1000 morceaux de cervelle

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Le soleil brille de 1000 feux et fait fondre la route qui ce matin était encore glissante. Je me suis réveillé de bonne heure, vers 7 heures, avec toujours ces comprimés à avaler, sans vomir.  A force, je ne les supporte plus.

Ce matin, j’étais vraiment en 1000 morceaux. Excité par les antidépresseurs et en même temps, j’avais l’impression d’être au bord d’une falaise, prêt à dégringoler, ou tout du moins, à tomber de quelques mètres encore.

Mon cerveau était comme ouvert en deux, en trois en quatre… Comme une bouteille en verre, qui explose en 1000 éclats, lorsqu’elle touche violement le sol.

Je ne suis vraiment pas sur la bonne voie. J’ai des angoisses qui me paralysent, comme un tétraplégique. Toute action, que je mets en place, me fait craindre d’être le responsable d’une catastrophe.

Y aura-t-il, un moment dans l’infini de temps, où je serais bien ? Après ma mort ?

Pour l’instant j’attends. C’est tellement dur et pourtant, j’ai l’impression que le pire est à venir.

Cet après-midi un ami doit passer me voir. Je l’espère, pas trop longtemps. Je ne supporte pas d’être envahi dans mon espace. Je commence déjà à préparer une excuse pour le faire partir, au bout d’un certain temps.

Le soir vers 18 heures, quand je suis seul chez moi, 1000 pensées désagréables envahissent mon cerveau. Je n’en peux plus, je ferme les volets et je me refugie sous une épaisse couette, dans mon lit.

Le lendemain matin cela recommence. Il y a comme un paysan qui laboure mon cerveau avec sa charrue. Je suis crispé. Les antipsychotiques m’éloignent des pensées délirantes, mais pas de la souffrance.

Je suis tendu comme un arc. J’aurai besoin d’un relaxant. De me sentir bien, juste une heure ou deux. Malheureusement, les anxiolytiques n’ont plus d’effet sur moi.

4 réflexions au sujet de « 1000 morceaux de cervelle »

  1. Pixel

    Bonsoir Paul,

    On dirait pas comme ça mais moi aussi mon coeur est en mille morceaux… j’essaie de courir après un pseudo bonheur dont je sais pertinemment que je n’atteindrais jamais à 34 ans révolus, je broie du noir quant à mon avenir c’est la principale cause de mes angoisses, la mort ou la peur de me retrouver seul face à moi même dans le futur et je dois t’avouer qu’à 34 ans et des années de céliba’ me pèsent…

    J’essaie de faire bonne figure mais j’ai l’impression que la maladie aura le dessus sur moi, je suis fou, même si ça se voit pas. Je me suis résigné, souvent on me dit essaie de maigrir, fais du sport, essaie de trouver un boulot, tire un coup mais franchement plus rien à foutre, je me laisse aller et peu importe ce qu’il arrivera, je suis bien trop fatigué et désespéré.

    Des fois quand je pense à la mort et ce qu’il y aurait peut être après, je me dis est ce que je serais heureux là haut avec plus tard tous les membres de ma famille à chanter villancicos (chants de noël espagnols) et retrouver une plénitude et un bonheur auquel je n’ai pas goûté ni ressentie depuis tellement d’années…

    Bref j’en ai marre, l’horloge continue de tourner et moi je suis immobile, comme si je n’existais pas dans ce bas monde.

    Désolé Paul de pourrir tes publications mais y’a qu’ici, sur ton blog que j’arrive à parler même à mon psy je ne me confie pas comme ça. De toute manière celui d’en ce moment pour ce qu’il me sert… Il est bon juste à encaisser le chèque et me filer mes cachetons.

    A bientôt Paul prends soin de toi.

    Pixel

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      1. Gwen

        Salut Pixel,
        je ne connais pas Paul, mais je n’ai pas l’impression que tu pourrisse quoi que ce sois. Pour le célibat, j’ai abandonné l’idée d’une quelconque compagnie. Je m’efforce à paraitre normal, mais le masque tombe une fois à la maison. En apprenant plus sur moi et me voyant réagir hors du cadre extérieur ou professionnel, les amis m’abandonnent, les copine s’en vont ou reste par pitié donc je les envoient bouler… Je suis seul depuis 2010 et ça me va.
        Ma seule fierté c’est de réussir à tenir un emploi… Mes psy m’ont tellement tanné pour cette foutu carte handicap… Mais on dois se battre de toutes nos forces pour réussir ce que les gens normaux réussissent naturellement…
        Perso là, je suis triste, il me restait 2 amies, et j’ai été débile, désagréable et une de mes amies me lache…

        Tout ça pour dire que tu n’est pas seul, si tu veux papoter, je suis aussi un fou qui n’a personne envers qui vider son sac.

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  2. Aidan

    Bonjour Paul,

    Je suis « tombée » un peu par hasard sur votre blog… J’écris « par hasard » parce que je l’ai choisi parmi d’autres, mais on ne peut pas vraiment parler de hasard puisque c’est bien moi et moi seule qui ai inscrit les mots dans l’encadré du moteur de recherche…
    En bref, une fois que j’ai commencé la lecture, je ne me suis plus arrêtée et j’ai même relu certains passages plusieurs fois…je me suis sentie étrangement concernée et je n’avais qu’une envie…demander à cette personne ce que je pourrais faire pour qu’elle aille mieux, en sachant pertinemment que c’est bien plus compliqué que ça..Sans doute parce que c’est ce que j’aimerais qu’on me demande…sans jugement, sans fausse condescendance… Juste pour être soulagée…

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