvelle connaissance. Je ne me sens pas sur de moi, ni entier. Je me sens comme un puzzle à qui il manquerait des pièces. Les autres ne le voient pas tout de suite mais moi je suis plongé dans le grand bain, lorsque je suis en société ou même seul à réfléchir.

Dans mon appartement, le grésillement de mon réfrigérateur accompagne mes angoisses. J’ai peur.