Avaler des pilules à en vomir

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J’ai de plus en plus de mal à avaler les pilules le matin, mon corps ne les supporte plus. Cela fait 20 ans, que tous les jours, je fais le même rituel. Un verre d’eau et un comprimé à la fois, avec pendant de longues minutes, l’envie de vomir, et des hauts le cœur pendant quelques secondes.

Toutes mes journées commencent ainsi. Après j’avale des litres de liquide, du coca zéro, en même temps que j’utilise ma cigarette électronique. Cela m’occupe.

Le matin, je vais dans une association de patients, située à 10 minutes en voitures. C’est mon père qui me conduit. Je suis trop angoissé pour prendre le bus.

Je n’y reste jamais trop longtemps. Je discute avec les uns et les autres, pendant une petite heure. Pour retourner chez moi, j’arrive à monter dans l’autocar. Je m’installe derrière le conducteur, pour ne pas à avoir à croiser le regard des autres voyageurs.

Une fois rentrer dans mon appartement, derrière la porte que je viens juste de fermer, je pousse un « ouf » de soulagement. C’est un peu le seul lieu sur terre, ou je me sens en sécurité.

J’allume alors la télévision. Il fut une époque, je ne pouvais même plus la regarder. On s’adressait à moi, à travers les images. C’était insupportable.

J’interprétais aussi, les gestes des gens dans la rue. Pourquoi me disaient-ils cela ? Je n’étais pas stabilisé. J’étais au bord de l’explosion. Il n’y avait que dans ma chambre ou je ne me sentais pas agressé.

A cette époque, je n’avais pas de traitement médicamenteux. Même mes parents m’agressaient, à travers l’interprétation que je faisais de leurs propos. J’avais développé une haine à leur encontre.

Il a fallu une hospitalisation en milieu psychiatrique, et avaler pendant des années des antipsychotiques, pour que je retrouve un peu la raison.

Une réflexion au sujet de « Avaler des pilules à en vomir »

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    Bonjour Paul,

    Comme beaucoup de schizophrènes j’ai connu comme toi les même délires avec la télévision, c’est quasi insupportable, encore aujourd’hui j’évite de la regarder si j’ai pas trop la pêche. J’interprètais également la gestuelle des personnes dans la rue croyant avoir affaire à des espions. Bref tout un tas de délires qui sont apparus en fin d’adolescence, début de l’âge adulte et qui ont contribués à mon hospitalisation. Je calculais même les plaques d’immatriculation des voitures que je croisais pour y trouver quelconque signification pour me rassurer.

    Au delà des délires qui sont déjà graves et sans queue ni tête, le plus dur dans tout ça sont les choses que l’on ressent dans ces instants qui ne sont que des sentiments de souffrances intenses et qui au bout d’un moment nous font péter les plombs.

    Courage Paul, j’espère que quand même que tu vas mieux que dans ces phases de crises, moi c’est le cas, si j’étais resté une semaine de plus dans mes délires dans ces phases de crise, je pense que sincèrement je ne serais plus là.

    Courage Paul, je t’embrasse

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