La boule au ventre

boule au ventre

Boule au ventre

Le réveil vers 7 heures du matin, un dimanche, fut assez dur. A peine les yeux ouvert, une boule au ventre s’est manifestée. Dehors, la nuit noire écrasait le paysage, donnant encore plus l’impression d’être dans un bateau en pleine mer. Comme des phares, les lampadaires prévenaient du danger, au cas au j’aurais voulu quitter mon appartement.

La boule au ventre était encore présente quand je me suis mis dans mon canapé pour fumer quelques cigarettes. La bouche sèche à cause du lourd traitement que je prends, donnait une sensation désagréable à chaque fois que j’aspirai une bouffée. Il fallait que j’avale du liquide.

Assez rapidement, le traitement que je prends trois fois par jour a fait son effet. Je me suis senti un peu mieux, moins angoissé. Pourtant la boule au ventre était encore là, au centre de l’estomac. Elle était bien au chaud et ne voulait plus partir.

Quelques minutes plus tard, sous la douche, une impression étrange m’a envahi. Mon corps me paraissait comme ne plus faisant partie de moi. Mes bras, mes jambes étaient comme des appendices, qui ne m’appartenaient plus. Une angoisse commençait à monter. Mon cerveau commençait à se brouiller. Il fallait vite que je me sèche.

Le dimanche est le jour de la semaine que j’aime le moins. Je ne peux pas aller me balader dans le centre commercial pas loin de chez moi et c’est le jour du repas en famille. Un repas que je préférai éviter. Le côté maternel de mon père est insupportable, et les remarques de ma mère fatigantes.

Heureusement, une ou deux heures après ma douche, la boule au ventre est partie. Le soleil s’est levé, inondant de lumière mon petit appartement. J’avais quand même de grandes difficultés à me concentrer, et mes muscles tendus, me faisaient souffrir.

5 réflexions au sujet de « La boule au ventre »

  1. Valérie

    Les Finlandais, qui soignent la schizophrénie avec succès, disent que c’est une maladie qui est due au contexte familial et social. Ils organisent des réunions avec la famille et les amis du malade afin de mieux comprendre pourquoi il est si mal. Au bout du compte, le malade guérit (si, si ) car il comprend dans quelle situation d’étouffement il est à la fois dans sa famille mais aussi dans la société. Évidemment pas de cachets car ils considèrent que cela ne fait qu’empirer la maladie.
    Alors si tu te sens mal à l’aise avec tes parents, tes amis, les gens, il y a sans doute une vraie raison . Ce n’est pas la maladie qui te rend mal à l’aise, c’est toi . La question a se poser, c’est : est-ce que je suis comme ma mère ? comme mon père ? mes frères et soeurs ? mes amis ? est-ce que j’aime cette société, ce monde ?…si la réponse est non a chaque fois, c’est que tu as une personnalité très différente du commun des mortels et que tu ne sais pas (encore) la gérer. Et arrête de faire confiance aux cachets.

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  2. Pixel

    Bonsoir Paul et Valérie

    Cet été j’ai regardé un reportage intitulé « Des ailes brisées » sur youtube. C’est un documentaire qui montre comment deux personnes, des femmes, ont pu guérir de la schizophrénie sans médicaments. Elles étaient des cas assez lourds ayant vécus des choses dans leurs vies assez difficiles et traumatisantes. Ce sont des médecins américains qui ont réussis à les guérir sans médocs. C’est beau mais ça me parait très difficile à concevoir selon ma propre perception étant moi même malade, tout comme Paul.

    Perso j’ai changé de neuro et je commence à me sentir doucement mieux au niveau du moral et des angoisses. Je suis sous abilify mais pour ce qui est d’une méthode sans médicaments, je pense que Paul sera d’accord avec moi mais cela parait impensable. A chaque fois que je les ai arrêté, quelques mois après je refaisais des crises. Après je suis d’accord avec toi Valérie c’est peut être possible mais nous n’avons pas ce genre de protocole médical en France et ça doit être une thérapie sur du très, très long terme. Bref, rien n’est impossible.

    Passez une bonne soirée

    Pixel

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    1. Paul Auteur de l’article

      Bonjour Pixel,

      Dsl de ne répondre que maintenant, je n’étais pas très bien. Je suis d’accord avec toi Pixel, quand tu dis qu’il ne faut pas arrêter ses médicaments. Il n’y a en France aucune alternative sérieuse. Dans le futur, d’autres thérapies apparaîtront-elle peut être, mais ce n’est pas à l’ordre du jour.

      Paul,

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  3. Valérie

    Bonjour Paul et Pixel
    Bon, d’accord, pas d’alternative sérieuse en France. Donc moi, j’ai suivi mon envie viscérale de sortir de l’enfer. Maintenant, je sors quand je veux, je fais de la musique, j’écris de la poésie, j’ai un chat et je ne souffre plus. Les cachets, j’ai eu un mal de chien à m’en sevrer, à chaque fois que j’arrêtais, je rechutais. Jusqu’à ce que j’apprenne que c’était des délires de sevrage et que c’était normal parce que le corps se nettoie des toxines. J’ai persisté et maintenant, je vois la lumière. Vous ne me croyez pas ?? C’est parce que vous n’avez pas envie de vous en sortir, vous ne souffrez pas autant que tout ce que j’ai enduré pendant plus de 20 ans. je voulais vous aider, c’est terminé. Tant pis pour vous. Merci Paul de ne pas avoir répondu à mes messages, entre malades, on se serre les coudes.

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    1. Paul Auteur de l’article

      Bonjour Valérie,

      Dsl d’avoir été aussi catégorique dans mon message précédent. Tu as beaucoup souffert, comme tu le dis, et tu mérites amplement d’être heureuse aujourd’hui. C’est ce qui est important. Mais l’expérience, même positive, d’une seule personne ne peut pas toujours être la règle.

      Paul,

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