C’est un répit qui me fait du bien

Répit

Répit

Ce matin, je ne souffre pas trop. Un répit qui fait du bien, tant la souffrance était forte ces derniers jours. Je ne voyais plus le jour, à faire des allés retours de mon canapé à mon lit. Là, j’ai ouvert la porte fenêtre de mon appartement et je peux entendre les bruits de la ville. C’est agréable et c’est un répit qui fait du bien. Je me sens faisant parti du monde qui m’entoure. Je ne suis pas centré sur mes souffrances. Le soleil brille et éclaire l’intérieur de mon appartement, laissant entrevoir un peu de poussière sur quelques meubles.

L’association de patients dans laquelle je vais le matin, est fermée en aout. Je serai plus heureux d’y retourner en septembre. En attendant je bricole un peu dans mon appartement. J’écoute beaucoup de musique. Par contre le réveil, depuis 15 jours est toujours compliqué. J’allume une cigarette en la fumant par la fenêtre, puis je m’installe dans mon canapé, avec ma cigarette électronique, que j’utilise le reste de la journée. C’est alors que qu’une irrésistible envie de vomir me conduit tout droit dans les toilettes. Je pousse de grands râles, que les voisins doivent surement entendre. Mais je m’en fiche un peu, même s’il est encore tôt.

L’après-midi c’est le moment le plus dur de la journée. Toutes les angoisses fantaisistes, des plus petites aux plus grandes viennent m’assaillir. J’ai beau me dire que pour l’instant tout va bien, que j’ai un toit sur la tête et de quoi manger, rien n’y fait…

Je prends alors des douches fraiches pour me détendre. Je me mets deux ou trois fois sous l’eau, en quelques heures. Sur le coup c’est un peu désagréable, mais je n’ai trouvé que cette méthode pour me faire du bien, une fois de retour dans mon canapé. C’est un répit qui fait du bien.

Ma boîte crânienne raisonne

boîte crânienne

Boîte crânienne

Cela fait trois jours que mes parents sont partis à plusieurs centaines de kilomètres pour une semaine. J’ai pris la décision de rester seul chez moi. Le weekend fut assez dur, notamment le dimanche. J’étais angoissé, le moral dans les chaussettes. Le soleil tapait dur. Mon cerveau propageait des tensions à l’intérieur de tout mon corps. Il me donnait l’impression de taper sur la boîte crânienne. J’étais obligé de prendre de douches fraîches régulièrement, pour me sentir mieux, quelques minutes. J’avais envie d’appeler mon père, mais je me suis dit qu’autant en profiter pour mettre un peu de distance en lui et moi. Cela me profiterai surement et me donnerai d’avantage confiance en moi. Je peux peut être me débrouiller tout seul. En effet, j’ai pris l’habitude à la moindre angoisse de compter sur lui, chose qu’il fait sans sourciller.

Le réveil, le lundi matin fut laborieux. Comme tous les matins depuis quelques semaines, je vomis. Je suis donc obligé d’attendre d’être libéré de ces tensions, accumulées toute la nuit pour prendre mes médicaments. Au bout de trente minutes, je suis parti nourrir le chat de mes parents. Sortir un peu de chez moi m’a fait du bien. Doucement, je me suis senti mieux, avant même que mes médicaments ne fassent complètement effet. La matinée fut légère. J’étais insouciant et heureux. Mon cerveau était bien au centre de ma boîte crânienne, pleinement à sa place. Malgré tout, l’ennuie commençait à me donner des envie de sortir. Je suis allé faire quelques courses dans le supermarché pas loin de chez moi. Histoire de voir un peu de monde.

En général, c’est juste après le repas que je commence à me sentir moins bien. Une chape de plomb vient systématiquement s’abattre sur ma boîte crânienne. Je ne sais jamais vraiment pourquoi, mais c’est radical et cela marque bien souvent la fin d’un moment ou la souffrance est raisonnable.

Mon appartement est une cocotte minute

Cocotte minute

Cocotte minute

Le soleil tape sur le toit de mon appartement. A l’intérieur comme dans une cocotte minute, il fait bien 30 degrés. Un peu comme dans mon cerveau, avec mes idées envahissantes. Je lutte pour les faire disparaitre. J’ai trouvé comme solution, de prendre des douches bien fraiches. L’air ambiant me sèche tout seul, en quelques minutes. Pendant ce temps-là je me sens mieux. Je dois bien prendre 10 douches par jour.

Ce matin je suis allé à l’association de patients. J’ai réussi à prendre le bus pour m’y rendre et y revenir. Il y avait une dizaine de personnes. Nous étions tous dans la cours du local. Le matin, c’est agréable, le soleil est caché par les hauts murs des voisins. Par contre l’après-midi, c’est une vrai cocotte minute. J’ai passé un bon moment, bien qu’il n’y ait que quelques adhérents, que l’on peut compter sur les doigts de la main, avec qui j’ai des affinités. Il y avait superman, qui a des supers pouvoirs, comme celui de se téléporter, croit-il. Mais j’aime bien discuter avec lui.

Une fois rentré chez moi, dans mon appartement, telle une cocotte minute, je me suis installé dans mon canapé, pour ingurgiter des tonnes d’images. Je zappe souvent. Je n’aime pas les images de violence, ni les émissions trop vulgaires, qui tournent en continu. Alors souvent je me rabats sur la radio. Je me lève parfois de mon canapé, pour faire le tour de mon petit appartement. Les journées sont longues et l’après-midi, j’ai trop d’angoisses pour franchir le seuil de ma porte et explorer le mon extérieur.

Il faudra quand même que j’aille faire quelques courses pour manger ce soir. Ces derniers temps, j’ai un peu fait l’impasse sur le repas du soir. Je n’avais plus le moral pour manger. J’ai perdu un peu de poids, malgré les neuroleptiques qui sont censés faire grossir.

Les temps sont durs

les temps sont durs

les temps sont durs

Les temps sont durs. Je me réveille le matin, vers six heures et tout de suite une angoisse m’envahit. Mes mains tremblent. Je fume la seul cigarette de ma journée accoudé à mon appui de fenêtre. Parfois je déjeune un peu et d’autres fois non. J’ai le ventre vide mais cela ne me gêne pas. Je suis trop mal pour avaler quelque chose. Une fois la cigarette terminé, je ne prends pas mes médicaments tout de suite, car à cause du stress et de la cigarette, j’ai tendance à vomir. Oui les temps sont durs.

Une fois les médicaments avalés, je sais qu’il faut une heure pour qu’ils fassent effet. Je m’installe devant mon poste de télévision, et j’attends impatiemment, pour aller mieux. C’est long une heure, quand on a des idées envahissantes et la caboche qui déconne.

En ce moment, je n’arrive plus à prendre le bus. Le regard des autres est trop désagréable. Pourtant, à l’association de patients, je me sens mieux, alors je demande à un porche qu’il me conduise.

C’est derniers temps, je n’avais plus la force d’écrire, c’était un exercice trop dur. Je m’installais devant mon écran d’ordinateur et au bout d’une phrase, je n’en pouvais plus. Je retournais alors m’installer dans mon canapé pour regarder les chaines d’information en continu. Je passe de nombreuses heures dans mon canapé. Je vis dans un petit appartement et les lattes de mon canapé me font mal à la fin de la journée. Oui les temps sont durs.

Je ne supporte plus de vivre entres ces quatre murs, et surtout d’avoir comme seule occupation, cette télévision qui m’abrutit chaque jour un peu plus. J’ai bien l’impression de ne faire que survivre. Je n’arrive toujours pas à m’éloigner de mon domicile, tout seul. Je ne peux rien faire sans l’aide de quelqu’un. Heureusement que mes parents sont là. Mais je me sens tellement dépendant.

Ce matin pourtant, j’ai pris l’autoroute en voiture avec mon père pour aller voir de la famille qui habite à 45 minutes. A l’aller, je me sentais bien. Au retour, une boule avait pris place dans mon ventre, sans trop savoir pourquoi.

Tout à l’heure j’ai rendez-vous chez ma psychiatre. Je vais pouvoir lui parler de ces nombreux moments où j’ai envie d’en finir. Ce qui me retient est que cela est définitif, sans pouvoir faire marche arrière.

Tortueux est mon chemin

chemin tortueux

chemin tortueux

La vie suit son cours, tortueux, pleine de souffrance. Le soir, une chape de plomb s’abat sur moi, depuis plusieurs semaines. J’essaie de résister, mais à peine 19h00, je n’en peux plus. J’en ai assez de penser, si l’on peut appeler cela penser. C’est plus des idées envahissantes qui minent mon moral, tortueux. Alors vers 19h00, je ferme les volets pour me couper du monde. J’entends encore les gens dehors, lorsque je me réfugie sous ma couette. Il me faut encore bien une heure, de songes tortueux, avant de m’endormir.

J’ai vraiment l’impression d’être un extra-terrestre. Est si mes problèmes étaient dus en partie, à une infection parasitaire. En effet, de plus en plus d’études vont dans ce sens. Et c’est la toxoplasmose qui qui en seraient responsable. D’après l’ISERM, « Le lien entre toxoplasmose et maladies psychiatriques de type schizophrénie et troubles bipolaires se resserre. » Je vous mets le lien ici. Il y a quelques mois, j’ai fait un test sanguin et je suis infecté par ce parasite.

En attendant que la science progresse, je souffre beaucoup, surtout les après-midi, que je passe devant ma télévision ou à écouter de la musique. Je fais parfois une sortie dans le centre commercial pas loin de chez moi. Je marche en baissant la tête, pour éviter le regard des autres. Je suis trop tortueux, trop angoissé…

Dehors, le soleil brille et réchauffe l’atmosphère encore très humide. Demain matin, je vais essayer d’aller mon association, pour les personnes en souffrance psychique. Cela fait beaucoup de bien à mon moral, qui est moins tortueux, à ce moment-là de la journée. Je peux échanger avec d’autres, sur le dernier match de foot… Nous ne parlons pas trop de nos pathologies, même si nous savons que nous avons des points communs. Les adhérents sont dans l’ensemble pudiques.

Je suis serein pour quelques heures

être serein

être serein

A l’heure où j’écris ce texte, je me sens plutôt bien, entier, serein. Ma famille était réunie chez mes parents et contrairement à d’habitude, je n’ai pas ressenti le besoin de rentrer dans mon appartement, très vite. J’ai au contraire profité de ce moment de bonheur, en laissant les minutes s’écouler tranquillement, après le repas pris en commun. Il y avait en moi une chaleur qui irradiait mon corps tout entier, mon cerveau. J’étais serein.

Bien sûr, une fois rentré chez moi, j’ai eu quelques idées envahissantes. Des reproches que je me fais sur ce que j’ai dit. Des propos incohérents ou décalés que j’ai eus. Je m’imagine à la place des gens qui ont reçu ces propos et qui doivent me trouver bien étrange.

Aujourd’hui, je suis plus ou moins stabilisé et j’arrive à donner le change dans les discussions. Je ne me prends plus pour dieu. Cela me fait même rire, maintenant quand j’y repense.

Il m’a fallu des années pour accepter de souffrir d’une maladie psychique grave. Aujourd’hui, je suis plus serein avec cela, même si j’ai encore parfois honte du mot schizophrénie.

Malheureusement, je suis toujours souvent autant angoissé et j’ai toujours la même difficulté à sortir de chez moi, pour aller en centre-ville… même si la semaine dernière j’ai réussi à prendre le bus.

Une nuit plus tard et je ne me sens plus serein du tout. Je suis comme fracturé. C’est arrivé dès le réveil, ce dimanche matin. Mon corps tout entier vibre d’une souffrante dissonance. Mon cerveau est comme engourdi. Je ne comprends pas pourquoi. Il n’y a pas vraiment de raison. Je culpabilise quand même, en me disant que j’ai dû faire quelque chose de mal dans une autre vie, que je mérite ce qui m’arrive.

Dans l’après-midi, j’ai retrouvé un peu de sérénité. J’ai ouvert la porte fenêtre de mon appartement et je me suis mis à écouter les bruits venant de l’extérieur. Combien de temps, cette sérénité va-t-elle durer ?

Solitude d’un schizophrène

Solitude d’un schizophrène

Solitude d’un schizophrène

La pluie tombe de manière discontinue depuis un bon moment. Je suis dans mon appartement, bien à l’abri, seul comme toujours. Je commence à apprivoiser cette solitude. Les silences ne sont perturbés que par le son de la radio. Je souffre de phobie sociale. Aller vers les autres est une angoisse à chaque fois. Ce matin, je me sens entier et presque heureux. C’est assez étrange. La schizophrénie m’a aussi appris que la souffrance pouvait survenir à chaque instant, à cause d’une contrariété, d’un stress… de manière disproportionnée, m’obligeant à me réfugier dans mon lit des heures entières.

Dans ma tête, les idées envahissantes sont un vrai enfer. Toute la journée, elles peuvent tambouriner, boum boum boum, cognant encore et encore. Dans ces moments-là, j’essaie de distraire mon esprit, en regardant la télévision. Ça ne marche pas vraiment.

Le repli sur soi, la solitude est mon quotidien.

Par la fenêtre, je vois que la pluie a cessée. Je vais peut-être pouvoir sortir quelques minutes, histoires de voir si j’y arrive encore.

Par la fenêtre encore, je viens de voir passer une bien belle voiture. C’est tout ce monde qui tourne autour de moi et auquel je n’ai pas accès. A l’intérieur il y avait un couple et leurs deux enfants. C’est toute cette vie qui me fait envie et que je n’aurai jamais.

Quand je me m’observe dans mon miroir le matin, je vois quelqu’un de fracturé. Quelqu’un qui ne sait pas trop où il va. Alors, je détourne le regard, pour ne pas avoir à affronter cette terrible angoisse.

Quand je marche dans lotissement, je me demande toujours si les voisins à qui je dis bonjour, savent que je suis schizophrène. S’ils connaissent ce terrible secret. Ils doivent bien se rendre compte que je suis atypique, sans travail, seul, toujours à pied. Pourtant, je suis toujours souriant, comme si de rien n’était.

Les gouttes perlent sur mon visage

gouttes d'eau

gouttes d’eau

Un dimanche pluvieux vient gâcher la fête. Je suis sorti pour me rendre chez mes parents, à pieds. L’eau coulait sur mon visage, par petites gouttes, sensation très désagréable. J’avais envie de sauter dans les flaques d’eau, mais je cœur n’y était pas vraiment, j’ai renoncé. Cela fait quelques jours que ma santé n’est pas très bonne. Mon cerveau et mes pensées sont en train de se liquéfier sur place, plus rien ne tient en place. Je n’arrive plus à retrouver de moments de quiétude, comme si l’eau qui compose mon corps, avait décidée de se transformer en souffrance. Une intense souffrance qui me prend tout entier. Des idées tel un torrent m’envahissent. Je pense à ma solitude le jour ou mes parents ne seront plus là. Arriverai-je à vivre encore ? A supporter la leur absence. Comment ferai-je, moi qui n’arrive pas à me déplacer sans eux, même pour quelques kilomètres. Et puis la vie, comment pourrai-je l’affronter. Tous les petits tracas du quotidien sont comme des immenses montagnes. J’ai peur.

Je me sens tellement seul. Perdu dans cet univers, dans cette planète, dans ce pays, dans ce quartier, dans cet appartement.

L’eau coule par terre dans les caniveaux. Je regarde cela de loin. J’aimerai tant que les petits tracas du quotidien, ne soient pas des torrents que je n’arrive plus à maîtriser. M’obligeant à me mettre dans mon lit et à attendre que la souffrance ne passe.

C’est trop dur, je n’en peux plus d’être mal comme ça. Plusieurs fois quand je suis comme cela, je me pense à en finir. Pour me rassurer, je sais que mon heure viendra. J’espère alors que je serai bien, pour toujours, dans un bel endroit. Que mon âme sera belle, qu’elle rayonnera. Que je ne serai plus dans ce corps, dans ce cerveau. Que mon âme sera libre de toute contingente physique.

Un schizophrène en voiture

Un schizophrène en voiture

Un schizophrène en voiture

Une chaleur moite a envahi ma région depuis quelques jours. Ce matin, je me suis fait conduire pour aller à mon association de patients. Comme souvent, c’est mon père qui a tenu le volant pour nous y rendre. Il fut une époque j’y allais en bus, mais la peur de m’éloigner seul de mon appartement est trop forte ces derniers mois. En même temps, j’aime rouler en voiture avec mon père, rien que lui et moi. C’est un moment privilégié. Nous pouvons échanger en toute discrétion. Nous parlons parfois de politique, et même si je ne suis pas d’accord avec lui, je le laisse dire. Mon père est un peu trop excessif dans certaines de ses opinions, bien que très humaniste au bout du compte. La voiture roule souvent à faible vitesse. Arrivé à destination, une fois garée, nous discutons encore un peu.

Au bout de quelques minutes, je finis par descendre de la voiture et je rentre dans le local de mon association, dédiée aux personnes en souffrance psychique.

La semaine dernière, il y avait Amélie. Une adhérente qui vit seule et qui a accouchée il y a un an d’un petit garçon. Je prends exemple sur elle. Elle souffre de la même pathologie que moi mais joue à merveille son rôle de maman. Il parait que 1% seulement des schizophrènes sont parents.

Ce matin, je suis resté un peu plus longtemps que d’habitude à l’association. Je me sentais bien, malgré les quelques pleurs que toute vie en société provoque parfois. En effet, Mélanie est venue me faire part des problèmes relationnels qu’elle rencontre avec une autre adhérente. Mélanie est très fragile, et souvent à fleur de peau quand elle est contrariée.

Je suis président de cette association, alors les adhérents viennent me voir lorsqu’ils ont un problème quelconque.

Je me souviens de mon hospitalisation en psychiatrie

je me souviens

je me souviens

Cela fait quinze jours que j’ai quitté l’hôpital psychiatrique. Je garde encore de nombreux contacts. Des patients que j’ai rencontrés là-bas et qui se sont montrés d’une rare humanité. Malgré les portes qui étaient fermées, les grillages, l’ambiance était joyeuse. Je me souviens de fous rires à table, malgré les règles strictes à respecter. Je me souviens de certains patients placés à l’isolement, dans une chambre fermée à clés, avec juste un matelas par terre, parce qu’ils avaient été violents.

Je me souviens de cette jeune femme, qui plutôt que de frapper une autre patiente, a préférée donner des coups de poings dans un mur, à plusieurs reprises et même avec son plâtre.

Parfois il faisait beau et je faisais plusieurs fois le tour du parc fermé, auquel nous avions accès. Je me retrouvais aussi souvent dans ma chambre, comme un oasis, quand je voulais être seul. Mais souvent la porte était ouverte par une infirmière, quand il était leur du traitement par exemple.

Je me souviens de ces nombreux sourires et ces « bonjour ça va ? », quand je croisais un autre patient dans un couloir.

Il y avait une rare humanité qui tranchait avec le lieu dans lequel j’étais.

L’après-midi, de 14 heures à 18 heures s’était l’heure des visites, pour les familles, les amis… La grande salle à manger se remplissait, prête à exploser, devenant bruyante. Il y avait quelques enfants qui courraient partout.

Il y avait aussi ces patients, le visage fermé, qui ne disaient presque rien. Ils étaient peut être perdu dans leur monde intérieur, inaccessible.

Aujourd’hui j’ai retrouvé mon appartement. Je peux aller me balader quand cela me chante. J’ai la clé de la porte qui m’ouvre le monde libre, qui parfois quand je regarde les informations, me parait plus fou qu’à l’hôpital psychiatrique.