Le canapé d’un schizophrène

canapé schizophrène

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Je suis tendu et fatigué, à peine la force de tapoter sur un clavier. Je ne compte plus les heures passées dans mon canapé, à essayer de trouver une position dans laquelle je retrouverai un peu de bien-être. Ça fonctionne quelques secondes, lorsque je m’allonge sur les dos, les jambes tendues.

Je regarde l’horloge tourner, minutes par minutes. L’après-midi est comme les dunes d’un désert, sans fin.

De la musique rentre par mes oreilles. Parfois je la supporte plus. Mais que faire du temps qui passe.

La fatigue me reconduit toujours vers mon canapé, comme si il était aimanté. Il faut dire que j’avale une sacrée doses de psychotropes, tous sous ordonnance.

Mon canapé, acheté à bas prix, commence à se tordre. Je peux sentir ses ressorts, ses creux et ses bosses. Il est comme moi, abimé, désagréable…

Dans une semaine, c’est le mariage de ma cousine. Je ne sais pas si j’aurais la force d’y aller. C’est à une heure de route, mais pour moi, c’est comme aller sur mars. Il faudra que je voie aussi, si je rentre dans mon costume. Cela fait plusieurs années que je ne l’ai pas porté.

Ça serait surement mieux, que de me retrouver une nouvelle fois dans mon canapé de schizophrène. Même si je l’aime un peu, avec le temps.

Je rêve quand même d’un grand salon, avec un canapé d’angle.

Ce matin, je suis retourné à mon association de patients. Je m’en étais éloigné, ces deux dernières semaines. J’ai revu Fred, avec qui je discute souvent de cigarette électronique. Il est calé dans ce domaine, et fait régulièrement de nouvelles acquisitions de matériels, pour recracher de belles volutes de vapeur.

Vers  onze heures, quand je suis rentré chez moi, je n’ai pas réussi à me détendre, même en m’allongeant sur le dos.

Une réflexion au sujet de « Le canapé d’un schizophrène »

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    Bonsoir Paul,

    Ça serait bien que tu ailles au mariage de ta cousine, que tu te force, même pas longtemps. J’ai fêté le mariage de ma soeur fin avril, je m’occupais des photos toute la journée et toute la soirée, je ne suis pas rentré bien tard, vers 2h du matin alors que la soirée battait son plein, j’ai du rentrer car j’étais épuisé par la surcharge pondérale causé par les médocs, à force d’être debout j’avais l’impression d’avoir les vertèbres tassées.

    À la soirée je n’ai pas beaucoup bu, un peu de rosé, de punch, une bière et un whiskey en fin de soirée. La plupart des gens sur 140 invités, disons un bon gros tier étaient au courant de ma maladie et pour certains qui l’ont découvert sur le tas, j’ai eu des retours comme quoi ça ne se voyait pas du tout que j’étais schizophrène, même si quand je me vois sur les vidéos et les photos, moi je sais que ce surpoids qui me gâche la vie n’est pas un surpoids naturel et est du aux neuroleptiques. Physiquement je me hais…

    Bref essaie de te motiver pour le mariage de ta cousine même si c’est plus facile à dire qu’à faire, même si à la soirée tu ne reste que pour le repas, ensuite tu peux peut être te faire ramener par ton papa.

    À bientôt Paul, prends soin de toi!

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