La tête dans un étau

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J’ai la tête dans un étau. C’est très désagréable et cela survient tous les jours après le repas du midi. Je m’installe dans mon canapé. D’abord les jambes croisées, puis je m’allonge complétement. Aucune position ne fait disparaitre cette douleur. C’est lancinant, un peu comme la torture qui consiste à faire tomber une goutte d’eau sur le front, pendant des heures, au même endroit, jusqu’à ce qu’on ait l’impression que ce soit la fraise d’une perceuse et plus une goutte d’eau.

Je regarde l’heure et je vois qu’il est à peine 14h30. Le temps passe si lentement l’après-midi. Mon cerveau est toujours pris dans un étau. Je n’ai nulle part où aller. Personne avec qui discuter. Mes parents sont là bien sûr. Mais leur contact, à force, n’est pas très épanouissant. Je ne sais cependant pas ce que je ferais sans eux. Ils sont comme une force gravitationnelle qui m’aspire tous les jours un peu plus. Il faudrait que je prenne mon envole.

Aujourd’hui, il y a un air de printemps. J’ai ouvert les portes fenêtres de mon appartement. Un air chaud pénètre à l’intérieur de mon séjour. Je peux entendre distinctement les bruits de la rue. Les sirènes des pompiers… J’ai toujours la tête dans un étau. Il faut souvent que j’attende 18 heures, pour qu’un mieux-être s’installe.

J’ai hâte que le soleil se couche, que la vie autour de moi se ralentisse. Je peux commencer alors à me mettre en veille. Bien souvent je me mets dans mon lit de bonne heure. C’est un refuge.

En attendant, il me reste de longues heures à patienter. Comme perdu dans l’espace, sur une planète qui tourne sans moi ou presque. Je ne fais pas vraiment parti de ce monde. Nous sommes un pourcent de la population à être schizophrène. Chacun faisant comme il peut.

8 réflexions au sujet de « La tête dans un étau »

  1. Pixel

    Salut Paul,

    Tu décris exactement ce que moi même je peux ressentir au travers de la maladie. Es tu un entendeur de voix? La majorité des schizo avec qui j’ai pu discuter m’affirmaient que les hallus auditives sont les pires à supporter. Je suis entendeur de voix, et ça me pourrit la vie. J’ai l’impression que mes injections d’Abilify ne servent à rien et que cela me fait un effet placebo plutôt qu’autre chose. J’en peux plus de ces voix qui cognent dans ma tête et m’épuisent psychiquement. Je vais voir avec mon psy si je ne peux pas à voir, changer de médocs, ça en est devenu quasiment invivable… J’ai moins d’angoisses et de crises de panique mais ces voix je ne les supporte plus, j’arrive à m’endormir que quand je suis épuisé mentalement.

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    1. Paul Auteur de l’article

      Salut Pixel,

      Non je n’entends pas de voix. Je comprends que cela puisse être terrible à vivre. Moi c’est plutôt les idées envahissantes, les angoisses permanentes qui me rendent la vie insupportable… Oui il y a peut être un traitement plus adapté. Courage!!! J’ai un ami qui souffre aussi de schizophrénie et qui va beaucoup mieux après avoir trouvé le bon traitement.

      Paul,

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      1. Pixel

        Salut Paul,

        Rien à voir avec le sujet de ton dernier post mais que pense tu des appartements thérapeutiques, as tu connu ça? Si oui comment cela se passe? Mon psy m’a proposé de vivre en appartement thérapeutique pour avoir une première expérience de vivre tout seul.

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        1. Paul Auteur de l’article

          Salut Pixel,

          Non je ne suis jamais passé par des appartements thérapeutiques. C’est peut être une nouvelle expérience à tenter?

          Paul,

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        2. Hugo

          Salut, les appartements thérapeutiques sont une chose difficile à supporter si l’on a pas une forte sévérité dans les symptômes. Mon psychiatre me l’a aussi proposé, j’ai refusé après avoir parlé aux assistants sociaux. Si cela peut t’aider, enfin si tu le penses, Vas-y fonce ! 😀
          J’aimerai en connaître plus sur toi si tu l’acceptes on peut discuter par mel. Hugo

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  2. Pixel

    Salut Hugo,

    J’ai accepté de faire un test en appartement thérapeutique, ma foi si ça marche pas tant pis mais j’ai plus trop le choix là… Je verrais bien comment ça se passe, si ça se passe pas bien, comme me l’a dit mon psychiatre, on tentera une prochaine fois.

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  3. Pixel

    Re:

    Qu’est ce qui t’as rebuté dans le fait d’aller dans ce genre d’appartement? C’est à cause des assistants sociaux tu dis dans ton message. Perso comme me l’a expliqué mon psy, c’est pas une prison, tu sors quand tu veux tu fais ta petite vie, bref j’aurais peut être même du boulot. Si tu es plus calé sur le sujet, explique un peu, car même si j’essaie de positiver un minimum, je t’avouerai que j’angoisse carrément.

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    1. Hugo

      Hey Pixel, c’est le personnel du cmp qui me l’a déconseillé, il paraît que c’est un environnement très encadré (je pense que ça c’est bien) mais tu croises des gens très malades. Je sais pas si c’est l’idéal pour ton moral. Toutefois, si tu as envie de prendre ton indépendance comme tu l’explique ça peut être une première étape avant autre chose. Bon courage Pixel.

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