Le bateau coule

Le bateau coule

Le bateau coule

Je me sens comme un bateau échoué sur une plage. Je n’arrive pas à me détendre et j’ai toujours les mêmes idées qui me viennent à l’esprit. Comme un marteau qui tape une enclume, j’attends de me sentir mieux, en vain. Cela fait plusieurs mois que je souffre le martyr. Je sais que je vais être hospitalisé en secteur psychiatrique, dans quelques semaines maintenant. C’est un essai d’une semaine pour plus tard, en avril, lorsque mes parents partiront à l’étranger pour trois semaines. En effet, me retrouver seul dans mon appartement, avec presque personne sur qui compter, me fait encore plus peur que d’aller dans un hôpital psychiatrique.

Tout seul, j’ai l’impression d’être perdu dans l’espace, ou dans un bateau en pleine tempête. Mais l’hospitalisation aussi m’angoisse. Je n’arrête pas d’y penser depuis des mois. Je sais que c’est la moins mauvaise solution, mais c’est comme une perceuse qui me vrille le cerveau et tout le corps. Le soir, je n’ai qu’une seule envie, c’est de me réfugier dans mon lit le plus tôt possible.

Je suis à la barre d’un bateau qui coule. J’ai déjà vécu seul loin de mes parents, lorsque j’étais étudiant. Deux crises de schizophrénies aigues sont passées par là et ont fracturé mon cerveau et explosé la confiance que j’avais en moi. Aujourd’hui, je suis angoissé pour rien.

Il faut que je me calme. Que je fasse mes exercices de respiration. Un deux trois, j’aspire profondément en baissant les épaules et je souffle.

Ce matin, je suis allé à l’association de patients. J’ai fait bonne figure malgré la boule que j’avais dans le ventre. J’ai discuté avec les uns et les autres, puis je suis rentré en bus. L’après-midi risque d’être longue et ennuyeuse. Mon cerveau est dans une enclume depuis plusieurs heures maintenant, et aucune pilule ne vient à bout de cette douleur.

2 réflexions au sujet de « Le bateau coule »

  1. Isabelle Gauvreau

    Vous écrivez très bien. Je vous remercie de partager vos pensées, sentiments et sensations. Vous m’aidez à comprendre, à me comprendre.
    Poursuivez votre excellent travail.

    Isabelle

    Répondre

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